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L’épilogue judiciaire du procès de l’attaque de la résidence du président Alpha Condé : la CARFDF dénonce

  Lundi, 22 Juillet 2013 20:40

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logo_CARFDF_01La Coordination des associations des ressortissants du Fouta Djallo en France est consternée par le verdict rendu par la cour d’assisses de Conakry dans le cadre du procès de l’attaque de la résidence privée du président de la République survenue le 19 juillet 2011.

Nous avons suivi avec attention ce procès depuis le début de l’année, rien ne laissait présager un tel verdict, tant les dossiers d’accusations présentés par le procureur étaient vides. Sans doute, ce verdict condamnant des innocents a été influencé en grande partie par une attitude néfaste du président de la République qui ne s’est pas privé de porter des accusations sous fond ethnique à l’endroit des accusés dès les premières minutes de l’évènement, en violation flagrante de la présomption d’innocence, se substituant ainsi de facto aux professionnels de la justice, notamment le pool de juges d’instruction.

Les avocats de la partie civile ont étalé tout au long du procès leurs propres carences, leurs incompétences notoires, leurs incapacités chroniques à étayer les fondements des accusations. Tous ceux qui ont suivi le procès ont constaté les errements du procureur général Williams Fernandez, allant jusqu’à parler de « Complot contre la sécurité de l'Etat et du président de la République, ourdi par l'ethnie peule ».

Le procureur Williams Fernandez dans son réquisitoire n’est jamais parvenu à convaincre l’auditoire de la culpabilité des récents condamnés. Durant le procès, il ne s’est basé que sur des aveux extorqués sous la contrainte, sous la menace et la torture. Un des détenus, le lieutenant Coulibaly fut d’ailleurs tué lors de son interrogatoire, pour refus de coopérer dans la dénonciation de personnes figurant sur une liste d’inculpations préétablie d’avance. Ne dit-on pas en droit pénal que « l’aveu n’est plus la reine des preuves » surtout quand on sait la manière avec laquelle ces aveux ont été obtenus dans cette affaire. Les avocats de la défense ont mis à nu tout au long du procès les incohérences majeures que comportaient les dossiers d’accusation. Le procureur général Fernandez et Fodé Bangoura, le président de la cour d’assises de Conakry n’ont pas fait honneur à la justice guinéenne en condamnant des citoyens sans en apporter le moindre élément matériel tangible ou intentionnel comme preuve dans leurs culpabilisations.

La justice guinéenne a manqué, encore, une occasion de rentrer dans l’histoire par la grande porte, et s’est plutôt embourbée dans les carcans de règlements politico-ethniques. En tombant dans ce piège elle s’est rendue coupable d’une violation manifeste de l’article 8 de la constitution guinéenne qui stipule que « Tous les êtres humains sont égaux devant la loi. Les hommes et les femmes ont les mêmes droits. Nul ne doit être privilégié ou désavantagé en raison de son sexe, de sa naissance, de sa race, de son ethnie, de sa langue, de ses croyances et de ses opinions politiques, philosophiques ou religieuses ».

La Coordination des associations des ressortissants du Fouta Djallo en France apporte d’ores et déjà son soutien moral à tous les Guinéens condamnés injustement dans cette affaire, ainsi qu’à leurs familles respectives.

Elle félicite les vaillants avocats de la défense pour leur courage et leur travail professionnel.

La Cour suprême doit désormais dire le droit dans cette affaire en cassant les condamnations injustes et infondées rendues par la cour d’assises.

Restons mobilisés pour bâtir un véritable Etat de droit dans lequel le respect des libertés individuelles et collectives et l’égalité des citoyens guinéens devant la loi seront garantis.


Le Bureau de la Coordination des associations des ressortissants du Fouta Djallo en France


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