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Mémorandum du Bloc Libéral pour la sortie de crise en Guinée
Vendredi, 08 Mars 2013 21:27
La Guinée a connu en 2010 ses premières élections présidentielles sur la base d'un véritable espoir de démocratie et d’un retour définitif à l’ordre constitutionnel et à la paix sociale. L’élection du président de la République devait contribuer à mettre fin à la longue période transitoire que connait le pays, par la tenue d’élections législatives, libres, transparentes et crédibles. Malheureusement, deux ans et demi après l’investiture du nouveau Président, la transition est loin d’être finie et le pays est retombé dans le blocage politique et la fracture sociale. La violation des droits et des libertés est fragrante. L’impunité et l’insécurité sont caractéristiques de la situation actuelle du pays. La Guinée est plus que jamais fragilisée et les tensions sociales sont vives. La paix et la réconciliation nationale sont profondément compromises. L’activité économique est au ralenti. Le chômage et la pauvreté vont crescendo.
Or, le 21 décembre 2010, date de sa prestation de serment, le président Alpha Condé avait pourtant déclaré qu’il est « le président de tous les Guinéens… » Il a ajouté que : « le changement que nous prônons, n’est pas dirigé contre un parti politique ou contre une ethnie, encore moins, contre une catégorie sociale ou socioprofessionnelle ». Ce discours qui avait pourtant soulevé tant d’espoir est loin de la réalité que la Guinée vit de nos jours.
La crise sociopolitique actuelle est donc le résultat d’un manque de cadre consensuel de dialogue et pire d’une politique fondée sur l’exclusion et le mépris de l’Autre.
Devant cette situation, le Bloc Libéral constate, avec regret, que les Guinéens continuent encore à faire les frais de l’arbitraire entretenu par l’Etat au mépris même de la Constitution et des lois qui protègent chaque citoyen. En l’absence d’institutions républicaines solides, et grâce à l’impunité devenue légendaire, ces atrocités continuent à s’inscrire dans la même logique de violences politiques qu’à connu la Guinée : en janvier et février 2007, le 28 septembre 2009, le 3 avril 2011, le 27 septembre 2011, la nuit du 3 au 4 août 2012 à Zogota, le 21 septembre 2012 etc. Tous ces crimes non élucidés plongent le pays dans une situation délétère.
Au regard de ce constat, le Bloc Libéral réaffirme son attachement aux principes ci-après :
- préservation de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale ;
- respect des libertés, de l’Etat de droit et de la dignité humaine ;
- sauvegarde de la démocratie et renforcement des institutions ;
- protection des citoyens et de leurs biens.
Rappelant le fait que le pays est encore dans une transition inachevée et en référence aux principes ainsi énumérés, le Bloc Liberal recommande un moment d’arrêt et de réflexion pouvant éviter la précipitation. Car, dans la précipitation, c’est encore une fois une décision importante sur l’avenir de la Guinée qui serait prise sans consulter le peuple sous prétexte que nous manquons de temps. En plus, dans la précipitation, et encore une fois, il s’agirait de facto d’une répétition de l’histoire, de la conquête d’un idéal qui a démontré ses défaillances, donc de remettre en place le système qui a fait défaut.
En accord avec cette recommandation, le Bloc Liberal adopte une proposition de sortie de crise articulée autour des points suivants :
1. Libérer immédiatement tous les prisonniers politiques et dédommager tous ceux qui ont été arbitrairement arrêtés et ceux dont les biens ont été saccagés ou volés par les forces de l’ordre y compris les commerçants ayant perdu leurs biens.
2. Faire arrêter systématiquement toutes les activités de la CENI sur toute l’étendue du territoire national.
3. Organiser des élections couplées (présidentielle et législatives) en 2015. La tenue des élections législatives maintenant ne fera que plonger le pays dans une crise profonde aux conséquences imprévisibles et désastreuses.
D’ici à 2015, il faudra :
- Mettre en place une véritable commission électorale indépendante dotée de compétences et de vrais pouvoirs. Celle-ci sera technique à l’image de l’organe en charge des élections au Ghana et dotée d’une administration électorale permanente et indépendante. Cela nécessitera une nouvelle loi portant création, organisation et fonctionnement de la Commission electorale nationale indépendante (CENI) et la révision du Code électoral.
- Procéder au recrutement en toute indépendance d’un opérateur compétent pour élaborer un fichier électoral fiable, à travers une révision du fichier existant en toute transparence.
- Elaborer, adopter et mettre en œuvre un chronogramme permettant la tenue effective d’élections justes et crédibles dans un climat apaisé.
4. Mettre en place un gouvernement d’union nationale, bénéficiant de la caution politique et sociale et composé essentiellement de cadres compétents et intègres, dirigé par un Premier ministre aux pouvoirs élargis que le Président ne pourra pas démettre d’ici la fin de la transition en 2015. Le choix du Premier ministre sera fait sur la base d’un profil qui sera défini par consensus.
5. Mettre en place un cadre de concertation durant toute la période transitoire avec une facilitation internationale de haut niveau. La certification technique de la fiabilité du fichier électoral sera faite par la médiation internationale.
6. Mettre en place un véritable programme de réconciliation nationale du niveau local au niveau national. Ce programme devra être basé sur la mise en place de « contrat local de cohésion sociale » et sur l’établissement de la vérité et de la justice.
7. Réformer le Conseil national de la transition (CNT) pour l’adapter aux nouvelles réalités.
8. Réviser et faire adopter par référendum la Constitution basée sur les réalités du pays et non une constitution copiée-collée, taillée sur mesure et écrite au nom et à la place du peuple. Les consultations communautaires devraient être privilégiées.
9. La mise en place d’un système de contrôle permanent de la fiabilité du fichier électoral par les experts de la mouvance et de l’opposition.
Une feuille de route accompagnera ce mémorandum dans les jours à venir.
Conakry, le 8 mars 2013
Le Bloc Libéral
NB : tous les gestionnaires de la période transitoire, y compris le président de la République ne seront pas candidats aux élections présidentielles et législatives.
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Commentaires
Faya est un apprenti politicien. Il a besoin de conseil.
Sa première erreur est d'avoir annoncé la création de son parti sans avoir l'agrément. Je crois que si c'était à refaire, il le ferait autrement.
Sa deuxième erreur, est de vouloir jouer aux extrêmes, mais ce n'est pas en agissant ainsi qu'il va pénétrer le marché et augmenter ses parts en langage managériale.
Cisko, les élections ne doivent pas se faire à n'importe quel prix. Lis mon texte "AC, quitte ou double (p1) et surtout le second (p2), pour voir qu'elles cristallisent les différentes positions politiciennes. Même si la population ne voit rien, tout se joue là , d'autant que l'espoir d'un développement minier - la seule voie selon AC - s'assombrit fortement.
Traduction : dès qu'un pouvoir utilise la violence pour imposer ses vues, et quand bien même elles seraient contraires à ce que souhaite la population, il faut laisser faire. Ai-je bien compris votre message ?
Ce que je dis c'est que si le recours à la force est une éventualité que n'écarte pas l'opposition, celle-ci doit l'avoir pensé à la lumière du rapport de force sur le terrain (civils/militaires) et appris des dernières marches (represailles post-manifs dans des quartiers ciblés).Et ce n'est pas être nian-nian que de rappeler l'importance de la protection des vies humaines car loins d'être des consentants enthousiastes au martyr, les manifestants se battent pour l'amélioration effective de leurs conditions de vie. Aussi, n'est-ce pas le service minimum qu'on est en droit d'attendre de la stratégie de l'opposition?
... mais de grâce n'oublions jamais que notre premier devoir est de préserver la vie, car rien, aucune victoire politique ne devrait justifier ce que nous avons connu: des jeunes ayant des pierres pour toute défense qui se font canarder par des milices armées.
Traduction : dès qu'un pouvoir utilise la violence pour imposer ses vues, et quand bien même elles seraient contraires à ce que souhaite la population, il faut laisser faire. Ai-je bien compris votre message ?
En parodiant une des paroles du Christ sur la croix "Père, pardonne leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font" en "Pardonnez leur, car ils ne savent pas ce qu'ils disent", je veux indiquer aux commentateurs, que vous êtes loin de ce qui se trame.
Vous n'imaginez quand même pas que l'opposition va attendre bêtement qu'AC fasse ce que bon lui semble sans réagir. Qu'il franchisse la ligne rouge (il s'apprête à le faire, et c'est bien dans sa logique), et les propositions du BL vous paraîtront bien fades, à côté des digressions que je vais publier la semaine prochaine.
Ghandi,
Je ne sais pas jusqu'à quel point vous êtes dans le secret des dieux ni votre implication dans la stratégie de l'opposition, mais de grâce n'oublions jamais que notre premier devoir est de préserver la vie, car rien, aucune victoire politique ne devrait justifier ce que nous avons connu: des jeunes ayant des pierres pour toute défense qui se font canarder par des milices armées.
Pour moi, si les conditions de sécurité et la possibilité d'une légitime défense ne sont pas réunies, parler du départ d'Alpha est pure folie, folie qui nous rendrait en dfinitive complices des tueurs ...
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EKZ 07/03/2013 06:58:09
Du fait de la crise de confiance entre les acteurs politiques et du fait du climat politique tendu qui en découle, l’opposition dans sa configuration actuelle n’avalisera pas une victoire du camp présidentiel qui logiquement, tient à obtenir une majorité absolue au parlement. C’est donc dire que nous retomberons aussitôt dans une nouvelle crise politique d’une autre dimension avec son corolaire accentué de dégâts matériels et de perte en vies humaines. Plus que jamais, je suis de ceux qui ne croient nullement en la possibilité d'organiser des élections législatives transparentes et crédibles au cours de cette année 2013. En l’absence d’un cadre structurel de négociation, au vu des exigences de temps pour régler les problèmes logistiques et aplanir la polémique autour de l'opérateur "Waymark", au vu des exigences de temps pour le choix de son remplaçant éventuel, pour la révision des listes électorales, pour la résolution des questions liées au fonctionnement de la CENI et de ses démembrements, du problème du vote des guinéens de l’extérieur, en raison du temps requis pour la mise en place du financement et de la mise en place des instances internationales de validation du processus électoral, en raison surtout du temps déjà écoulé dans le mandat du Président Alpha Condé, il me semble que la meilleure option de sortie de crise serait d'annuler carrément les législatives pour les coupler avec les présidentielles de 2015. J'ose croire que la concomitance de ces deux échéances est la seule façon de garantir un parlement qui ne serait pas d’office sous la coupe d'un Président élu à l’ avance ou réélu et qui pourrait ainsi servir de véritable contrepoids au pouvoir. Il y va de l'intérêt supérieur de la nation et dans cet ordre d’idées, j'invite toute la classe politique plurielle et le pouvoir à mettre cette considération au dessus des jeux de positionnement personnels."
Vous n'imaginez quand même pas que l'opposition va attendre bêtement qu'AC fasse ce que bon lui semble sans réagir. Qu'il franchisse la ligne rouge (il s'apprête à le faire, et c'est bien dans sa logique), et les propositions du BL vous paraîtront bien fades, à côté des digressions que je vais publier la semaine prochaine.
Faya sait s'il y'a elections aujourd'hui son parti et bien d'autres ne seront plus de ce monde. C'est simple que ca!
Je ne crois pas Faya soit ce politicien qui ne se préoccupe que d'élections, comme ces anciens PM. Faya est l'homme qui veut une Guinée moderne où le droit triomphe sur la violence ou le communautarisme. C'est le seul qui s'indigne de l'idéologie de l'exclusion prôné par le diable, Alpha Condè. Croyez-le ou non, il est trop naif de croire qu'il y aura la paix en s'accommoder à cette idéologie satanique.
Dites tout ce que vous voulez dire, mais je sais que ce que Faya demande est impossible. Mais puisque vous y tenez, alors wait and see, comme dirait l'autre.
Bien à vous !
Comment peut-on imaginer un seul instant que Alpha soit exclu d'une élection ?
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Parce que Alpha a montré ses limites, il n'est pas à la hauteur et s'est revélé être pluôt l'incarnation du diable, tueur, voleur et pire destructeur de l'unité du pays, chose que nous ne connaissions pas. Bref, il est la malédiction guinéenne.
Ce n'est pas parce qu'Alpha a des activistes que Faya ne doit pas faire ses propositions. Il est évident qu'on ne peut les obtenir dans un plateau d'argent, mais c'est possible.
Comment peut-on imaginer un seul instant que Alpha soit exclu d'une élection ?
Les tricheurs (violations systématiques de la constitution, donc des règles du jeu) et assassins (pas loin de 25 manifestants morts depuis Décembre 2010), la Guinée n'en veut plus. Il ne lui reste plus qu'à allumer la mèche, et...
Comment peut-on imaginer un seul instant que Alpha soit exclu d'une élection ?
Il est donc grand temps que Faya se ressaisse et revienne sur terre.
Finalement un parti politique qui ose ce pari !!








