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Union pour le progrès et le renouveau : on réclame la tête de Bah Ousmane

  Jeudi, 11 Avril 2013 23:33

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Rien ne va plus à l'UPR, le parti que dirige El hadj Bah Ousmane, ministre d’Etat des Travaux publics et Transport.

Dans un courrier interne daté du 26 février 2013 adressé à la direction nationale du parti, trois fédérations mettent en cause le leadership de leur patron et demandent que soit tenu dans les plus brefs délais un congrès de renouvellement des instances dirigeantes de leur formation politique.

La base accuse le sommet d’immobilisme, d’opacité et de gestion clanique et familiale qui a conduit à la perte de souveraineté de leur parti sur l’échiquier politique national.

Faut-il le rappeler, Sékou Chérif Fadiga, ancien membre du bureau politique national de l’UPR avait justifié son départ de l’UPR en disant ceci : « J’ai quitté l’UPR à cause de l’immobilisme dans lequel baigne ce parti politique. Personne ne comprend ses positions sinon qu’il participe au gouvernement du président Alpha Condé et rien d’autre. Moi, je ne pouvais pas continuer de m’en accommoder. »

En attendant de voir la position que va adopter le sommet du parti face à cette fronde, la bataille semble engagée entre les anciens alliés.

Voici in extenso la lettre rendue publique des trois fédérations, adressée à la direction nationale de l’UPR et qui est restée pour l’instant sans réponse.

 

Lettre ouverte des secrétaires fédéraux d’Allemagne, du Benelux et du Canada
adressée la Direction nationale de l’UPR


Monsieur le Président de l’UPR,
Mesdames et Messieurs les membres du Bureau Exécutif National,
Chers Camarades,

De prime abord, nous vous adressons, à vous et à travers vous à l’ensemble de nos militants ainsi qu’à vos familles respectives, nos vœux les meilleurs pour l’année 2013. Que cette nouvelle année soit pour nous tous une année de paix, d’unité retrouvée et de plein succès pour les combats politiques à venir. Aux familles de tous nos militants et responsables qui nous ont quittés, hélas, au courant de l’année 2012 et après, ainsi qu’à tous ceux qui ont perdu des proches, parents ou amis, nous présentons nos sincères condoléances et formulons nos prières pour le repos de leurs âmes au paradis éternel.

L’objet de cette lettre commune est de vous faire part de certaines de nos préoccupations majeures concernant notre formation politique et d’essayer par la même occasion de proposer des pistes de solutions, qui nous semblent appropriées en pareille situation.

En effet, depuis un certain temps, vous n’êtes pas sans savoir que l’UPR traverse une crise sans précédent. La base est totalement déconnectée de la direction nationale du parti comme l’a attesté un membre du bureau politique national qui revenait d’une tournée à l’intérieur du pays, lors de la séance extraordinaire du samedi 05 décembre 2012 au siège du parti. « Un silence de cimetière règne entre les militants et sympathisants du parti et le bureau politique national », déclarait-il dans un article relayé sur le site du parti en date du 09 janvier 2013. Ne pas le reconnaître serait une erreur aux conséquences désastreuses pour notre grande formation politique. Les frustrations grandissent à l’intérieur de nos rangs; l’absence de visibilité de notre parti sur le débat politique national, conséquence probable de sa perte de souveraineté politique, le sentiment d’exclusion dans les prises de décisions, l’ignorance quasi méprisante des militants de base par certains membres de la direction nationale, le manque de transparence dans la gestion du parti, etc., accentuent de jour en jour le désenchantement et le sentiment de trahison chez bon nombre d’entre nous. Le manque de communication politique véritable ne fait que renforcer ces sentiments.

Aujourd’hui nous devons agir ; agir vite et agir bien pour sauvegarder l’unité dans nos rangs et l’intérêt supérieur de notre parti qui, ne l’oublions pas, est un Héritage Commun à préserver à tout prix. Il est important de préciser que notre démarche n’est nullement motivée par une quelconque intention de nuire ou de gêner qui que ce soit. En tant que fidèles militants de l’UPR, nous ne cherchons qu’à œuvrer à la réussite de notre bien commun.

Au décès du président fondateur Siradiou Diallo en 2004, l’UPR, née de la fusion de l’UNR, du PRP et du RNP, était perçue comme l’une des plus grandes formations, sinon la plus grande de l’échiquier politique national. Ce qui d’ailleurs suscita la convoitise de plusieurs leaders politiques. La direction nationale actuelle a hérité de structures qui fonctionnaient à plein régime aussi bien sur toute l’étendue du territoire national qu’à l’étranger. Où en sommes-nous aujourd’hui ? Quelles sont les causes profondes de la démotivation de la base ? Comment allons-nous y remédier ? De par le passé, nous avons connu des moments difficiles, cependant nous avons toujours su trouver, en nous inspirant de l’idéal commun et des textes fondateurs, les ressources et l’énergie nécessaires pour affronter ensemble tous les obstacles qui se dressaient devant nous. Quelle leçon de démocratie, avions-nous à l’époque (en juillet 2007) prodiguée à toute la classe politique guinéenne, en réussissant un congrès national exceptionnel, dans des circonstances toutes particulières ?

La grande famille UPR, doit se retrouver pour discuter, sans passion aucune et sans tabou, faire le bilan depuis le dernier congrès, tirer les enseignements qui s’imposent et s’orienter résolument vers le futur. Des questions essentielles comme : comment redynamiser les structures du parti, comment palier au déficit de communication (interne et externe), comment responsabiliser davantage les jeunes au sein des instances dirigeantes du parti, pourront être les sujets à l’ordre du jour.

Cette grande retrouvaille de l’UPR, nécessaire et utile, peut revêtir diverses formes :

- la tenue d’un congrès ordinaire, ou extraordinaire (sur la base des dispositions de l’article 9 des statuts du parti) ;

- à défaut d’un congrès national, la convocation d’une session du comité central à Conakry ;

- ou la tenue de toute autre instance pouvant rassembler le maximum de responsables de l’UPR (tant au niveau national qu’au niveau international).

- saisir l’opportunité du 14 mars 2013, date de commémoration du 9eanniversaire du décès du Président fondateur pour tenir cette assise.

Il est unanimement reconnu que les recommandations faites jusqu’à nos jours au B.E. sont rarement ou jamais suivies d’effets. Il n’est pas souhaitable d’ignorer ces réflexions qui ne sauraient souffrir de pertinence. Tout en espérant que soit résolue à l’interne la grave crise que traverse notre parti, nous aimerions humblement rappeler cette règle d’or à laquelle aucune formation politique ne peut échapper: quand ça ne va pas, la base s’organise.

Nous fondant sur les dispositions de l’article 16 de nos statuts : « tout membre a le droit d’être informé des décisions et activités du parti » d’une part, et sur notre engagement militant, qui croit aux valeurs de dialogue, de paix et de respect toujours prônées par l’UPR depuis sa création en 1998 d’autre part, nous ne répondons qu’à l’appel du devoir en vous interpellant sur la nécessité de la tenue de cette assise.

Tout en vous souhaitant bonne réception de la présente, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président de l’UPR, Mesdames et Messieurs les membres du Bureau Exécutif National, l’expression de nos salutations militantes.

En double exemplaire, le 26 février 2013.


Ont signés :

1- Diallo Thierno Moussa (Fédéral UPR Benelux)

2- Diallo Mamadou Dian (Secrétaire administratif UPR Benelux)

3- Diallo Alhassane (Fédéral UPR Allemagne)

4- Barry Sadigou (Fédéral UPR Canada)


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