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Union pour le progrès et le renouveau (UPR) : la base demande le départ de Bah Ousmane

  Lundi, 13 Mai 2013 16:17

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logo_UPR_01Rien ne va plus à l'UPR. Les fédérations Europe s'insurgent contre la manière dont ce parti ou ce qui en reste est géré. En effet, de jour en jour, ce parti perd de l'audience. Les démissions de fait ou déclarées comme celle de Fadiga Sékou Chérif (ancien secrétaire à l'information du parti) sont désormais légions. Le Bureau exécutif est impuissant à endiguer cette hémorragie, faute de perspectives pour l'avenir. Bah Ousmane, président de l'UPR, aujourd'hui ministre d’État, est davantage proche du pouvoir que de son parti. Les militants et les fédérations de l'intérieur sont négligés ou abandonnés.

C'est pour dénoncer cette gouvernance du renoncement que le 04/05/2013, à Bruxelles, se sont réunis sous la présidence du coordinateur Europe de l’UPR (Dr Cellou Diallo), les fédérations UPR de France, du Benelux, d’Allemagne et du Canada pour prendre les décisions consignées sous forme de résolution. La résolution en question a pour but de décrire la situation difficile, sinon catastrophique, où se trouve l’UPR aujourd’hui, neuf années après la disparition de Siradiou Diallo, son premier président, et de faire des propositions au Bureau exécutif de leur organisation.

Lisez l’intégralité de la lettre ouverte adressée à Bah Ousmane.

 

UNION POUR LE PROGRES ET LE RENOUVEAU (UPR)

COORDINATION UPR-EUROPE

En 2004, avant le décès de Siradiou Diallo, son premier président, l’UPR était la première force de l’opposition démocratique guinéenne et pesait facilement 20 à 25 % de l’électorat guinéen. Au premier tour de l’élection présidentielle du 14 décembre 1998, en effet, malgré les fraudes massives du pouvoir en place d’alors, son candidat avait recueilli un peu plus de 26% des voix. En 2010, lors des premières élections présidentielles libres, le candidat présenté par le parti n’a recueilli que 0,68% des suffrages exprimés. C’est dire dans quel gouffre est tombé ce parti en neuf (9) ans.

Les causes de ce déclin, endogènes plus qu’exogènes, peuvent se résumer par :

Après l’élection du Pr Alpha Condé, le constat est amer. Tous les sacrifices consentis par les militants pour la survie du parti n’ont profité qu’à quelques personnes dont le président lui-même. En effet, depuis la nomination de ce dernier au poste de ministre, le parti est laissé à l’abandon, les militants sont négligés, les fédérations de l’intérieur n’ont aucune connexion avec le Bureau exécutif à Conakry. Les fédérations de l’extérieur sont oubliées, pour ne pas dire méprisées.

Le parti se délite. Il n’y a pas d’orientation, pas de programme autour duquel les militants peuvent travailler. Il n’y a pas d’informations, ni de directives venant du Bureau exécutif. On n’entend pas le président du parti. Le président Bah Ousmane ne parle pas au nom de l’UPR, ne prend pas de positions sur les sujets brulants de la société guinéenne. L’UPR est devenue une caisse de résonnance du RPG, le faire-valoir des décisions impopulaires du chef de l’Etat et de son gouvernement.

En continuant de collaborer avec le gouvernement actuel, l’UPR ne rame-t-elle pas à contre-courant de l’histoire? Le parti peut-il continuer à soutenir un régime qui poursuit les tueries des enfants de Guinée qui revendiquent dans la rue ? L’UPR peut-elle encore coopérer avec un pouvoir qui, au lieu de réduire la fracture sociale, continue de déchirer le tissu social en poursuivant sa politique actuelle de division ?

Cela fait des années que le Bureau exécutif ne sait plus que réagir et non agir, qu'il a perdu la volonté et le sens de l'avenir qui lui donnaient l'autorité de trier et de rationaliser les priorités de ses militants. Il est dans une spirale d'impuissance et d'irresponsabilité. La situation exige que ce Bureau exécutif soit purement et simplement remplacé.

Ce faisant,

La Coordination UPR-Europe, réunie en session spéciale ce 04/05/2013 à Bruxelles,

Considérant que tous les membres de l’UPR sont égaux en droits et en devoirs,

Considérant les défaillances multiples et diverses citées plus haut, toutes menaçant dangereusement l’existence même de l’Union pour le progrès et le renouveau (UPR), notre héritage commun.

Refusant le culte de la personnalité au sein de l’UPR et prônant un parti républicain responsable, uni, démocratiquement géré par des responsables quotidiennement au service du parti et à l’écoute des militants.

Vu les statuts de l’Union pour le progrès et le renouveau, singulièrement en ces articles 3, 6, 7,8, 9,16, 23, 27 et 29

Vu le congrès du parti tenu à Labé les 18, 19 et 20 juillet 2008,

Vu les résultats du 1er tour de l’élection présidentielle du 27 juin 2010 et le score obtenu par le candidat de l’Union pour le progrès et le renouveau,

Considérant le déficit criard de communication entre la Direction nationale et les structures de base du parti,

Considérant le déficit de transparence dans la gestion des ressources financières du parti, en contradiction avec les dispositions de l’article 23 de ses statuts,

Considérant la sous-responsabilisation des femmes et des jeunes au sein de la Direction nationale du parti, ainsi que l’infantilisation outrancière et inacceptable de ces derniers,

Vu la lettre commune des Secrétaires fédéraux de l’UPR du Benelux, du Canada et de l’Allemagne en date du 26 février 2013, adressée à la Direction nationale du parti,

Vu la lettre-circulaire du 22 avril 2013, convoquant une session spéciale du Comité central, ainsi que celle annonçant son report sans en communiquer les motivations réelles,

Après avoir écouté le compte rendu de Docteur Cellou Diallo, coordinateur UPR-Europe, de retour de Guinée, sur la situation socio-politique dans le pays, mais aussi et surtout la situation au sein de l’Union pour le progrès et le renouveau,

Après avoir écouté les interventions et les recommandations des différentes délégations des fédérations UPR–Europe et celles recueillies par téléphone du fédéral UPR Canada,

Demande avec insistance à la Direction nationale l’organisation du congrès du parti les 19, 20 et 21 juillet prochains conformément à l’article 9 des statuts et 8 du règlement intérieur, en vue de renouveler le Bureau exécutif national.

Réclame la révision des articles 6, 7 et 85 du parti et la création immédiate, en conséquence, d’un collège dirigé par un président intérimaire et comprenant un jeune et une femme au moins et de 2 secrétaires généraux. Ce collège doit être aussi divers que possible et ne peut pas être mono-ethnique. Il présidera aux destinées de l’UPR jusqu’à l’élection d’un nouveau président.

Recommande le déplacement du siège du parti vers un lieu neutre, plus accessible et plus proche de la majorité des militants du parti.

Demande l’interdiction du cumul des mandats et dénonce la confusion et l’opportunité douteuse qui caractérisent l’établissement de la liste électorale nationale du parti pour les élections du 30 juin 2013, concoctée en catimini par téléphone, SMS et de bouche à oreille, loin de la transparence exigée en la matière par les statuts et règlements intérieurs de l’UPR.

Réclame davantage d’indépendance politique du parti envers l’alliance gouvernementale. La solidarité gouvernementale ne doit pas empêcher l’UPR d’avoir sa propre opinion sur les différentes questions d’importance nationale et de la faire connaître clairement à l’opinion publique nationale et internationale.

Demande l’établissement et la publication dans un délai d’un mois, d’un appel d’offre sur l’engagement d’un agent permanent devant servir de vecteur de l’information au sein de l‘Union pour le progrès et le renouveau. Il devra maitriser les outils informatiques, savoir faire des films, écrire et expédier des mails, etc.

Réclame la création, à l’image du comité national des jeunes, d’un Conseil national des sages (CNS). Celui–ci fonctionnera à l’image des comités nationaux des jeunes et des femmes et regroupera les anciens cadres du parti désireux de continuer à servir le parti. Ils seront chargés de veiller à la moralisation de la gestion du parti et seront consultés sur les répercussions sociales et politiques des projets de lois initiés par le parti, avant que ceux-ci ne soient soumis à l’Assemblée nationale pour adoption.

Réclame l’ouverture ou l’officialisation d’un compte bancaire du parti. Les ressources financières du parti doivent être gérées dans la transparence absolue. Les entrées et les sorties d’argent devront être consignées dans un registre comptable et pouvoir être contrôlées. Les pièces justificatives des dépenses effectuées devront être conservée conformément à la lettre et à l’esprit de l’article 23 statuts,


Bruxelles, le 04 mai 2013

Ont signé :
le coordinateur UPR-Europe : Docteur Cellou Diallo,
la fédération UPR du Benelux : Thierno Moussa Diallo, Diallo Mamadou Dian, Bah Mamadou Diouldé, Diallo Elhadj Alpha Oumar, Diallo Souleymane Kindi
la section UPR Anvers : Thierno Ibrahima Diallo
la fédération UPR d’Allemagne : Alhassane Diallo, Diallo Aboubacar, Bailo Barry
la fédération UPR de France : Yacine Sow
pour le bureau des jeunes UPR France : Abdel Nasser Ly
la fédération UPR du Canada : Sadigou Barry, Alpha Ibrahima Baldé

 

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