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Entretien avec Ibrahima Keita Sorel
Dimanche, 05 Août 2012 14:17
M. Ibrahima Keita Sorel présentez-vous au lecteur du JDG.
Je réponds souvent à cette question, que je ne suis qu'un grain de terre qui s'efforce de devenir un homme, comme pour souligner ma quête permanente d'humanité de perfection et mon souci d'humilité.
Au fond, prendre conscience que nous sommes peu de chose peut nous amener à nous améliorer et au final à réaliser de grandes et belles choses.
Mais si la réponse vous paraît trop subtile et philosophique, je vous dirai que je suis un panafricaniste franco-guinéen qui a grandi en Côte d'Ivoire et fait ses études secondaires et universitaires en France.
Par la grâce de Dieu et de mon père feu El Hadj Ousmane Keita, j'ai pu gravir les marches essentielles d'une vie sociale et professionnelle épanouie, et je demeure plus que jamais boulimique de l'action et de l'engagement solidaire. Je suis professeur de droit à l'Institut de recherche et de formation à l'action sociale de l'université Paris XIII, et consultant en relations publiques et stratégie des organisations. J'ai fondé ou dirigé de nombreuses associations comme SOS Racisme, Panafrica, la Coordination des associations guinéennes de France ou Banlieues du monde qui réalise de nombreuses actions de solidarité en Afrique avec les jeunes Français et Africains.
Avec l'ACTOG, structure représentant les cadres guinéens, j'ai participé au programme TOKTEN du PNUD qui m'a permis d'enseigner à l'université de Conakry et de Kankan.
J'aime toutes ces choses que j'ai faites ou continue de faire, mais aujourd'hui ma passion principale et l'essentiel de mon énergie concernent BDM TV, la chaîne de la diversité que le CSA, Conseil supérieur de l'audiovisuel, m'a accordée il y a trois ans.
Je suis fier d'être le premier noir à diriger une chaîne de télévision sur la TNT en France ; ça m'a valu même de recevoir de la part du président Sarkozy l'insigne de Chevalier de l'Ordre National du Mérite, récompense que j'ai dédiée à la Guinée et à l'Afrique.
Le maître mot de tout cela c'est l'Amour, l'amour de la vie et des gens, et la passion d'agir et d'être parmi les meilleurs.
Vous savez quand vous aimez les gens et que vous leur montrez le bon exemple, vous pouvez tirer le meilleur d'eux, et fédérer autour de vous, les ressources et énergies positives.
Comment appréciez-vous le processus démocratique en Guinée?
La République de Guinée après l'espérance suscitée dans le monde entier par son accession à la souveraineté nationale n'a hélas pas été épargnée par les vicissitudes de l'histoire et il faut le dire les errements et dérives de ses fils, j'utilise à dessein le genre masculin car l'attitude de la femme guinéenne a souvent été exemplaire. Je voudrais lui rendre hommage ainsi qu'à la jeunesse qui au cours de ces dernières années a largement contribué au grand basculement démocratique.
A nous tous enfants de ce pays de préserver cette flamme fébrile qui luit dans la nuit guinéenne. Nous devons prendre conscience de la fragilité des acquis démocratiques.
Les populations ont payé un tribut trop lourd et le pays est trop pauvre pour que la moindre chance de nous en sortir ne soit saisie. Il faut casser le paradoxe de cette terre riche qui ne nourrit pas ses enfants.
J'en appelle à la responsabilité de tous, en particulier de la classe politique guinéenne car les partis ont un rôle d'éducation des masses et d'animation de la vie socio-politique déterminant. Le sens du dialogue et de l'intérêt général doit en permanence éclairer leurs actions. Le pouvoir doit oser faire le pari de l'avenir avec toutes les composantes de la société guinéenne, et inscrire au cœur de son projet politique la réconciliation nationale et la participation de tous au changement qualitatif. L'histoire nous enseigne que quand vous méprisez le peuple il devient méprisable, quand vous l'estimez et lui faites confiance, il s'élève. Il est urgent que les élites soutiennent et accompagnent notre peuple dans cette révolution culturelle susceptible d'ancrer durablement la démocratie et le progrès dans notre pays.
Quelles sont vos ambitions dans le domaine des médias?
Je vis dans un pays, la France, où le pluralisme de la presse existe depuis longtemps, mais où les médias ne reflètent pas la diversité de la société, et véhiculent encore aujourd'hui les clichés les plus éculés sur l'immigration et l'Afrique.
Je pense que si le CSA m'a octroyé l'autorisation et la licence d'exploitation d'une télévision sur la TNT parmi des centaines d'opérateurs de télévision soutenus par des grands groupes financiers ou des Etats, c'est parce que je portais un projet rare utile et social, celui d'une chaîne de la diversité et du vivre ensemble qui a vocation à montrer la France telle qu'elle est vraiment, et l'immigration comme une chance.
Les différents partenaires et sollicitations dont nous sommes l'objet de la part des institutions publiques et des entreprises ainsi que notre progression d'audimat montrent que nous sommes sur la bonne voie malgré les difficultés inhérentes à un tel projet d'envergure.
Notre ambition est aussi d'établir un pont avec l'Afrique et de constituer en Europe un véritable lobby médiatique au service de l'Afrique.
Il est urgent de changer la vision que les Européens ont du continent et de ses forces vives, et d'éclaircir la compréhension des problèmes africains.
L'Europe officielle porte encore un regard tronqué ou paternaliste sur l'Afrique et l'opinion publique internationale ne la connaît pas bien. Il faut l'éclairer et lui donner à voir les vraies réalités africaines et notamment guinéennes. Avec quelques amis patrons de presse, nous tentons de jeter les bases d'un regroupement entre BDM TV et quelques médias panafricains du câble et du satellite.
Nous espérons tout naturellement le soutien des autorités du continent.
Dans un monde de plus en plus global féroce et véloce, les enjeux de communication sont essentiels et la bataille de l'image se gagne de plus en plus à l'extérieur des frontières nationales.
Avez-vous un message particulier à l'endroit de la presse guinéenne?
La presse guinéenne a connu une évolution assez intéressante ces dernières années avec un foisonnement sans précédent d'initiatives dans ce domaine.
J'ai la chance de venir régulièrement en Guinée et je me réjouis chaque fois de découvrir de nouveaux journaux et médias de qualité. Ils contribuent au pluralisme et à la liberté d'expression dans notre pays.
J'encourage les éditeurs et journalistes à poursuivre leurs efforts en matière de formation et de déontologie, à éviter les excès gratuits et la complaisance servile. Ils gagneraient à engager des partenariats entre eux mais aussi avec les médias étrangers en Afrique et en Europe.
J'ai de nombreux amis dans les médias guinéens avec qui existent des collaborations ponctuelles qu'il va falloir amplifier et élargir car la presse guinéenne doit s'ouvrir, se professionnaliser davantage et s'inscrire dans le grand espace de la cyber communication.
Les autorités de notre pays doivent l'y aider.
Peut-on connaître vos expériences sur le plan politique et celui du mouvement social ?
Je suis un passionné de l'action sociale et de l'engagement citoyen qui considère que la dimension première de l'homme s'exprime dans son rapport à l'autre et dans sa capacité à agir sur son environnement pour le transformer de façon qualitative.
Mon crédo est qu'il n'existe pas de véritable réussite matérielle sans répercussion sociale. Il m'a été transmis par mon père qui a toujours aidé les autres. Notre maison à Abidjan était aussi courue que l'ambassade de Guinée. Cela explique pourquoi depuis tout jeune à peine sorti de l'adolescence je me suis toujours engagé dans les associations en tant que militant actif ou dirigeant fondateur, et je continue encore de plus belle. Pour moi les associations sont aussi importantes que les partis politiques.
Souvent, face à la désertion du politique, elles demeurent les seuls remparts contre l'exclusion et la pauvreté. Cela est éminemment politique.
Ce serait trop long de vous exposer toutes mes expériences sur le plan social et politique. Je vous dirai simplement sans fausse modestie qu'en terme d'actions et de réseaux associatifs ou politiques en France, je dispose d'un abattage relationnel qui m'a permis de faire de belles et grandes choses.
J'ai juste eu et provoqué la chance de diriger quelques structures de premier plan qui ont été des écoles de vie et d'amitié pour moi ; telles que l'association SOS Racisme, Banlieues du monde, ou la Coordination des associations guinéennes de France qui a sous mon impulsion contribué au rassemblement des Guinéens de France et au rayonnement de la Guinée.
Les premières marches citoyennes organisées en France pour soutenir la démocratie l'ont été par mon équipe et moi avec un succès sans précédent. Nous avons même à la demande de mon ami et frère feu Ibrahima Fofana, leader syndical historique, conduit une délégation de politiques, de journalistes et d'associatifs guinéens à Nice au sommet France - Afrique ou à Strasbourg au parlement européen pour sensibiliser les dirigeants européens à la situation guinéenne.
Avec un autre illustre disparu, feu Malick Condé nous avons animé un collectif franco-guinéen de défense de la démocratie en Guinée.
Toutes ces actions et initiatives ont contribué à mobiliser la diaspora et à interpeller l'opinion publique française et européenne sur les souffrances des populations guinéennes et l'urgence de soutenir le combat pour la démocratie en Guinée.
Je pourrais citer le travail que nous faisons aujourd'hui dans le cadre de l'insertion des jeunes avec les ministères de la Jeunesse et de la Vie associative en lien avec les agences du service civique et la fédération française des MJC, maisons des jeunes et de la culture, ou le CEPS, important think tank regroupant près d'un millier de décideurs français et européens et le haut état-major de l'armée française.
Tout cela conforte vos engagements et vous donne une certaine expérience des choses de la vie et des affaires de la cité.
Vu de l'extérieur, comment la Guinée est-elle appréciée par la diaspora et quelles sont les mesures que les autorités guinéennes doivent mettre en place pour faciliter le retour définitif au bercail ?
La diaspora guinéenne est une chance pour la Guinée. Elle est constituée d'hommes et de femmes qui par-delà l'espace et le temps, sont restés viscéralement attachés à la mère patrie et ont de tout temps contribué à son rayonnement et à son développement.
A l'instar des diasporas d'autres pays comme le Mali ou le Sénégal souvent cités en exemple, les Guinéens de France et d'autres contrées sont de véritables agents de développement à travers les actions qu'ils initient vers leur pays et le soutien qu'ils apportent aux populations. Combien de familles vivent en Guinée grâce aux apports de leurs enfants vivant à l'étranger notamment en France ? Combien de micro-projets ont été initiés par la diaspora guinéenne dans le domaine agricole ou pastoral ou en matière d'adduction d'eau ? Sans compter les rénovations et constructions d'écoles ou de dispensaires. Je suis bien placé pour en parler et je pourrais multiplier à l'infini les exemples de cette implication de la diaspora dans le développement de notre pays.
N'oublions pas aussi que la diaspora fourmille de compétences et talents divers. Là réside le véritable scandale humain car ce potentiel de ressources, ce vecteur d'investissements, cette richesse, ne sont pas exploités à leur juste valeur. Ils suscitent même parfois de la défiance de la part d'une certaine élite qui appréhende la dure loi de la concurrence des talents.
Ces gens contribuent à donner une mauvaise image de la Guinée chez une partie de nos frères et sœurs de la diaspora, convaincus que les Guinéens de l'intérieur ne veulent pas d'eux. Heureusement qu'avec la transition démocratique à laquelle ils ont largement contribué, les choses sont en train de changer et nous suivons avec beaucoup d'intérêt et d'empressement les évolutions en cours. La nouvelle Guinée se bâtira avec l'ensemble de ses enfants qu'ils soient de l'intérieur ou de l'extérieur.
Nous n'avons pas le choix il y a tant de choses à faire. Pour cela le rassemblement des fils et filles du pays est une urgence cardinale.
Il faut arrêter de parler de Guinéens de l'extérieur ou de diaspo car ce vocable est devenu péjoratif et véhicule son lot d'exclusion et de méfiance. Considérons les comme des Guinéens qui sont de potentiels ambassadeurs et défenseurs de l'art la culture et les intérêts de la Guinée.
Il faut promouvoir ces morceaux foisonnants de Guinée à l'étranger et favoriser les conditions du retour de ceux d'entre eux qui veulent rentrer au pays en leur facilitant l'accès à la propriété et au crédit à travers la mise à disposition de terrains viabilisés pour un montant symbolique avec obligation d'y construire un certain type de logements dans un délai précis, comme au Mali. La création d'une banque d'investissement ou de l'habitat à capital mixte, État, Guinéens de la diaspora et institutions financières de développement, peut contribuer à faciliter le retour.
Des canaux de financements peuvent être trouvés en France et ailleurs. La vieille Europe étant prête à tout pour inciter les immigrés vivant en son sein au retour définitif dans leur pays d'origine. Des fonds dits de réinsertion ou de co-développement existent.
D'ores et déjà quelques mesures simples peuvent être prises par les autorités guinéennes pour exprimer un message fort et une volonté politique sans ambiguïté.
Il faut tout d'abord reconnaître qu'il existe un seul peuple de Guinée dont les enfants où qu'ils soient, ont les mêmes droits et devoirs et affirmer haut et fort que la diaspora est une chance immense pour la Guinée. Après des années de suspicion ce message vaut son pesant de symbole.
Il faut ensuite s'atteler à l'organisation des assises de la diaspora guinéenne et du co-développement en associant les principales organisations et personnes ressources de la diaspora. Pour cela il s'agira de procéder à l'identification des talents et compétences à travers une banque de données ou un recueil des profils. Le recensement des organisations, associations et autres structures de la diaspora se fera par l'intermédiaire des représentations diplomatiques des Guinéens à l'étranger ou de relais divers.
Au niveau politique, il est très important de favoriser l'installation d'un haut conseil des Guinéens vivant à l'étranger et leur représentation à l’Assemblée nationale.
Le bras armé de cette ambition, cette révolution culturelle indispensable à l'émergence d'une Guinée unie forte et prospère, doit être le gouvernement dans son ensemble avec à la coordination et à l'animation un Haut Commissariat à vocation inter ministérielle disposant d'une équipe efficace et compétente et dotée de moyens importants et d'un programme d'actions plus ambitieux. Toutes choses dont manque cruellement aujourd'hui le ministère des Guinéens de l'extérieur.
Quel est votre apport aux Guinéens dans le domaine culturel ?
La culture c'est ma passion ultime parce que la culture c'est ce qui reste quand tout s'étiole et se dérobe. C'est le supplément d'âme, le souffle de vie, le chant d'espoir sorti des tréfonds de notre peuple, sa conscience intime.
Et puis c'est aussi un des domaines où nous avons été parmi les meilleurs au monde.
Il faut vite retrouver cette place. Pendant des décennies, la Guinée a été reconnue et célébrée pour son rayonnement culturel et la créativité de ses artistes. L'Afrique entière connaît le Bembeya Jazz, les Amazones de Guinée, les Ballets Africains ou Djoliba. Ces groupes ont écrit les plus belles pages des arts africains.
Je suis orphelin de cet âge d'or, et j'essaie à mon niveau de contribuer à faire vivre la culture guinéenne en France. Je connais et suis proche de la plupart de nos artistes vivant en France. D'ailleurs avec des amis artistes, journalistes, responsables associatifs et élus de la diaspora, nous travaillons sur un grand projet, celui de la mise en place de la Maison de la Guinée en France. Ce sera un espace socio-culturel dédié à la promotion de la culture guinéenne en France, situé à Clichy ville, bien connue de la diaspora, dont la municipalité grâce à un de nos frères élu soutient le projet. Nous sommes en négociation avec une société civile immobilière et quelques opérateurs économiques sensibles au rayonnement de la Guinée en France.
Nous allons associer la communauté guinéenne de France et d'Europe en lançant une souscription publique pour financer cet édifice inédit qui permettrait de faire vivre la culture guinéenne en France et d'offrir un espace de rencontre aux Guinéens de France et aux amis de la Guinée.
En attendant nous participons à différents évènements artistiques et culturels en France. Nous avons organisé en 2008 le cinquantenaire de l'indépendance de la Guinée au Trocadéro grâce au soutien de la Mairie de Paris et de l'association SOS Racisme, en présence de cinéastes peintres musiciens guinéens et africains et de personnalités françaises.
Au mois d'octobre dernier nous avons lancé avec Monsieur Marc Yao de l'agence Aznet, la première édition de la Foire Africaine de Paris qui a connu un immense succès avec plus de 20 000 visiteurs, une centaine d'exposants et de nombreux artistes africains.
Nous avons contribué à la présence d'artistes guinéens à ce grand rendez-vous de l'Afrique à Paris dont la deuxième édition se tiendra au mois d'octobre 2012.
Avis donc aux artistes, artisans et opérateurs économiques guinéens intéressés.
Quel est votre regard sur la question de l'immigration?
Au temps de la mondialisation la question de l'immigration et des échanges entre les peuples reste centrale, même si ces phénomènes ont toujours existé et qu'il ne faut pas oublier que les flux les plus importants sont dans le sens Sud-Sud. Il y a plus de circulation entre Conakry et Dakar ou Abidjan, qu'entre Conakry et Paris. Cependant la ville lumière reste l'eldorado à atteindre à tout prix surtout de la part de la jeunesse avide d'ailleurs.
Compte tenu de la situation de notre pays, je suis bien entendu favorable à l'émigration des jeunes Guinéens vers la France pour se former et acquérir des compétences et savoir-faire utiles pour le développement du pays. J'ai moi-même aidé beaucoup d'étudiants guinéens à venir en France et certains d'entre eux font la fierté de notre pays. Mais il faut préparer sérieusement et ne pas aller à l’aventure sans garantie, car aujourd'hui c'est de plus en plus difficile pour les immigrés. On assiste à une paupérisation de la jeunesse guinéenne en France.
La vieille Europe, la France, se barricadent et durcissent les conditions d'entrée et de séjour des étrangers. Le regroupement familial devient impossible. La circulaire Guéant, du nom du ministre de l'Intérieur, vient de supprimer la possibilité pour les étudiants étrangers de travailler, et le contrat d'accueil et de séjour prévoit la maîtrise du français et la connaissance de l'histoire de France comme conditions à l'acquisition de la nationalité française. C'est une aberration et ça ne va pas se calmer dans la perspective des prochaines échéances électorales.
J'ai participé activement à la campagne des primaires socialistes en soutenant François Hollande pour ses idées mais aussi parce qu'il a dénoncé avec force cette dérive.
Nous vivons en France dans un climat de surenchère et de suspicion à l'égard des immigrés alors que toutes les études montrent qu'ils apportent beaucoup à la France comme forces de travail, contributeurs sociaux et fiscaux. Le différentiel au niveau financier et démographique est largement favorable à la France. Les immigrés cotisent mais ne profitent pas toujours des prestations de sécurité sociale en particulier les retraites. A l'instar de la diaspora guinéenne ce sont de véritables acteurs du développement de leur pays d'origine. Le montant de leurs transferts est supérieur à l'aide publique au développement.
Toutes ces données sont réelles et notre combat en France à travers SOS Racisme, le CEPS ou BDM TV, sert principalement à soutenir les immigrés et à montrer que l'immigration est une chance pour la France.
La Guinée peut-elle rêver à un avenir radieux ?
Evidemment OUI !
N'oublions pas que la Guinée a toujours été en Afrique le pays précurseur et pionnier par excellence. Outre le symbole de la résistance à l'oppression, la Guinée a incarné pour des générations entières le rêve de liberté et d'émancipation des peuples d'Afrique. Pour renouer avec son glorieux passé et retrouver sa vocation d'avant- garde, elle doit d'abord rassembler ses enfants, tous ses enfants, panser ses maux et apaiser ses tourments.
Partout où ils sont, les Guinéens doivent consacrer toute leur énergie et leur talent à bâtir une nation nouvelle et un Etat de droit garant des libertés individuelles et capable d'améliorer la situation des gens.
Notre pays qui est à la fois un scandale géologique, agricole et humain, dispose d'atouts considérables qui doivent être mis au service exclusif du développement.
C'est possible si nous le voulons et si tout cela est porté par une vision politique et un projet de société ambitieux. Avec comme corollaire le souci de l'intérêt général, la participation de tous et le sens du sacrifice de chacun.
Rassemblons-nous autour de la grande cause nationale du progrès social et du bien-être pour tous.
La renaissance guinéenne est à ce prix.
La flamme fébrile qui brille pourrait illuminer notre pays et l'Afrique toute entière.
A nous de l'entretenir et de réenchanter le rêve guinéen.
Source : Jours de Guinée n° 007, mars 2012
Transmis par Nabie Ibrahim « Baby » Soumah
Commentaires
Parcours sans reproche de Mr Sorel , vision Claire et ( a mon Avis ) patriotique . Il peut apporter bcp a notre PEUPLE .
Ceci etant , ne trouvez Vous pas paradoxal que " l' age d' or " ( selon Mr Sorel , il en est " orphelin ")) culturel GUINEEN , soit du temps du pire ( pour moi ) DES Guineens ?
C' est sur que l' oppression favorsise la creation culturelle :
Le Blues et le Jazz peuvent en temoigner .
Si Le Pire DES Guineens a pu " apporter " qque chose a notre pays , qu' attendent Le GRAND reste de notre PEUPLE pour faire sa part ? Particulierement ceux qui ont le Pouvoir actuel ?
Je Vous avoue Mr Soumah , que cela me laisse pantois !
Enfin ...! Esperons qu' " ILS " vont tres vite se reveiller !
Bien a Vous ! Et Bon Ramadan !








