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Anniversaire de la mort de Diallo Telli : lettre de Pottal-Fii-Bhantal Fouta-Djalon à la présidente de l’Union africaine
Samedi, 07 Mars 2015 15:37
À son Excellence Dr. Nkosazana Clarice Dlamini Zuma
Présidente de la commission de l’Union africaine, Addis-Abeba, Éthiopie
Excellence,
Le 1er mars 1977, le premier secrétaire général de l’Organisation de l’unité africaine, M. Boubacar Telli Diallo, fut assassiné par inanition par le régime de Sékou Touré. À ce jour, sa dépouille mortelle n’a pas été localisée. Après l’arrestation de M. Diallo sur des fabulations de complot, le régime guinéen de l’époque déclencha une campagne contre l’ethnie peule de Guinée dont M. Telli est issu. La guerre civile et les pogroms furent évités de justesse, grâce à la retenue dont les populations guinéennes firent preuve. Durant ces années noires de l’histoire de la Guinée, ni l’Organisation de l’unité africaine, ni aucun leader africain ne firent une déclaration publique condamnant le régime de Sékou Touré ou tout au moins appelant le leader guinéen à la retenue dans sa campagne contre l’une des composantes ethnique de la nation guinéenne.
M. Diallo Telli fut un fervent militant de la libération du continent ; depuis sa mission de représentant permanent de la Guinée aux Nations-Unies, jusque dans ses fonctions à la tête de l'OUA. À l’OUA, il fut l’avocat de la cause de l’union dans l’Afrique indépendante. Il cimenta les fondations de l’organisation par une diplomatie vigoureuse qui permit notamment, la fusion des deux blocs de l’Afrique indépendante : le bloc de Monrovia et celui de Casablanca. M. Diallo Telli aura marqué l’histoire de l’Afrique moderne par son œuvre dans la lutte contre l'apartheid, à travers le Comité de libération installé à Dar-es-Salam qui relevait directement de l'OUA et de son autorité.
La disparition de M. Diallo dans des circonstances tragiques et ignominieuses est une plaie béante de l'histoire de la Guinée. Le silence qui entoure son sort, 38 années après sa mort, est une tache qui ternit l’image de tout le continent. La République d'Afrique du Sud a certainement honoré M. Diallo Telli à titre posthume pour sa contribution à la lutte contre l'apartheid. En outre, la Guinée a donné son nom à l'un des principaux boulevards de Conakry. Le but de notre lettre est de vous demander de poursuivre, à l’échelle du continent, la reconnaissance due au grand Africain que fut et restera M. Diallo Telli. Votre promotion à la tête de l'Union africaine symbolise la promesse d'émancipation de l'Afrique à travers ses femmes. Ajoutée à votre passé de militante de l'ANC, personne n'a une position morale supérieure à vous pour poursuivre la réhabilitation de M. Diallo Telli. Nous proposons que l'Union africaine marque chaque 1er mars avec une minute de silence à la mémoire du premier Secrétaire général de l'OUA. Nous vous invitons à prendre des mesures, à travers un comité ad hoc d’Africains, pour localiser les restes de M. Diallo Telli et lui organiser des funérailles convenables. Une telle action serait un acte d'une importance historique. Ce serait un message de l'Union africaine aux générations présentes et futures que l'Afrique n’est plus prête à porter l'image d'un continent des violations des droits de l'homme avec une culture bien ancrée de l'impunité qui ont ruiné les chances de développement économique et social sur la continent.
Pottal-Fii-Bhantal Fouta Djallon est une organisation guinéenne à but non lucratif qui travaille en faveur du développement régional et autocentré avec comme fondation, la justice pour tous. M. Diallo est ressortissant de notre région en Guinée. Il nous incombe certes, au premier chef, de préserver sa mémoire en tant qu’incarnation des plus nobles valeurs africaines. Mais, c’est le peuple guinéen dans son ensemble qui ressent avec amertume, le silence qui aura entouré la tragédie qui a permis l’assassinat de M. Diallo ainsi que tant de ses distingués fils. Ce silence, sous le couvert de la souveraineté nationale, continue à maintenir un climat malsain d’impunité dans notre pays.
Nous sommes convaincus que toute action de votre part représenterait une chance de renouveau des pratiques gouvernementales en Afrique. À ce titre, Pottal-Fii-Bhantal Fouta Djallon en a appelé à maintes organisations des droits de l’homme, à tous les citoyens guinéens et africains épris de justice, à se joindre à l’appel que nous vous lançons.
Excellence, en restant à votre disposition pour toute information complémentaire qui contribuerait à éclairer l’objet de notre démarche, veuillez trouver ici l’expression de notre haute considération et nos vœux les meilleurs pour votre succès au service de l’Afrique.
La Commission Centrale de Pottal-Fii-Bhantal Fouta Djallon
3396 Third Avenue 1st Floor BRONX, NY 11456-Tel: 301-310-1566
Ampliations :
- M. Kadré Désiré Ouedraogo, président de la Commission de la CEDEAO
- Président John Dramani Mahama, président en exercice de la CEDEAO
- Conseil de sécurité et de la paix de l’Union africaine
- Président de la Côte d’Ivoire, M. Alhassane Ouattara
- Président du Sénégal, M. Macky Sall
- Commission des droits de l’homme de l’ONU
- Commission de l’ONU contre la violence sur les femmes
- M. Léon Tanoh, représentant de la CEDEAO à l’ONU
- Représentant de l’Union européenne en Guinée
- Département d’état américain – Global Justice System
- Commission des lois de l’Assemblée nationale de Guinée
- Ministre de la Justice de Guinée
- Ministre des Droits de l’homme de Guinée
- Ambassades de Guinée à l’ONU et aux États-Unis
- FIDH
- OGDH
- Associations guinéennes des victimes : AVIPA, AFADIS, AGORA, Camp Boiro
- Human Right Watch
- Human Right First
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Commentaires
@ Mamadi Kaba: Je ne me permettrais surtout pas de qualifier vos définitions : « vous répondez par l’émotion. Mais monsieur vous n’avez pas le monopole de l’émotion ! » que votre liberté d’opinion vous accorde. Quant à la réaction sur mon appréciation sur le vécu de la Guinée, il y en a qui ont été moins polis.
Mr Boubacar Diallo Washington,
La courtoisie rend le débat civilisé quelles que soient les divergences de vue.
Merci pour ces échanges, même si nous n'étions pas toujours sur la même longueur je suis convaincu que nous finirons par nous rejoindre. Car vous et moi nous sommes du même côté de la barrière.
@Mr Mamadi Kaba, merci du ton, mais, par son commentaire en-dessous, Mr K. Ba a bien saisi et exprimé la teneur de ma remarque. J’ajouterais simplement ceci: Herbeux, ceux qui se demandent encore [« qui a fait quoi » ou « qui n’a pas fait quoi »] selon vous, pendant les 26 ans de l’enfer de SAT. Ses victimes, leurs familles, leurs proches et sympathisants ont des questions tout à fait contraires aux vôtres. Ce qu’ils se demandent avec grand étonnement, c’est pourquoi il y en a encore qui confondraient les victimes et le bourreau. Quant à la Guinée qui en a été nécessairement victime, son état est évident.
Mr Boubacar Diallo Washington,
Aucune confusion possible pour moi entre victimes et bourreaux. Pour cette raison je ne peux pas blâmer les victimes contrairement à ce qu’affirme Mr K. Ba à mon propos, en se faisant exégète de votre réaction.
On blâme un coupable, ici en l’occurrence ce sont les bourreaux c’est à dire AST et sa bande, pour lesquels blâmer n’est qu’un doux euphémisme compte tenu de la nature de leurs méfaits, des crimes à échelle géante.
S’agissant de leurs victimes je ne me fatiguerais jamais de demander la pleine réhabilitation, c’est le minimum que la Guinée NOUS doit (les victimes et leurs proches).
Par contre ce qui m’étonne, c’est que quand je parle d’examen de conscience car c’est de cela qu’il s’agit « qui a fait quoi » mais surtout « qui n’a pas fait quoi », vous répondez par l’émotion. Mais monsieur vous n’avez pas le monopole de l’émotion !
En Guinée, nous ferons mieux de quitter le confort de l’émotion pour se poser de vraies questions aussi dérangeantes soient-elles pour éviter les erreurs qui nous ont menés à la catastrophe dont les conséquences nous poursuivent encore aujourd’hui.
Si toute la Guinée reste concernée par ces questions, l’élite -celle d’hier et d’aujourd’hui- est en première ligne, quel que soit son statut par ailleurs, victime ou bourreau pour que « plus jamais ça » devienne une réalité.
...Si AST et ses sbires ont tué et torturé autant de monde et dans la durée, c’est sans doute parce qu’à des degrés différents, nous n’avons pas fait ce qu’il fallait et ça il va falloir l’admettre courageusement un jour ou l’autre pour pouvoir définitivement avancer.
Au demeurant, votre réaction est loin d’être singulière, au gré des discussions plutôt amicales avec des compatriotes on se rend compte de la difficulté à aborder cette période sombre de notre histoire sous l’ensemble des aspects.
La meilleure façon de faire ce que vous suggérez n'est pas de blâmer les victimes. C’est comme cela que je comprends la réaction de Mr. Boubacar Diallo. J'ai l'impression que vous vous acharnez à avoir raison dans la discussion en persistant sur une mauvaise approche. Tout le monde est d'accord sur l'essentiel : réhabiliter les victimes et tirer les leçons de l'histoire pour plus jamais subir ce qu'on a subit. C’est ce que Pottal commence à faire avec la lettre. Mais vous voulez à tout prix accabler la victime. Croyez-vous que réellement c’est cela tirer une leçon ? Par des assertions hors de leur contexte historique pour condamner? Quelle est votre motivation pour cette approche improductive?
K. Ba
@Mr Mamadi Kaba, la liste que vous énumérez est loin d’être complète, car AST en a éliminé beaucoup plus et parmi les meilleurs fils et filles de la Guinée. Une perte catastrophique dont les évidentes tragiques conséquences pèseront longtemps sur la vie des populations. Pour ce qui est de votre question de circonstance, sensé que soit le langage de compassion, malheureusement son objectif n’est pas de trouver une réponse, mais plutôt de faire d’une victime sadiquement assassinée, un autre complice de son bourreau. Quant aux causes de la barbarie légendaire de AST et le silence national et international qui prévalut, c’est aux Guinéens de se décider s’ils sont prêts pour «Jamais plus ça»
Mr Boubacar Diallo Washington,
Je n’ai jamais prétendu donner une liste exhaustive des victimes de Sékou Touré, d’ailleurs qui peut le faire ? Vous ne m’apprenez rien sur l’ampleur des crimes et encore moins sur la qualité de ceux et celles qui en ont été victimes, leur seule condition d’être humain suffit pour mériter l’indignation quant au sort qui leur a été réservé : l’assassinat pur et simple.
Quant aux conséquences catastrophiques, la plus grande est et restera à jamais la perte d’êtres chers et souvent qui nous ont donné la vie, et le contingent de traumatisme qui va avec.
Pour le reste de votre commentaire, libre à vous de donner l’objectif que vous voulez à ma réaction, cela reste votre compréhension et vous avez le droit de l’exprimer.
« Pour ce qui est de votre question de circonstance, sensé que soit le langage de compassion, malheureusement son objectif n’est pas de trouver une réponse, mais plutôt de faire d’une victime sadiquement assassinée, un autre complice de son bourreau ».
Cette phrase de vous révèle en réalité tout le drame du peuple de Guinée, un peuple incapable de regarder en face un moment douloureux de son histoire pour en crever l’abcès. Incapable parce que ne veut pas se poser de questions « qui a fait quoi » ou « qui n’a pas fait quoi » ? Avec une telle attitude, « plus jamais ça » comme slogan creux a de beaux jours devant lui.
Si AST et ses sbires ont tué et torturé autant de monde et dans la durée, c’est sans doute parce qu’à des degrés différents, nous n’avons pas fait ce qu’il fallait et ça il va falloir l’admettre courageusement un jour ou l’autre pour pouvoir définitivement avancer.
Au demeurant, votre réaction est loin d’être singulière, au gré des discussions plutôt amicales avec des compatriotes on se rend compte de la difficulté à aborder cette période sombre de notre histoire sous l’ensemble des aspects.
Qu’a-t-il fait lorsque les Magassouba Moriba, Baldé Ousmane etc… ont été pendus au pont Fidèl Castro ?
Qu’a-t-il fait lorsque Loffo Camara et d’autres compagnons ont été fusillés ?
Qu’a-t-il fait lorsque Kaba Laye, Karim Bangoura, Barry Sory, Sagno Mamadi (un de ses prédécesseurs au poste de ministre de la justice), Marcel Mato et tant d’autres ont été tués par Sékou Touré et ses sbires Dieu seul sait comment ?
Contre les exactions que subissaient le peuple de Guinée, sa voix aurait comptée plus qu’aucune autre.
Malgré ce questionnement que je trouve pleinement légitime, je soutiens toute action qui vise à réhabiliter entièrement les victimes du totalitarisme dans notre pays, des plus illustres aux plus humbles tous dignes filles et fils de Guinée.
Une excellente Initiative à suivre jusqu'à l'aboutissement. Il faut que l'Afrique connaisse et honore ses vrais HEROS, et rendre "Sacré" la Vie et la Dignité de l'Homme Noir, pour pouvoir vivre en paix et se développer sur tous les plans. Première Condition aussi pour être respecté par les autres, il faut d'abord se respecter soi-même. Il faut que le savoir soit respecté. Les autres organisent des journées des mémoires pour leurs hommes et même pour ce qui nous concerne (abolition de la traite négrière par exemple), et nous, on s’en fout. Pauvre Afrique , réveille-toi enfin.
Moi je vous retire tout de suite le Yette Bari pour le plus approprie Sow comme ma femme et mes 2 enfants auxquels j'ai ajoute Sow a leur nom Barry a cause pour la premiere de ma mere son homonyme et le second pour mon beau pere son homonyme. Tout ceci pour detendre l'atmosphere. Je suis desole de vous avoir choque par mon commentaire lapidaire. Soyez surs que nous sommes tous affectes par cet assassinat ignoble et la campagne anti-peulh qui l'a accompagne. Mais je voulais juste louer les quelques voix qui ont compati a notre peine. C'est cela aussi qui renforcerait notre pladoyer.
"… Si ma mémoire est bonne le Président Senghor avait fait une série de déclarations publiques démontrant l'inconsistance des discours haineux contre les peulhs et avait à l'occasion offert des bourses d'études aux étudiants peulhs interdits de bourse pour l'étranger en Guinee.
Monsieur Barry,
C’est tout ce que vous avez à dire sur cette déclaration? Pour moi votre intervention est étonnante. Elle veut enlever le focus sur le message de Pottal en ces jours d’anniversaire de la mort de Diallo Telli. Vous semblez vouloir ramener le message à des disputes de détails et de la polémique. Pour vous il est plus utile de rappeler que Senghor a donné des bourses et vous ne confirmez que par accident le fait que des étudiants peuls en furent privés lors de l’arrestation de Telli. Il y eut même certains qui furent rapatriés de force de l’étranger. Les déclarations de Senghor et sa magnanimité sont suffisantes à vos yeux pour qu’on oublie tout cela. Elles sont plus importantes que le fait de rappeler à la mémoire des Guinéens et de l’Afrique que Telli est mort par inanition et qu’il a été oublié pendant 38 ans. En vous lisant, on se demande si vous cherchez la vérité ou si la nécessité du deuil comme le demande la lettre, sur l’obligation d’éveil de la conscience, de mémoire, de vigilance pour qu’on sorte de cette amnésie collective qui nous tue vous dérange. Même si Senghor a fait des déclarations, cela ne fait qu’une exception qui confirmer la règle. En plus vous ne pouvez même pas corroborer ce que vous avancez. Ceci n’est pas bon pour un yette Barry. J’aimerais bien avoir vos sources à part votre mémoire. Pouvez-vous citer un seul exemple de ses étudiants qui ont bénéficié des bourses de Senghor ? Même dans ce cas le fait historique demeurera. Il est admis qu’il y a eu une complicité du club de l’OUA sur la mort de Telli. Et il est admis aussi que les peuls furent indexés depuis en Guinée. C’est cela qu’il faut combattre aujourd’hui. La paix ne peut être bâtie sur la peur de dire les vérités. Voici ce que dit André Lewin dans Jeune Afrique.
Sept ans après lui, en mars 1984, c'est la mort de Sékou Touré, dont il fut la plus illustre victime. La IIe République qui s'installe réhabilite les disparus, donne à un boulevard le nom de Diallo Telli, des livres sont écrits sur sa vie et sur sa mort, un club de réflexion prend son nom en 1996, une Fondation Diallo-Telli est créée en 1998, un prix Diallo-Telli est décerné (le prochain le sera à l'Unesco au mois de mai). Mais, collectivement, l'Afrique n'a pas jugé bon de commémorer jusqu'ici celui qui fut le premier et très brillant secrétaire général de l'OUA.
http://www.jeuneafrique.com/Article/LIN25027mortdilleto0/
J’attends vos explications. Sinon je vais changer de nom pendant un mois. Après je vous enlève le nom de Barry. Et même les yette Sow ne voudront de vous.
Salutations
Modi Barry








