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Communiqué de presse de l’association Pottal33 ‒ Procès des présumés coupables de l’attaque du 19 juillet 2011

  Vendredi, 01 Mars 2013 15:35

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Pottal33, l’association des Peuls et sympathisants de la région d’Aquitaine, suit avec beaucoup de préoccupations et d’inquiétudes le déroulement du procès des présumés coupables de l’attaque le 19 juillet 2011 du domicile privé du président de la République Alpha Condé.

La plupart des accusés sont détenus depuis cette date. Ils ont fait part, avec leurs avocats, de nombreux cas de tortures et de violations de leurs droits pour leur extorquer des aveux lors de la phase d’instructions du procès.

Pottal33 salue la retransmission du procès par les médias d’Etat. Cela a permis de constater à quel point, fort malheureusement, la justice guinéenne est dans un état délabré. La légèreté avec laquelle le procès est mené, le non-respect de la procédure judiciaire et des principes élémentaires (protection sous scellés des preuves, expertises balistiques, etc.) restent assez préoccupants. Il en est de même de la formation des magistrats et avocats. Dans ces conditions, il est très regrettable de constater que les citoyens guinéens continueront encore à faire face à l’arbitraire. Pourtant les états généraux de la justice tenus en mars 2011 préconisaient de finir avec les vieilles pratiques dans ce secteur et de « rendre le pouvoir judiciaire indépendant et fort ».

Il est étonnant que ni le ministère de la Justice, ni celui des Droits humains ne se soient mobilisés pour qu’une justice équitable soit rendue dans cette affaire. De même, Pottal33 est préoccupée par le fait que ni l’opposition politique, ni les représentants de la société civile guinéenne ne se sont fait entendre afin de faire respecter les droits humains et la présomption d’innocence des accusés.

Pottal33 rappelle que l’histoire guinéenne a été jalonnée par de nombreux cas flagrants de violations des droits humains, au mépris de la Constitution qui protège chaque citoyen. Des milliers de Guinéens ont fait les frais d’une justice qui semble instrumentalisée au service du pouvoir central. Pour rappel, parmi les plus récents crimes, ceux de janvier et février 2007, du 28 septembre 2009 (reconnu crime contre l’humanité), d’août 2012 à Zogota, ne sont toujours pas élucidés.

C’est pourquoi, dans cette phase de la transition où la Guinée tente très difficilement de faire l’apprentissage de la démocratie, au prix du sacrifice de nombreuses âmes, Pottal33 recommande avec insistance aux autorités politiques et judiciaires de faire honneur au pays en faisant respecter le droit et les exhorte, dans le strict respect de la loi, de prendre des mesures pour établir toute la lumière sur l’affaire du 19 juillet. La sérénité du pays et l’avenir collectif en dépendent.


Bordeaux, le 25 février 2013

Le Bureau de Pottal33


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