Fodé Mohamed Soumah Dimanche, 04 Août 2013 14:02
Les populations de Conakry se soulèvent de plus en plus, non pas pour réclamer l’eau et le courant immédiatement et pour tout le monde, mais pour revenir à la situation antérieure qui consistait à assurer le minimum autour de ce qui est communément appelé « le tour-tour ».
Suite aux manifestations de l’opposition pour la défense des acquis démocratiques et la consolidation d’un véritable Etat de droit, il n’est pas surprenant de voir les populations leur emboiter le pas afin que toute avancée progressiste ne soit plus remise en question.
Mais, malgré les centaines de millions de dollars que le pouvoir dit avoir investis dans les installations et la desserte de l’électricité, les erreurs de communication traduites en fausses promesses ont eu raison de la patience des Conakrykas qui ont été habitués à cette gymnastique loufoque dont la majeure partie se satisfaisait.
Confronté à des manifestations spontanées qui sortent du cadre purement politique, le pouvoir continue à faire la sourde oreille et à transformer son incapacité à répondre à cette demande naturelle et croissante par des menaces de répression et un aveu d’impuissance qui ne dit pas son nom.
La GéCi interpelle le gouvernement pour apporter une réponse appropriée à chacun des problèmes auxquels il est confronté, à défaut de proposer des solutions idoines.
Les choses deviendraient beaucoup plus compréhensibles si chacun savait à quoi s’en tenir sur la base de délais incompressibles surtout, et non pas refaire le monde, car gouverner c’est prévoir.
Dans le souci d’éviter des arrestations arbitraires et des condamnations expresses comme à l’accoutumée, sans compter les pertes en vies humaines et la dégradation du peu d’édifices publics dont nous disposons, nous demandons aux populations de savoir raison garder.
Il y a d’autres façons de manifester son mécontentement. Nous ne pourrions rien envisager de durable dans une violence aveugle ou la vindicte populaire avec des lendemains incertains.
La paix civile et la concorde nationale devraient être le viatique de tous les citoyens afin que nous puissions sortir de cette spirale infernale, qui déboucherait inexorablement sur une misère accrue de nos populations.
Nous sortons à peine d’un désastre national en Guinée Forestière que l’Etat devrait corriger par une enquête sérieuse et la restauration de l’autorité de l’Etat à travers une meilleure dotation des structures déconcentrées dans un premier temps.
Aujourd’hui, et plus que jamais, il faut gouverner la Guinée avec un langage de vérité qui s’éloigne des thuriféraires qui versent dans l’entropie et des exclusivismes de mauvais aloi.
Il est temps d’avoir des responsables qui répondent de leurs actes dans l’exercice de leur mission régalienne, car les citoyens savent de plus en plus où commencent leurs obligations et où finissent leurs droits, même si cela se manifeste parfois en une violence à bannir.
Cela passe par mettre un terme à l’impunité et à choisir les meilleurs d’entre nous pour permettre à chaque Guinéen de se nourrir, de se loger, de s’éduquer et de se soigner.
Le changement doit dépasser le cadre du simple slogan et se transformer en dévotion.
Je souhaite une bonne fin de Ramadan à tous les musulmans. Dieu fasse que nous puissions honorer à nouveau le jeûne dans la paix, la piété et la santé. Amen.
Fodé Mohamed Soumah
Président de la GéCi
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