Sékouba Konaté s'exprime...

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KONATE_Sekouba_17_01C’est dans son bureau situé dans le quartier « Vatican » en plein cœur de la capitale éthiopienne que le Général Sékouba Konaté nous a reçus pour parler de certains sujets liés à l’actualité nationale et internationale. Dans cette interview exclusive qu’il a accordée à notre rédaction, l’ancien président de la transition guinéenne, raconte sans tabou la prise du pouvoir par la junte après la mort du Général Lansana Conté. Le Général Konaté qui a conduit la transition aux termes des accords de Ouagadougou ne cache pas sa fierté pour avoir rempli sa mission: celle d'assurer le retour à l'ordre constitutionnel en Guinée. L’actuel commandant de la force africaine en attente s’est aussi exprimé sur ses relations avec le président Alpha Condé, sans oublier l'interpellation de certains de ses proches dans l'affaire de l'attaque contre la résidence du président Condé, le 19 juillet 2011. Dans son bureau où il pilote la force africaine en attente, le Général Konaté rêve désormais de servir l'Afrique. Il s'est confié au micro d'Africaguinee.com… Entretien exclusif !


Africaguinee.com : Vous venez de recevoir une distinction de la France. Que représente pour vous cette décoration?

Général Sékouba Konaté : C’est un honneur et une grande émotion pour moi, c’est un honneur non seulement pour l’armée guinéenne, pour le peuple de Guinée mais aussi pour l’Afrique toute entière.

Votre nom est désormais lié à la transition guinéenne qui a abouti au retour à l’ordre constitutionnel dans notre pays. Parlez-nous de la gestion de cette transition guinéenne alors que vous le disiez très souvent, vous n’avez pas l’expérience dans la gestion de la chose publique ?

Vous avez suivi vous-mêmes les accords de Ouagadougou (signés le 15 janvier 2010 avec le Capitaine Dadis Camara, Ndlr), je crois que tout le contenu de ces accords a été respecté à la lettre. Ces accords stipulaient le choix d’un premier ministre issu de l’opposition, la composition d’un gouvernement d’union nationale de transition par le Premier ministre et cela a été respecté. Une fois même, lors d’un rassemblement au camp Alpha Yaya (le plus grand camp militaire de la Guinée Ndlr), j’ai dit que moi, ma mission c’est l’offensive sur le plan extérieur mais en ce qui concerne la gestion intérieure du pays, c’est le premier ministre chef du gouvernement qui est responsable.

Concrètement mon Général, qu’est-ce qui vous a motivé à quitter le pouvoir ?

Vous savez un homme, c’est avant tout le respect de la parole donnée. Tout le peuple de Guinée, l’Afrique toute entière et la communauté internationale savaient le contenu des accords de Ouagadougou.

D’abord, je dois vous dire que je ne voulais pas du tout diriger la transition, quand les Français, les Américains et même les Marocains sont venus me voir pour me demander de conduire la transition je leur ai dit non. Mais ma motivation est d’abord venue du peuple de Guinée, de tous ces politiciens qui m’ont dit qu’il fallait que ce soit moi, ensuite il y a eu aussi la contribution de la communauté internationale. Celle-ci m’a donnée des assurances de tout son soutien, elle m’a promis de m’accompagner pendant la transition.

Mon Général, beaucoup de compatriotes ont appris des révélations faites par le Capitaine Dadis Camara sur la prise du pouvoir par le CNDD en décembre 2008. Racontez-nous cet épisode qui a marqué l'histoire de notre pays?

Si je dis que je vais tout expliquer sur la prise du pouvoir par l’armée en 2008, cela va prendre des jours, mais je vais donner quand même quelques éléments. Avant la prise du pouvoir par le CNDD (Conseil National pour la Démocratie et le Développement Ndlr) vous savez qu’il y avait eu en Guinée une mutinerie pendant laquelle les gens ont voulu prendre le pouvoir du Général Lansana Conté ; mais ceux qui préparaient cela pour renverser le pouvoir du Général Lansana Conté ne pouvaient pas avoir la force. Moi j’étais au front parce que moi j’ai fait plus de dix ans au front, c’est ça que je connais réellement. En voyant les chefs militaires qui ne pouvaient plus réagir, il (Général Lansana Conté Ndlr) a fait appel à moi pour ne pas qu’il y ait accrochage entre militaires. J’ai pu arranger les choses parce que la plupart des gens qui étaient dans cette mutinerie c’était des hommes qui faisaient partie de la même unité que moi, donc leur commandement relevait directement de moi, je leur ai dit que c’est grâce au vieux-là (Général Conté Ndlr) qu’on est là aujourd’hui, ça il ne faut pas avoir honte de le dire, être contre ce vieux-là ne serait pas bon pour nous.

Mais mon Général on s’intéresse beaucoup plus à cette journée où le CNDD a pris le pouvoir, le 23 décembre 2008…

Je vous explique d’abord qu’avant la prise du pouvoir, il y avait une mutinerie qui sous-entendait une prise du pouvoir. Moi on m’a fait venir de 800km et on m’a nommé commandant du bataillon autonome des troupes aéroportées. Je suis rentré à Conakry, j’ai rencontré à l’époque le chef d’état-major général des armées, le Général Diarra, le ministre Kabèlè, ils m’ont donné des consignes et après je suis allé voir le président Conté aussi qui m’a donné des consignes. J’ai fait ce que je pouvais faire, j’ai rassemblé les hommes et je leur ai dit qu’on est pas venu ici pour livrer une guerre parce que c’est la même armée, nous devons nous donner la main, rester dans l’esprit militaire, l’esprit de discipline, l’esprit de défense de l’intégrité territoriale, donc les gens n’ont qu’à rentrer dans les rang. Je crois que mon appel fut entendu et les gens sont rentrés dans les rangs. Le Général Conté ne pouvant même plus se déplacer de son palais, c’est après ces consignes que j’ai données à la troupe que je suis allé le rencontrer pour lui dire que la situation était maîtrisée et qu’il pouvait se rendre partout où il voulait, ça c’est dans un premier temps.

Dans un deuxième temps, il y a certains qui m’ont vu parce que j’étais à la tête d’une élite très respectée et j’étais aussi l’un des officiers les plus écoutés, je me suis dit que s’il s’agissait de renverser le pouvoir du Général Conté ça je ne pourrais pas le faire, quand le président ne sera pas là on verra ce qu’on pourra faire. Donc entre temps le président est décédé. Déjà, j’avais une unité très opérationnelle parce qu’on avait envoyé des hommes très compétents et qui ont passé tout leur temps à la frontière guinéo-libérienne. Le regroupement de ces hommes ne m’a pas pris 24h, ils étaient là et ils me disaient : « On fonce ! ». Il y avait là aussi des gens tels que le Général Toto (actuel ministre d’Etat chargé de la sécurité et de la protection civile Ndlr) qui m’a appelé pour me dire qu’il a voulu dépêché une unité mes que les gens n’ont pas voulu et qu’il fallait mon arrivée. Ils sont rentrés en contact avec moi, je suis allé directement au camp et tous les hommes étaient là, ils étaient tous rassemblés. Dans un premier temps, il y avait Korka (actuel ministre chargé de l’Elevage Ndlr) qui m’a trouvé là-bas, il y a le colonel Diaby qui est venu aussi. Donc de là-bas, nous avons eu à tenir une réunion, Korka, Diaby et Toto eux ils rédigeaient le communiqué ! Pendant qu’ils rédigeaient ce communiqué moi je faisais la répartition des missions, d’ailleurs il y a un des hommes que je félicite et que j’encourage, c’est le lieutenant-colonel Sâa Alphonse, parce que je lui avais donné une mission capitale. J’ai pris un groupe, je leur ai dit qu’ils devaient se rendre à la RTG de Koloma (la Radiotélévision Guinéenne Ndlr), et ces gens-là sont partis. La première fois ils ont trouvé que c’était fermé, pendant ce temps moi j’étais toujours au camp, j’attendais le communiqué et j’avais d’ailleurs un poste radio avec moi. Après ils sont revenus et ils sont repartis pour une deuxième fois et quelques temps après ils sont encore revenus me dire « Mon colonel, vraiment on ne peut pas rentrer, tout est fermé ». C’est ainsi que je leur ai dit de regarder quelle heure il était ! C’est par après que nous avons bougé et tous les hommes ont suivi, on est parti, on a pris la RTG en main et on a demandé à un individu (Capitaine Moussa Dadis Camara Ndlr) de lire le communiqué. L’intéressé tremblait même mais je lui ai dit qu’on était là et qu’on assurait la sécurité, et j’ai laissé par la suite un contingent là-bas qui était composé entre autres d’Aidore Bah (actuel chef de cabinet au ministère de la Défense nationale Ndlr), le colonel Issa Camara. Nous avons replié par la suite au camp, on est resté dans mon bureau, il fallait procéder maintenant à la désignation des chefs. Moi, dès le départ, j’avais dit aux gens avec lesquels j’étais et qui nous entretenaient très bien quand on a quitté l’intérieur du pays pour Conakry, que l’intéressé-là (capitaine Moussa Dadis Camara Ndlr) nous donnait ce qu’on voulait, mais nous on savait ce pourquoi il le faisait.

Est-ce que quelque part on peut dire que vous aviez préparé ce coup bien avant la mort du Général Lansana Conté ?

Non ! Il y a certains quand même qui voulaient renverser le Général Conté mais ils ne pouvaient pas réussir à le renverser sans nous associer. Donc ces gens-là, bien avant le décès du Général Conté, avaient pris contact avec nous et ce sont ces gens-là qui nous entretenaient. Toute l’armée guinéenne le sait.

Mon Général, on dit aussi que le choix du président du Conseil National pour la Démocratie et le Développement a été fait au hasard…

Non ce n’était pas un hasard, celui qui vous dit que ça été un hasard vous aura menti. Moi par exemple, dès après la prise du pouvoir, on était dans mon bureau comme on est assis comme ça, j’avais fait un deal avec quelqu’un (Capitaine Moussa Dadis Camara Ndlr), il y avait Benjamin (son ancien chargé des opérations Ndlr) qui était présent, il y avait la femme de l’intéressé (capitaine Moussa Dadis Camara Ndlr) qui était présente, il y avait l’intéressé qui était présent… Bien avant la prise du pouvoir, on se réunissait toujours chez Mama Rougui, il y avait Kélétigui Faro, vous pouvez bien lui demander. Ceux qui vous disent que c’était un hasard, c’est archi faux, moi j’étais avec mon unité et j’ai fait mon travail parce que je ne connais que ça dans ma vie, c’est comme toi qui est journaliste professionnel (en m’indexant Ndlr). C’est d’un seul coup, après, que j’ai appris qu’on m’a nommé comme ministre de la défense nationale, je ne voulais pas parce que j’ai fait un deal avec quelqu’un, j’ai accompli ma mission, pour moi c’était donc terminé.

Ce deal c’était quoi mon Général ?

C’était non seulement de protéger l’intéressé et en même temps lui remettre le pouvoir. Je suis revenu dans la salle du BATA (Bataillon Autonome des Troupes Aéroportées Ndlr), il y avait moi, il y avait Alphonse, Issa, il y avait Pivi (actuel ministre chargé de la Sécurité présidentielle Ndlr), il y avait Pévé, il y avait l’intéressé, moi j’étais donc assis dans mon bureau et les autres étaient là. Donc Issa a dit « mon Général c’est quoi ? C’est vous qui devez être président », il y a Alphonse aussi qui a dit la même chose, tous d’ailleurs avaient la même conviction. Je leur ai dit que ce n’était pas ça, moi j’ai toujours servi dans l’armée, ai toujours commandé les hommes, en me voyant à la tête de l’Etat, il ne faut pas avoir le complexe de le dire, sans complexe ni rien, comment j’allais pouvoir diriger un État comme ça ? Donc au départ déjà, je ne voulais rien du tout, je ne voulais pas de portefeuille ministériel ni rien, parce qu’il y avait un deal qui était là, nous allons t’aider à avoir ça mais toi aussi au retour voilà ce que tu dois faire.

Certains observateurs parlaient d’une « marionnette » à la présidence vu que le Capitaine Dadis Camara vous rendait souvent hommage lors de vos sorties officielles ?

Est-ce que vous avez vu Sékou Touré (premier président guinéen, Ndlr) rendre hommage à son ancien premier ministre Lansana Béavogui ? Est-ce que vous avez vu le Général Conté rendre hommage Facinet Touré ? Donc comprenez par-là, ce pourquoi il (le Capitaine Dadis Camara, Ndlr) me rendait hommage.

Est-ce qu’il y avait eu quelques problèmes entre vous et certains de vos collaborateurs sur vos engagements à rendre le pouvoir aux civils ?

Bien sûr ! Vous savez moi j’ai passé mon temps à faire la guerre à la frontière, je ne connaissais pas l’administration, je ne connaissais pas les menteurs qui sont réunis dans la capitale Conakry. Donc ces éléments disaient, et du côté des civils et du côté des militaires, « Mon Général si on arrive à laisser le pouvoir, il y aura ceci et cela, les civils là ils vont nous faire ceci et cela ». Je leur ai demandé comment ils allaient nous faire du mal. Je leur ai rappelé que c’est ce qu’on avait dit dans le communiqué de prise du pouvoir.

Êtes-vous quelque part frustré mon Général ?

Je suis frustré par l’attitude de certains Guinéens et ils se connaissent réellement. Mais heureusement que j’ai l’appui de plusieurs chefs d’Etat africains.

Quelle est votre plus grande fierté aujourd’hui mon Général après avoir quitté le pouvoir ?

Ma fierté c’est qu’il y avait des problèmes dans l’armée, il y avait de la pagaille dans l’armée, et j’ai réussi à contrôler cette armée, elle m’a fait confiance et elle m’a suivi. Vous-même vous avez suivi pendant la transition. La quasi-totalité des politiciens avaient fui le pays, quand j’ai prononcé mon discours du 6 janvier, je les ai fait venir, j’ai assuré leur sécurité, je les ai envoyés aux élections selon les accords de Ouagadougou, je n’ai pas enlevé une seule virgule sur les accords de Ouagadougou parce qu’il y avait vraiment un problème de confiance qui était là. Il fallait pour la première fois de la Guinée, après 52 ans où le peuple de Guinée n’avait pas eu d’élections démocratiques, il fallait donc relever ce défi.

Vous-même vous avez vu combien d’ambassadeurs sont venus pour assister à la cérémonie de ma décoration, il y avait là plusieurs grandes personnalités de l’Union Africaine pour témoigner de leur reconnaissance envers moi.

On vous sent un peu déçu de l’attitude de certains de vos compatriotes. On a vu par exemple qu’aucune autorité guinéenne n’a assisté à la cérémonie de votre décoration, on vous accuse aussi d’avoir détourné 22 millions de dollars…

Je ne suis pas déçu du peuple guinéen parce qu’il y a au moins 95% du peuple qui savent de quel côté se trouve la vérité. J’ai toujours dit que j’ai été forcé pour diriger la transition, j’ai été forcé par tous ces politiciens qui sont là aujourd’hui, sinon je ne voulais pas du tout. J’avais dit aux Américains et aux Français que je ne suis pas un administrateur, je ne connais rien dans l’administration, j’avais dit aussi à Jean Marie Doré (ancien premier ministre de la transition Ndlr) que je ne me mêlerais pas des affaires, c’est pour cela d’ailleurs que Jean Marie Doré a été le premier ministre le plus libre de l’histoire de la Guinée. Ensuite j’avais dit aussi au ministre de l’Economie et des Finances qu’ « on va m’envoyer des papiers que je vais signer et envoyer à ton niveau, tu es un technicien, si tu sais que c’est bon tu prends, si tu sais que ce n’est pas bon, vraiment laisse tomber Â». C’est pour cela d’ailleurs qu’on ne m’a jamais vu assister à un conseil des ministres, moi j’étais là en tant que garant.
C’est pour cela d’ailleurs que j’avais suggéré à la communauté internationale de choisir le Général Toto puisque c’est lui qui était le premier vice-président du CNDD (Conseil National pour la Démocratie et le Développement Ndlr), mais les gens m’ont dit non, qu’ils n’ont vu personne à part moi. Je leur avais proposé le Premier ministre Kabinet Komara, ils ont dit non. Ils m’ont suivi pendant une semaine.

A propos des 22 millions de dollars, j’ai expliqué que c’est à moi qu’on avait remis le chèque, je suis allé dans le bureau de celui qui commandait la Guinée en ce moment (capitaine Dadis Camara Ndlr), je lui ai tendu le chèque, il m’a demandé de garder le chèque d’abord. De là-bas nous sommes allés au palais, il a annoncé devant le peuple, on a donc remis le chèque au gouverneur de la Banque Centrale. De là-bas, on est parti pour Ouagadougou et arrivé là-bas l’intéressé (Capitaine Dadis Camara Ndlr) m’a demandé de faire sortir les 22 millions de dollars. C’était devant le gouverneur de la Banque Centrale, Alhassane Barry ! J’ai demandé à ce dernier ce qu’on allait faire, et il m’a dit « Mon Général moi je ne peux pas parler à l’intéressé, mais cet argent vous ne pouvez pas le faire sortir ». J’ai ensuite expliqué à l’intéressé (capitaine Dadis Camara Ndlr) qu’on ne pouvait pas. On est donc rentré en Guinée et après que j’eus fini ma mission dans la transition guinéenne, je suis venu ici. J’étais à l’hôtel « Hilton », le Pr Alpha Condé lui-même en tant que Président de la République m’a trouvé dans ma chambre pour me dire que les 22 millions de dollars sont dans les caisses de la Banque Centrale. Maintenant les gens sont là à dire du n’importe quoi, qu’est-ce qu’on a fait réellement ? Qu’on nous le dise réellement ! Vous avez entendu vous-mêmes les différents témoignages des gens lors de la cérémonie de décoration, il faut voir comment on est reçu par les chefs d’Etat quand on voyage, pour nous acclamer et nous féliciter, vous avez vu même au Congo, on a été décoré par le président Sassoun N’guesso, avec tous les honneurs. On est invité par le président Ouattara et bien d’autres encore, parce qu’une fois la transition terminée, il fallait que je parte remercier tous ces chefs d’Etat pour leur soutien.

Quel est aujourd’hui l’état des relations entre vous et vos frères d’armes ?

On a de très bonnes relations ! D’ailleurs tout va bien entre tous les Guinéens et moi.

L'autre dossier sensible mon Général, c'est le sort réservé à certains de vos collaborateurs dont Tibou Camara ou le Général Nouhou Thiam qui sont accusés d'être impliqués dans l'attaque contre la résidence du président Condé le 19 juillet 2011. Votre point de vue sur cette affaire ?

Vous avez vous-mêmes entendu ce que j’ai dit sur les ondes d’une radio étrangère. Dans la vie, l’homme propose Dieu dispose. Si Dieu sait qu’ils sont vraiment coupables, Dieu jugera, si Dieu sait qu’ils ne sont pas coupables, Dieu jugera aussi, c’est l’avenir qui jugera le destin d’un homme parce que même moi j’avais été accusé d’être mêlé dans les évènements des 2 et 3 février (mutinerie militaire Ndlr). On m’avait arrêté au mois de juillet. Ceux qui m’avaient arrêté arbitrairement et mis en prison, je les connaissais tous, j’avais fait au moins un mois à la sûreté mais qui savait enfin mon destin, tous ces éléments étaient là quand je suis devenu président, mais je n’ai pas cherché à me venger. Si les gens savaient qu’un jour je serais là pour diriger le pays, ils allaient réfléchir, et c’est pour cela je demande à tout le monde d’être croyant et d’être juste dans la vie. Seule la croyance peut sauver un homme, tout se paye ici dans cette vie. Si aujourd’hui, moi, je me vois très fort et toi Souaré je te fais du mal, demain on ne sait pas ce que tu vas devenir, mon exemple est très évocateur. Mentir, ce n’est pas bon ! Tromper n’est pas bon ! Dieu te donnera toujours le temps de le faire mais un jour tu vas tomber, tu verras toi-même le résultat. C’est pour cela que je demande à ce que tout le monde fasse preuve d’honnêteté, de justice et de croyance, c’est très important.

Ces derniers temps, le Capitaine Dadis n'a pas été tendre avec vous. Peut-on parler de haine ou de règlements de comptes entre les frères d'armes que vous êtes?

J’ai déjà répondu à ça ! Certains chefs d’Etats africains et mes proches collaborateurs m’ont demandé de ne pas répondre à ce genre de choses. Pour moi c’est un non-évènement. De toutes les façons la vérité va triompher.

Enfin, revenons à vos fonctions de commandant de la force africaine en attente. Avez-vous obtenu des appuis sur le continent parmi les chefs d'Etat pour réaliser les ambitions de cette force de maintien de la paix?

Vous savez, actuellement, nous effectuons des missions pour plaider et sensibiliser les chefs d’Etat africains, les partenaires au développement, pour l’opérationnalisation de la force africaine en attente. On a déjà une base logistique et c’est le moment pour moi de remercier certains chefs d’Etat comme les présidents Paul Biya du Cameroun, Ali Bongo Ondimba du Gabon, Idriss Deby du Tchad, Denis Sassou Nguesso du Congo Brazzaville. Toutes ces personnalités ont donné leur accord pour le financement afin qu’on puisse mettre en place très rapidement cette force africaine en attente. Au sein de la force africaine en attente il y a déjà cinq brigades qui sont là. Vous avez vu (en indexant un tableau où se trouve une carte de l’Afrique Ndlr) ça c’est l’Afrique du nord, il y a déjà une brigade qui est là, il y a la CEDEAO, il y a la CIAC en Afrique centrale, vous avez vu qu’il y a la SADEC en Afrique australe et il y a l’Afrique de l’est aussi. Toutes ces brigades sont donc installées, tout dernièrement on était en réunion avec les ministres de la Défense et les chefs d’état-major.

Mon Général, vous résidez ici à Addis. Typiquement comment passez-vous vos journées?

Je me réveille très tôt à 6h du matin, à 8h je vais à mon bureau, je reste jusqu’à 16h et de là je rentre à la maison, je fais un peu de sport et vers 19h je prends une douche, je prends mon dîner et je regarde le téléjournal.

Ça vous change la vie mon Général, être Président de la République et finalement redevenir un citoyen ordinaire ?

Vous savez, moi j’ai toujours voulu être un citoyen ordinaire plutôt qu’être un président. Vous avez vous-mêmes suivi quand j’étais en Guinée comment j’étais, moi le pouvoir ne m’a jamais intéressé parce que j’ai déjà vécu dans ça à plusieurs reprises. C’est un pauvre qui n’a rien gagné dans sa vie et Dieu l’aide à avoir le pouvoir qu’il cherche à conserver. Nos parents ont été des grands fonctionnaires, toute la Guinée les a connus, nous avons bien vécu notre temps et c’est pour cela qu’on était pressé de quitter.

Avant de terminer mon Général, êtes-vous en contact avec le président Alpha Condé ?

Oui un peu ! Mais vous savez je n’aime pas trop déranger les gens. Il m’appelle quelquefois, on parle, je l’appelle aussi, on parle.

Ça se passe très bien ?

Bon quelquefois ça se passe bien, quelquefois ça se passe mal !

Un message pour vos compatriotes et nos lecteurs en particulier?

C’est un message de paix, un message pour la réconciliation nationale, un message de pardon, il faudrait que les gens arrêtent la démagogie. A vous les journalistes, je vous demanderais d’être impartiaux et ne pas être des journalistes alimentaires. Allez à la recherche de l’information comme vous l’avez fait M. Souaré. Maintenant vous avez su ce qui s’est réellement passé à la prise du pouvoir, vous savez que je suis un homme direct, je n’aime pas le mensonge.


Interview réalisée par Souaré Mamadou Hassimiou
depuis Addis Abeba
pour AFRICAGUINEE.COM


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Commentaires  

 
+4 #12 Abdoul.H 13-04-2012 10:11

Un complement de question. Selon la rumeur, les «sages» du manding t'avais dit qu'un manding ne doit jamais ceder le pouvoir à un peul, est-ce vrai? D'ailleurs, JMD les a même fait passer à la tele. Cette question aurait été très interessante, puisque toi Konaté dit être direct et franc, n'aimant pas le mensonge. Kouyaté Lanasana, lui, a déjà a répondu clairement sur la radio espace qu'il a fait son alliance suite à la pression mandingue.
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+5 #11 Féla Barry 13-04-2012 08:31

Rassoulallah (SAS) a vu un homme venir lui dire : « Je suis intéressé par l’Islam et je voudrai bien y entrer, mais je ne peux ni cesser de prendre l’alcool, ni abandonner la fornication ». Le prophète réfléchit un moment et lui dit : « Je peux accepter ton entrée en Islam tel quel, si tu peux me promettre de ne jamais mentir ».
Le moindre enseignement qu’on peut tirer de ce message et que le mensonge est plus dangereux que l’alcool. Mais dans la situation actuelle de la Guinée ce sont des "dits" musulmans qui véhiculent le mensonge. Et parfois en parfaite connaissance de cause, au nom de dieu qui est associé a tout et dans tout comme pour se dédouaner de leurs forfaitures, causes personnelles sordides dans un cynisme drapé de l'auto-censure permanente d'une incroyable hypocrisie. Certains continuent de croire a leur bonne étoile, ils sont pas à l'abri d’infernale surprises, deux pelées et trois tondus envoyés aux frais du contribuable ne lave pas de tout. la vérité finira par triompher de l’omerta politique, voulue et entretenue jusqu"au plus haut sommet de l'Etat, à chacun son miroir!!!
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+2 #10 Le Voyant 13-04-2012 03:55

Citation en provenance du commentaire précédent de greeg:
Citation en provenance du commentaire précédent de Almamy Bérété:
Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisement. Voyez comment le Colonel, tantôt Général à la prise du pouvoir le 23 décembre 2008 hésite sur les mots. Vivement la confrontation.

Monsieur Bérété, je me demande si vous êtes vraiment guinéen ou si vous étiez en guinée quand le Général Konaté dirigeait la transition, sinon tout guinéen sait comment le général s'exprime en français.
Je crois qu'il faut laissé en paix ce garçon en paix ou étiez vous depuis 1958 ? alors coller la paix aux gens, bande d'aigris.

Greeg je te le concede, Sekouba comme beaucoup de gens qui sont passes dans les memes moules que lui ont du mal a s'exprimer correctement en Francais certes, mais ici c'est pas le cas.
Savoir s'exprimer et tatonner font deux.
Berete veut dire que Konate tatonne parce qu'il y a des choses qu'il cache sinon on dit bien en soussou "Nondi dunke put" autrement dit si il y avait une part de verite dans ce que dit Sekouba il aurait eviter les accrobaties dans ses explications. Il s'est tellement evertue a cacher sa "part de verite" que nous sommes dans le tournillon total. Surement son ami Mickmack pourra nous eclairer nos lenternes. En tout cas la seule partie que moi j'ai saisi dans tout ce "tohu bohu" est qu'il semble etre remonte en bloc contre les "ingrats" qui ont deja oublies en si peut de temps les services rendus.
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+3 #9 Le Voyant 13-04-2012 03:37

Citation en provenance du commentaire précédent de Soleil:
Il est facile d'accuser les autres de voleurs et de prédateurs. Mais quant on vient aux commande à peine 14 mois et qu'on commence à distribuer des milliards, il y a anguille sous roche. Et pire quant on a été incapable de se batir une cabane à plus de 60 ans d'âge. Voyez mon regard!

Mon ami in ne faut avoir peur d'appeler le chat par son nom mais neamoins on suis ton regard jusqu'a........ Allez savoir ou...
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-2 #8 greeg 12-04-2012 23:06

Citation en provenance du commentaire précédent de Almamy Bérété:
Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisement. Voyez comment le Colonel, tantôt Général à la prise du pouvoir le 23 décembre 2008 hésite sur les mots. Vivement la confrontation.

Monsieur Bérété, je me demande si vous êtes vraiment guinéen ou si vous étiez en guinée quand le Général Konaté dirigeait la transition, sinon tout guinéen sait comment le général s'exprime en français.
Je crois qu'il faut laissé en paix ce garçon en paix ou étiez vous depuis 1958 ? alors coller la paix aux gens, bande d'aigris.
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+2 #7 Soleil 12-04-2012 17:53

Il est facile d'accuser les autres de voleurs et de prédateurs. Mais quant on vient aux commande à peine 14 mois et qu'on commence à distribuer des milliards, il y a anguille sous roche. Et pire quant on a été incapable de se batir une cabane à plus de 60 ans d'âge. Voyez mon regard!
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+5 #6 Soleil 12-04-2012 17:48

Nous attendons la réaction de ceux qui avaient dis qu'ils n'ont rien trouvé dans les caisses de l'Etat à leur prise du pouvoir. Car konaté vient de dire à la face du monde qu'il avait laissé les 22 millions de dollars à la banque centrale de la RG.
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+5 #5 Bangaly Traoré 12-04-2012 15:01

Mr Youssouf Bangoura voilà la vérité,grâce a Konaté le criminel tyran Dadis à été président dans notre pays.NB:L'ex-capitaine Moussa Dadis Camara est coupable de crime contre l'humanité le 28 septembre 2009 à conakry,en conséquence nous demandons le gouvernement de Pr Alpha Condé d'établir la Justice,car pour un changement efficace,il faut nécessairement la fin de l'impunité.
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+4 #4 Souleymane 12-04-2012 11:54

Un groupe de copains a pris la Guinée au soir de la mort de Conté. C'est que cette interview nous apprend (ou nous confirme) ce que les véritables commanditaires de ce coup d'Etat sont toujours restés dans l'ombre. Dadis, Konaté et leurs compagons n'étaient que les exécutants. Malheureusement, à aucun moment le journaliste ne cherche à savoir l'autre partie prenante du deal de Konaté, puis que Konaté lui même dit que sa mission était de protéger "L'INTERESSE" pour une mission qu'il se garde de dévoiler. Mais, tôt ou tard, le peuple de Guinée se rendra compte qu'il a été le dindon d'une farce qui l'a plongé dans l'âbime qu'il aura du mal à surmonter.
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-3 #3 youssouf bangoura 12-04-2012 11:35

Almamy Bérété, demandons nous plutôt pourquoi Dadis rendait dans chacune de ses prises de parole hommage à son ministre de la defense( Konaté ). Tout le monde avait compris que c'est konaté qui avait fait de Dadis president . Visiblement, Dadis avait très peur de Konaté .
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+6 #2 Almamy Bérété 11-04-2012 20:21

Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisement. Voyez comment le Colonel, tantôt Général à la prise du pouvoir le 23 décembre 2008 hésite sur les mots. Vivement la confrontation.
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+6 #1 Rescapé du stade du 28 Septemb 11-04-2012 17:11

Konaté n'a toujours pas donné des explications claires et nettes par rapport à ces 22 millions de dollard
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