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Interview de Mouctar Diallo, Président des NFD

Oury Bah  Vendredi, 15 Juillet 2011 15:06

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DIALLO_Mouctar_NFD_2_01Le collectif des partis politiques  de l’opposition pour la finalisation de la transition a rencontré le Conseil national de la transition (CNT) mardi dernier au Palais du peuple, ceci après avoir rencontré le Conseil national des organisations de la société civile guinéenne (CNOSC-G).  L’objectif était de faire comprendre au CNT leur opposition formelle à ‘’la violation de la Constitution et des lois de la république’’ par le pouvoir du Pr Alpha Condé. A la sortie de la rencontre, notre rédaction a tendu son micro à Mouctar Diallo, président des nouvelles forces démocratiques (NFD).

GuineeActu.com : Quel était l’objectif de votre rencontre avec le CNT ?

Mouctar Diallo : Nous avons rencontré le CNT pour dire que nous sommes opposés fortement à la violation de la Constitution et des lois de la République.  Nous sommes dans une République et nous devons respecter la loi.  Car nul n’est au-dessus de la loi, fût-il le Président de la république. Nous sommes opposés  à la reprise du fichier électoral, parce que c’est en violation flagrante de la loi. Nous sommes d’accord pour une révision électorale afin d’améliorer le fichier, mais nous n’accepterons pas sa  reprise. Cela est inacceptable. Parce qu’on ne peut pas engager des milliards pour  un faux recensement, car nous avons des informations selon lesquelles le pouvoir en place (le RPG) a déjà un fichier électoral qui est élaboré par ses experts en fraudes électorales qui donne plus d’un million d’électeurs fictifs au RPG. Nous avons aussi appris qu’au niveau de la CENI et au niveau du ministère de l’Administration du territoire, ils sont en train même de tripatouillé déjà le fichier électoral existant parce qu’ils ont le code d’accès. Donc nous refusons cela et nous exigeons aussi le rétablissement dans leurs fonctions des conseils communaux inégalement destitués qui sont des questions non négociables pour nous. Il fallait donc venir rencontrer les partenaires pour sensibiliser sur la gravité de la situation et montrer que nous sommes prêts pour le dialogue et en même temps nous exigeons le respect de la loi.

Qu’avez-vous comme commentaires après l’intervention de la présidente du CNT ?

Nous sommes à l’écoute du CNT qui est le pouvoir législatif durant la transition. C’est le pouvoir représentatif de la légitimité nationale, parce qu’au  sein du CNT, il y a tous les Guinéens  de toutes les sensibilités de l’intérieur et de l’extérieur.  Et donc nous estimons que le CNT va prendre ses responsabilités parce qu’en plus de sa vocation à élaborer des lois, il doit jouer un rôle de contrepouvoir de l’exécutif. Il doit aussi surveiller les actes du gouvernement et nous avons dit notre souci au CNT. Mme la présidente nous a promis d’aller dans le sens de la concertation avec l’ensemble des conseillers nationaux pour mettre en place une démarche d’instauration du dialogue entre les différents acteurs concernés.

M. le président, pendant que vous êtes là à parler de dialogue, le Président de la République et son gouvernement  sont en campagne  de sensibilisation à Conakry et dans certaines villes de l’intérieur du pays pour défendre les causes de la reprise totale du recensement électoral. Est-ce que vous ne pensez pas que vous êtes en retard dans la sensibilisation des citoyens ?

Ecoutez, nous ne sommes pas en retard parce que les Guinéens sont informés. Des milliers de Guinéens sont près à descendre dans la rue pour rendre la Guinée ingouvernable jusqu’au respect des lois par le pouvoir.

Mais c’est nous, leaders politiques responsables qui sommes en train de maitriser nos milliers de partisans et sympathisants. C’est pour vous dire qu’il n’y aura pas un nouveau recensement  et on ne peut pas faire le forcing. On ne peut pas  gouverner par un forcing. Mais malheureusement le parti au pouvoir ne semble pas tirer les leçons du passé.  Seul le dialogue sous une gouvernance éclairée  nous permettra de prévenir les conflits et de gérer un Etat correctement, mais pas des menaces,  ni par un forcing.

Vous êtes prêts à rencontrer le Président de la République ?

Ecoutez, nous nous sommes pour un dialogue, le Président de la République a exprimé un mépris aux Partis de l’opposition. Nous sommes prêts à dialoguer mais dans le cadre du respect strict des lois de la République.

C’est la rue qui est votre dernier recours, est-ce qu’aujourd’hui votre collectif ne se soucie pas des risques d’un bain de sang comme toujours ?

Notre démarche en allant hier vers la société civile, en venant aujourd’hui au CNT et en allant voir les autres partenaires, montre  suffisamment que nous sommes soucieux de la paix en Guinée. Nous ne voulons pas qu’il y ait des victimes. Les Guinéens ont trop souffert, on a tué trop de Guinéens et même un mort est un mort de plus. Et c’est pour cela que nous menons ces démarches pour amener le pouvoir en place au dialogue et au respect de la loi. Mais malheureusement je dis que nous ne pouvons pas accepter qu’on compromette les acquis et les pratiques obtenus aux prix du sang de beaucoup de Guinéens. Donc autant nous sommes pour le dialogue, autant nous sommes fermes sur le respect de la loi et sommes prêts à utiliser tous les moyens légaux,  et même à descendre dans la rue pour des manifestations pacifiques, mais il n’est pas question de continuer à violer la loi.


Propos recueillis  par Oury Bah

pour GuineeActu.com et nrgui.com


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