Union pour le progrès et le renouveau : on réclame la tête de Bah Ousmane

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Rien ne va plus à l'UPR, le parti que dirige El hadj Bah Ousmane, ministre d’Etat des Travaux publics et Transport.

Dans un courrier interne daté du 26 février 2013 adressé à la direction nationale du parti, trois fédérations mettent en cause le leadership de leur patron et demandent que soit tenu dans les plus brefs délais un congrès de renouvellement des instances dirigeantes de leur formation politique.

La base accuse le sommet d’immobilisme, d’opacité et de gestion clanique et familiale qui a conduit à la perte de souveraineté de leur parti sur l’échiquier politique national.

Faut-il le rappeler, Sékou Chérif Fadiga, ancien membre du bureau politique national de l’UPR avait justifié son départ de l’UPR en disant ceci : « J’ai quitté l’UPR à cause de l’immobilisme dans lequel baigne ce parti politique. Personne ne comprend ses positions sinon qu’il participe au gouvernement du président Alpha Condé et rien d’autre. Moi, je ne pouvais pas continuer de m’en accommoder. Â»

En attendant de voir la position que va adopter le sommet du parti face à cette fronde, la bataille semble engagée entre les anciens alliés.

Voici in extenso la lettre rendue publique des trois fédérations, adressée à la direction nationale de l’UPR et qui est restée pour l’instant sans réponse.

 

Lettre ouverte des secrétaires fédéraux d’Allemagne, du Benelux et du Canada
adressée la Direction nationale de l’UPR


Monsieur le Président de l’UPR,
Mesdames et Messieurs les membres du Bureau Exécutif National,
Chers Camarades,

De prime abord, nous vous adressons, à vous et à travers vous à l’ensemble de nos militants ainsi qu’à vos familles respectives, nos vœux les meilleurs pour l’année 2013. Que cette nouvelle année soit pour nous tous une année de paix, d’unité retrouvée et de plein succès pour les combats politiques à venir. Aux familles de tous nos militants et responsables qui nous ont quittés, hélas, au courant de l’année 2012 et après, ainsi qu’à tous ceux qui ont perdu des proches, parents ou amis, nous présentons nos sincères condoléances et formulons nos prières pour le repos de leurs âmes au paradis éternel.

L’objet de cette lettre commune est de vous faire part de certaines de nos préoccupations majeures concernant notre formation politique et d’essayer par la même occasion de proposer des pistes de solutions, qui nous semblent appropriées en pareille situation.

En effet, depuis un certain temps, vous n’êtes pas sans savoir que l’UPR traverse une crise sans précédent. La base est totalement déconnectée de la direction nationale du parti comme l’a attesté un membre du bureau politique national qui revenait d’une tournée à l’intérieur du pays, lors de la séance extraordinaire du samedi 05 décembre 2012 au siège du parti. « Un silence de cimetière règne entre les militants et sympathisants du parti et le bureau politique national Â», déclarait-il dans un article relayé sur le site du parti en date du 09 janvier 2013. Ne pas le reconnaître serait une erreur aux conséquences désastreuses pour notre grande formation politique. Les frustrations grandissent à l’intérieur de nos rangs; l’absence de visibilité de notre parti sur le débat politique national, conséquence probable de sa perte de souveraineté politique, le sentiment d’exclusion dans les prises de décisions, l’ignorance quasi méprisante des militants de base par certains membres de la direction nationale, le manque de transparence dans la gestion du parti, etc., accentuent de jour en jour le désenchantement et le sentiment de trahison chez bon nombre d’entre nous. Le manque de communication politique véritable ne fait que renforcer ces sentiments.

Aujourd’hui nous devons agir ; agir vite et agir bien pour sauvegarder l’unité dans nos rangs et l’intérêt supérieur de notre parti qui, ne l’oublions pas, est un Héritage Commun à préserver à tout prix. Il est important de préciser que notre démarche n’est nullement motivée par une quelconque intention de nuire ou de gêner qui que ce soit. En tant que fidèles militants de l’UPR, nous ne cherchons qu’à œuvrer à la réussite de notre bien commun.

Au décès du président fondateur Siradiou Diallo en 2004, l’UPR, née de la fusion de l’UNR, du PRP et du RNP, était perçue comme l’une des plus grandes formations, sinon la plus grande de l’échiquier politique national. Ce qui d’ailleurs suscita la convoitise de plusieurs leaders politiques. La direction nationale actuelle a hérité de structures qui fonctionnaient à plein régime aussi bien sur toute l’étendue du territoire national qu’à l’étranger. Où en sommes-nous aujourd’hui ? Quelles sont les causes profondes de la démotivation de la base ? Comment allons-nous y remédier ? De par le passé, nous avons connu des moments difficiles, cependant nous avons toujours su trouver, en nous inspirant de l’idéal commun et des textes fondateurs, les ressources et l’énergie nécessaires pour affronter ensemble tous les obstacles qui se dressaient devant nous. Quelle leçon de démocratie, avions-nous à l’époque (en juillet 2007) prodiguée à toute la classe politique guinéenne, en réussissant un congrès national exceptionnel, dans des circonstances toutes particulières ?

La grande famille UPR, doit se retrouver pour discuter, sans passion aucune et sans tabou, faire le bilan depuis le dernier congrès, tirer les enseignements qui s’imposent et s’orienter résolument vers le futur. Des questions essentielles comme : comment redynamiser les structures du parti, comment palier au déficit de communication (interne et externe), comment responsabiliser davantage les jeunes au sein des instances dirigeantes du parti, pourront être les sujets à l’ordre du jour.

Cette grande retrouvaille de l’UPR, nécessaire et utile, peut revêtir diverses formes :

- la tenue d’un congrès ordinaire, ou extraordinaire (sur la base des dispositions de l’article 9 des statuts du parti) ;

- à défaut d’un congrès national, la convocation d’une session du comité central à Conakry ;

- ou la tenue de toute autre instance pouvant rassembler le maximum de responsables de l’UPR (tant au niveau national qu’au niveau international).

- saisir l’opportunité du 14 mars 2013, date de commémoration du 9eanniversaire du décès du Président fondateur pour tenir cette assise.

Il est unanimement reconnu que les recommandations faites jusqu’à nos jours au B.E. sont rarement ou jamais suivies d’effets. Il n’est pas souhaitable d’ignorer ces réflexions qui ne sauraient souffrir de pertinence. Tout en espérant que soit résolue à l’interne la grave crise que traverse notre parti, nous aimerions humblement rappeler cette règle d’or à laquelle aucune formation politique ne peut échapper: quand ça ne va pas, la base s’organise.

Nous fondant sur les dispositions de l’article 16 de nos statuts : « tout membre a le droit d’être informé des décisions et activités du parti » d’une part, et sur notre engagement militant, qui croit aux valeurs de dialogue, de paix et de respect toujours prônées par l’UPR depuis sa création en 1998 d’autre part, nous ne répondons qu’à l’appel du devoir en vous interpellant sur la nécessité de la tenue de cette assise.

Tout en vous souhaitant bonne réception de la présente, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président de l’UPR, Mesdames et Messieurs les membres du Bureau Exécutif National, l’expression de nos salutations militantes.

En double exemplaire, le 26 février 2013.


Ont signés :

1- Diallo Thierno Moussa (Fédéral UPR Benelux)

2- Diallo Mamadou Dian (Secrétaire administratif UPR Benelux)

3- Diallo Alhassane (Fédéral UPR Allemagne)

4- Barry Sadigou (Fédéral UPR Canada)


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Commentaires  

 
-5 #10 Patriote 13-04-2013 14:05

Mamadou M Diallo,
Admettons que je me sois trompé en parlant de Alpha au lieu de la communauté peulh. Mais à la lecture de mon commentaire vous comprenez aussi que je ne diabolise pas la communauté peulh. Ç'aurait été ma propre communauté forestière, je l'ai d'ailleurs souligné, ce serait la même réaction, la même détermination sinon la plus virulente. Ce qui donne l'illusion sur moi sur ce forum à beaucoup d'internautes, c'est que la plupart des articles sont écris par des peulhs, la plupart sinon tous les articles défendent l'opposition. Or, je ne suis pas toujours d'accord sur tous ces sujets. Si tout ce qui se dit s'écrivait sur un seul forum, le monde saurait qui réellement je suis.
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+4 #9 MAMADOU M. DIALLO 13-04-2013 04:40

Patriote,
Tu ne m'as pas compris. Essaie de relire mon commentaire, tu sauras que fais allusion a la communaute dont tu parles et non Alpha Conde.
Diallo Mamadou
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-2 #8 Patriote 12-04-2013 20:03

Alhousseny,
L'UPG, le RPG et même l'UFDG que vous n'avez pas cité ne sont pas à mes yeux des partis nationaux. Ce sont tous des partis régionaux dont les poids dépendent des populations du leader ou du fondateur.
Il fut un moment où on parlait de plus en plus de l'UFR de Sidya Touré comme étant le seul parti vraiment national. Je ne sais pas ce qu'il en est aujourd'hui.
J'en profite pour vous raconter une petite histoire que j'ai vécue. En fait, entre les deux tours de la présidentielle, une délégation d'un des deux candidats arrivés au second tour est venue me voir en tant que personne ressource pour solliciter mon appuie auprès de ma région. Permettez-moi de ne pas dévoiler le nom du parti ou de la coalition. La délégation était composée de 5 membres. Figurez-vous que tous ces 5 membres étaient originaires de la même région pour ne pas dire de la même famille. Pensez-vous que je pouvais le faire ? Pensez-vous qu'un homme bien mûr appuyerait leur démarche ? À mon tour, je leur ai simplement demandé s'ils venaient me voir pour leur région ou pour toute la Guinée. Étonnés, ils m'ont demandé pourquoi. Je leur ai répondu puisqu'ils viennent tous de la même région. Ils n'ont pu se défendre.
Tout ceci pour dire que le noyau dur d'un parti doit être conçu au tour d'un échantillon représentatif de toute la société guinéenne, de même que les actions du parti doivent se dérouler avec la même intensité dans toutes les régions, villes, villages et quartiers.
Pour terminer, vous commettez une grave erreur. Je n'ai pas dit que je n'adhère pas à un parti dont le leader n'est pas de ma région. J'ai dit qu'il appartient au parti de veiller à l'équiibre régional en allant dans toutes les régions.
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+3 #7 Alhousseny 12-04-2013 16:04

Patiote,
Que fait l'UPG ou le RPG que ne ferait pas l'UPR en termes de "mouillage de maillot" ? A mon avis, rien. Alors pourquoi chacun de ses partis a tres majoritairement des militants appartenant a une meme communaute qui est generalement celle du dirigeant du parti ? Aucun parti politique guineen ne se definit comme un parti regional au contraire; ils se definissent tous comme des partis nationaux. Alors si vous n'adherer pas a un parti dont le dirigeant est d'une autre communaute ethnique que vous, est-ce au parti de faire un examen de conscience ou a vous-meme ?
Comme je vous connais maintenant, je vais preciser les choses pour eviter un proces d'intention. Tout ce que je dis ici, c'est dans le principe, ce qui signifie que cela vaudrait pour un autre parti politique que l'UPR. Et le "vous" n'est pas necessairement pour vous, Patriote, mais le "vous" au sens impersonnel.
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+2 #6 Patriote 12-04-2013 15:29

Alhousseny,
Je n'adhère pas à l'UPR ni à aucun autre parti parce que je veux rester neutre.
Par ailleurs, c'est vrai que les partis ne recrutent pas leurs militants comme le font les entreprises pour leurs employés, mais lorsqu'un parti n'enregistre que l'adhésion des militants d'une seule région, les dirigeants doivent faire un examen de conscience pour rectifier le tir soit en mouillant le maillot pour aller vers les autres, soit en revoyant leur programme politique.
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+4 #5 Alhousseny 12-04-2013 15:03

Patriote,
Rien ne vous empeche d'adherer a l'UPR pour en faire un parti "d'envergure nationale" comme vous dites. Au cas ou vous ne le sauriez pas, ce ne sont pas les partis qui recrutent, mais les citoyens qui adherent au partis. Alors la bonne question est: pourquoi vous n'adherez pas a un parti comme l'UPR ?
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+2 #4 Patriote 12-04-2013 12:37

Mamadou M Diallo,
Pensez-vous réellement que je diabolise Alpha Condé ? Si oui, en quoi faisant ?
Mon cher Diallo, croyez moi ou pas, je suis foncièrement contre l'ethnocentrisme. Ç'aurait été un parti dont les représentants ne seraient que des Lamah, Loua, Mamy, Tolno, Léno, Guilavogui, Béavogui,etc... ma réaction serait la même sinon plus virulente.
Retenez que nous sommes une société hautement tribalisée et pour son équilibre social, elle doit reposer sur toutes les ethnies du pays. Toute association, toute organisation ou tout parti politique qui ne repose que sur les ressortissants d'une région ne réussira jamais en Guinée. Même si ce parti prenait le pouvoir (attention je ne me refère à aucun parti), il ne ferait pas long feu.
J'ai vraiment horreur de l'ethnocentrisme à tel enseigne que parfois je me demande à quoi sert une amitié entre parents de la même région. Des amis, j'en ai de toutes les régions.
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+7 #3 Gandhi 12-04-2013 06:54

Citation en provenance du commentaire précédent de Patriote:
Quatre signataires tous de la même communauté. Quand allons-nous avoir des partis d'envergure nationale où tous les guinéens s'y retrouvent et se reconnaissent ?

Ça prendra du temps, car les Guinéens doivent être éduqués politiquement, ce qui peut prendre 3 ou 4 générations. Il faut avoir un modèle qui se perpétue, et ce n'est pas l'intérêt de beaucoup de monde, y compris à l'extérieur de la Guinée.
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+8 #2 MAMADOU M. DIALLO 12-04-2013 04:41

Patriote, tu oublies trop vite, car l'UPR avait soutenu Alpha Conde a la presidentielle qui est bourkinabe d'origine contre une personne de cette meme communaute que tu veux diaboliser. Il continue de soutenir un gouvernement qui n'est compose que de personnes venant du manding.
Diallo, Mamadou
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0 #1 Patriote 12-04-2013 00:25

Quatre signataires tous de la même communauté. Quand allons-nous avoir des partis d'envergure nationale où tous les guinéens s'y retrouvent et se reconnaissent ?
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