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Mémorandum de Pottal-Fii-Bhantal Fouta-Djalon : massacres du 28 septembre 2009

  Dimanche, 30 Septembre 2012 13:17

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logo_Pottal_Fii_Bhantal_01Il y a trois années de cela, la junte militaire commandita le massacre de manifestants de l'opposition en Guinée, ciblant particulièrement certaines ethnies. Près de 200 personnes furent sauvagement assassinées et au moins 100 femmes violées en plein jour. Trois années après, nous sommes réunis ici, à la Place des Nations-Unies, une fois de plus. Nous aurions pu lire à haute voix la déclaration publiée l'année dernière, pour marquer le fait qu’aucun progrès n'a été réalisé pour que les accusés de ces crimes rendent compte de leurs actes. Cette absence de progrès est due au climat d'impunité entretenu par le gouvernement d'Alpha Condé.

Des Guinéens et des organisations de droits humains sont surpris du fait que M. Condé protège et récompense des militaires accusés de crimes, en maintenant, notamment, deux des principaux accusés dans son cabinet. Cependant, ni la CEDEAO, ni le gouvernement guinéen n’ont pris de mesures pour entendre le responsable principal du massacre, le capitaine Dadis Camara, qui vit actuellement au Burkina Faso. Il est de plus en plus évident que le gouvernement guinéen est déterminé à ne pas poursuivre les crimes du 28 septembre 2009. Étant donné que la Guinée a clairement démontré qu'elle ne veut pas et ne peut pas poursuivre l'affaire, l'aide de la communauté internationale est nécessaire pour que le dossier soit transféré à la Cour Pénale Internationale le plus rapidement possible. Ce laxisme n’est qu’un déni de justice.

La justice pour les victimes du massacre du 28 septembre est notre principal objectif. En même temps, nous veillerons à ce que ces tragédies cessent en Guinée. Même si M. Alpha Condé n'était pas aux affaires quand les massacres du 28 septembre eurent lieu, son refus d'enquêter et de poursuivre les personnes responsables n'est qu'un exemple de l'impunité avec laquelle il veut gouverner. Cette impunité, en plus des pratiques dictatoriales et la singularisation ethnique, se traduit par des arrestations massives, des incarcérations illégales et indéfinies, la torture et les exécutions extrajudiciaires. Les dangers posés par M. Alpha Condé sont comparables à ceux de la junte militaire qui commit le massacre du 28 septembre 2009.

La menace de génocide en Guinée est palpable. En effet, le génocide ne se fait pas du jour au lendemain. Ses causes s'accumulent sur une longue période, avec l'exclusion sociale, des milices ethniques et des forces paramilitaires, l’impasse politique et la corruption généralisée dans un climat de difficultés économiques. Toutes ces conditions sont à l'œuvre en Guinée, étranglant en silence notre pays. Aucun pays, aucune institution internationale ne pourrait invoquer l'ignorance sur l'avenir inquiétant que confronte la Guinée. Sans mesures drastiques et proactives, le Guinée s’enfoncera dans le chaos, menaçant dans le processus la stabilité de l'Afrique de l'Ouest.

Nous saisissons cette occasion solennelle pour lancer un avertissement au gouvernement guinéen sur notre volonté d’obtenir la justice pour les victimes et de prévenir d’autres massacres par le maintien de la pression sur M. Alpha Condé et son administration.

Durant les trois dernières années, Pottal-Fii-Bhantal a travaillé sans relâche à cette fin. Dans ce processus, nous avons bénéficié d'un soutien considérable de la part des citoyens guinéens qui, plus que jamais, sont conscients de la nécessité d'éradiquer l'impunité pour permettre à la Guinée de sortir des séquelles de régimes totalitaires et militaires. Nous rappelons à tous les Guinéens qu'il n'y a pas de combat plus noble que l'établissement du respect des lois dans notre pays comme condition préalable à la démocratie. Nous sommes heureux de constater que les citoyens guinéens de tout horizon, de toutes les ethnies et d’opinions politiques diverses, se sont mobilisés pour rendre hommage aux victimes et ont promis de ne jamais abandonner la lutte contre les responsables du massacre du 28 septembre 2009.

Nous avons également bénéficié du soutien bienveillant de militants, de dirigeants de mouvements civiques et des droits l’homme ainsi que de fonctionnaires de gouvernements étrangers ou d’organisations de développement. Au nom des victimes sans voix et de leurs familles en Guinée et dans le monde, nous les remercions du fond du cœur.

Pottal-Fii-Bhantal lance un appel à tous les segments de la population guinéenne à la mobilisation pour prévenir les menaces qui pèsent sur notre pays. Nous encourageons les citoyens guinéens à poursuivre tous les moyens légaux pour s'opposer à l’instauration d’une nouvelle dictature dans notre pays. Nous demandons à la communauté internationale de ne pas tourner la face, comme elle le fit durant les 54 dernières années. Étant donné l'héritage politique de la Guinée, son implication est cruciale pour que notre pays devienne une véritable «démocratie émergente».

Comme nous l'avons fait l'année dernière, Pottal Fii-Bhantal appelle tous les acteurs sociaux, qui s’intéressent à la justice en tant que fondement d'une véritable démocratie en Guinée, à s'unir autour du programme crucial de la lutte contre l'impunité et de continuer la pression sur les autorités guinéennes.

 A nos sœurs et frères qui vivent avec les séquelles des violences, nous leur assurons de notre soutien indéfectible. Nous prions que Dieu le Tout Puissant accorde sa miséricorde aux âmes de ceux qui ont perdu leur vie pour l'émergence de la démocratie en Guinée.


La commission centrale de Pottal-Fii-Bhantal Fouta-Djalon - États-Unis


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