Alerte : censure pré-électorale en Guinée (RSF)

Facebook Imprimer    

 

logo_RSF_01Malgré le rétropédalage de la Haute autorité de la communication, Reporters sans frontière (RSF) s’inquiète de la tentative de la HAC guinéenne de museler les médias à quatre mois de l’élection présidentielle prévue en octobre 2015.

La présidente de la Haute autorité de la communication( HAC) Martine Condé a dû faire marche arrière face au tollé suscité par la décision N°08/SC/P du 1er juin 2015 dans laquelle la HAC demandait aux médias de « s’abstenir de l’usage des genres d’opinions tels l’éditorial, le commentaire, la chronique, le billet Â» pendant la période allant « du 1er juin 2015 à la veille de l’ouverture de la campagne officielle pour l’élection présidentielle du 11 octobre 2015 .

Face au tollé que cette décision a suscité notamment parmi les associations de médias, la présidente de la HAC a rétropédalé, et publié une version corrigée de la décision, précisant que les médias devaient « faire preuve de professionnalisme et de responsabilité dans l’usage des genres d’opinions Â».

« Il semble que la HAC a pris conscience de l’énormité de la décision telle qu’elle était initialement parue et a rectifié le tir, estime Cléa Kahn-Sriber, responsable du bureau Afrique de Reporters sans frontières. Bien que revu, le texte continue de limiter la liberté de l’information de façon préoccupante. Ce type de restrictions institutionnalisées envoie un message clairement menaçant à l’encontre des journalistes qui pourraient tenir un discours critique sur le bilan du président guinéen.»

Même corrigée, la décision continue d’entraver sérieusement la liberté de la presse en Guinée. Elle demande entre autres aux journalistes de « s’interdire Â» la diffusion d’informations, de communiqués ou de caricatures qui seraient de nature à « mettre en péril la cohésion nationale et l’ordre public Â», sans préciser ce que ces termes recouvrent. Elle limite également les revues de presse qui ne doivent pas dépasser dix minutes et interdit les émissions interactives en direct.

Cette décision paraît quelques mois à peine après l’élection de la présidente de la HAC en mars 2010 dont la légalité est aujourd’hui contestée par certains membres des médias qui dénoncent la mainmise de l’exécutif sur la procédure. Un recours contre cette élection a d’ailleurs été déposé par le directeur de publication du journal Le Lynx en avril 2015. Les articles parus à ce sujet dans la presse avaient valu à l’époque aux journaux La Logique, La Croisade et Les Echos de Guinée de recevoir chacun une mise en demeure de la HAC. Le Lynx et la radio Espace FM avaient eux reçu un avertissement.

La Guinée occupe la 102e place sur 180 dans l’édition 2015 du classement de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières


RSF


AAA_logo_guineeactu_article
   

Facebook Imprimer    

 


 

Commentaires  

 
+6 #7 kourouma karamoko 16-06-2015 15:09

Les dictateurs et la presse libre ne sont pas nés le même jour; les uns ont une peur noire de l'autre!
Pendant 26 ans (1958-1984) les guinéens n'ont connu qu'un seul journal: TOROYA ou HOROYA; grace à l'analphabète Conté ils ont connu la liberté de la presse et la pluralité de l'info; avec El professor Alpha Grimpeur c'est le retour à TOROYA ou HOROYA! Quel pays!!!
Citer
 
 
+5 #6 Féla Barry 14-06-2015 22:26

L’oppression politique contre son propre peuple, est une forme de barbarie propre à l’Afrique indépendante qui doit être érigée en infraction pénale, crime politique odieux contre l’humanité. Ce qui permettra de confondre devant la justice pénale internationale tous ses apprentis sorciers et dictateurs qui n’apportent aucune valeur ajoutée à leur pays de nature à changer le quotidien de leurs concitoyens. Dans certains cas, c’est plus qu’une règle de bonne gouvernance, car plus efficace que l’aide publique au développement, engloutissant à fonds perdus des sommes tout simplement détournés par les élites ces pays !!!
Citer
 
 
+5 #5 Féla Barry 14-06-2015 21:52

qu'attend la société civile, les députés pour saisir la cour constitutionnelle et faire annuler cette loi. Le propre d'un Etat faible, c'est de se renier et se déshonorer dans la violence contre son propre peuple. C'est le comble même de l'indignité, de l'inhumanité et de la sauvagerie des dirigeants de ce pays !!!
Citer
 
 
+4 #4 Féla Barry 14-06-2015 21:37

On ne gouverne pas mieux parce qu’on est craint ou violent, les lois scélérates à balles réelles sur nos concitoyens n’y changerons rien. Tout le moins que rapprocher les commanditaires du tribunal pénal international, à défaut d'une résistance tout azimut à l’oppression politique !!!
Citer
 
 
+2 #3 celloumbah 14-06-2015 21:30

Citation en provenance du commentaire précédent de amadudialamba:
Humans rights watch et L'OGDH aussi n'ont qu''emboiter le pas de RSF et même Gassama, s'il est sérieux. Ils doivent également tous s'insurger contre la nouvelle loi autorisant l'utilisation des armes contres les civils non armés.

Cette loi légitime la dictature d'AC, sinon comment peut-ont comprendre qu'on autorise des assassins de tuer?? La presse Guinéenne est à l'image de l'opposition Guinéenne, elle ne fait du bruit que si on touche à leur gagne pain pour ce qui est de l’intérêt général (de la population) , elle s'en foute. Elle (la presse Guinéenne) est suiveur de nos charognards politiques. C'est une presse spectacle,
Citer
 
 
+5 #2 M. Sacko 14-06-2015 20:10

La liberte de la presse est l'un des piliers de la democratie. Elle critique, elle informe la population sur l'etat de la gestion du pays par les gouvernants, et elle denonce les abus du pouvoir en place. Vouloir la museler, consiste a fermer une des voies de la democratie qui conduit vers l'edification d'un Etat moderne. Et puisque dans une democratie, les debats d'idees contradictoires definissent l'etat de sante de celle-ci, la liberte de la presse constitue une veritable plateforme ou ces debats d'idees contradictoires se deroulent afin de trouver un terrain commun allant dans le sens du developpement economique et social du pays. Les critiques sont necessaires pour pousser les gouvernants a lutter contre la mauvaise gouvernance et s'il n'y a pas de critiques, nous risquons de tomber dans un parti-Etat, une situation qui peut etre dangereuse pour la liberte individuelle.
Citer
 
 
+7 #1 amadudialamba 14-06-2015 17:43

Humans rights watch et L'OGDH aussi n'ont qu''emboiter le pas de RSF et même Gassama, s'il est sérieux. Ils doivent également tous s'insurger contre la nouvelle loi autorisant l'utilisation des armes contres les civils non armés.
Citer