Mardi, 04 Septembre 2012 15:37
Stop aux mensonges et aux crimes d’Etat, disons la vérité, rien que la vérité, maintenant, avant qu’il ne soit trop tard pour sauver notre pays !
Depuis quelques mois, nous assistons à un florilège, une cascade de révélations aussi retentissantes les unes que les autres. Nous nous doutions, comme le disait Shakespeare, qu’« il y a quelque chose de pourri dans le Royaume du Danemark ». Notre pays, la Guinée, est à un tournant historique, à la croisée des chemins, mais il nous appartient de saisir cette occasion pour en tirer le meilleur profit.
Il faut remonter à la période de l’entre-deux tours des élections présidentielles, l’une des périodes les plus mouvementées qu’a connues notre pays, puisqu’il a fallu près de 4 mois et demi, entre le premier, ayant donné Cellou Dallein Diallo de l’UFDG largement vainqueur avec plus de 43% des voix exprimées, suivi d’Alpha Condé avec 18%, et le second tour. Durant cette longue période, des tractations, des manipulations, de la corruption, des discours du leader du RPG Alpha Condé et de son clan, attisant une haine ethnique envers la communauté peuhle, ont eu lieu, courant le risque de conflits inter-ethniques.
Le point d’orgue de ce fascisme anti-peuhl fut sans doute, le scandale des militants du RPG-Arc-en-ciel prétendument « empoisonnés » au Palais du peuple. Étrangement, dès les premières minutes, il s’est trouvé un coupable idéal au sein de la communauté peuhle (ethnie du leader de l’UFDG Cellou Dallein Diallo). La désignation sans enquête préalable d’un coupable peuhl, sans même déterminer s’il y avait effectivement eu empoisonnement, ou s’il s’agissait d’une intoxication, a donné lieu à un pogrom de la communauté peuhle, orchestré minutieusement dans les principales villes de la Haute Guinée, fief de M. Alpha Condé.
Cette vendetta de certains extrémistes malinkés dans les villes de Kankan, Siguiri, et Mandiana contre la communauté peuhle installée depuis des lustres, a causé un lourd bilan matériel (pillages, destructions de biens immobiliers et mobiliers), humain (morts et blessés par dizaines, déplacements massifs de milliers de personnes avec des conséquences humanitaires sans précédent) et psychologique pour cette communauté. La Guinée était à deux doigts de tomber dans une guerre inter-ethnique.
La dernière sortie de Jean-Marie Doré est plus qu’une révélation, mais une confirmation des soupçons d’affabulations, de conspiration autour de cette sombre affaire. Dans n’importe quel pays, un tant soit peu normal, cette affaire aurait déjà été mise au clair. Maintenant, mieux vaut tard que jamais, l’heure est venue de rompre avec les mensonges et les crimes d’État et de dire la vérité, rien que la vérité. Cette affaire du Palais du peuple doit être tirée au clair.
Pour cela, les familles des victimes doivent créer une association pour se constituer partie civile, de même le Collectif des partis politiques pour la finalisation de la transition doit désigner un collège d’avocats, pour mieux qualifier ces faits, afin d’ester en justice dans les plus brefs délais. Cette action est indispensable pour en finir avec le mensonge qui sévit chez nous en Guinée.
Primo, l’enquête doit permettre de trouver la principale personne coupable de ce montage criminel, qui aurait pu coûter des milliers de pertes en vies humaines dans notre pays, n’eût été la pondération de la communauté peuhle en face.
Ensuite, les hautes personnalités visées sont en première ligne, le Général Sékouba Konaté pour sa complicité active dans le pogrom envers les Peuhls dans les villes de la Haute Guinée. En effet, son manque de fermeté contre les dirigeants civils et militaires dans ces villes, et l’absence de toute action visant à sanctionner les auteurs de cette chasse au faciès, et d’indemnisation, laissent penser que tout cela était planifié au sommet de l’Etat.
La seconde personnalité politique à attaquer en justice est François Louncény Fall, porte-parole du RPG-Arc-en ciel qui, à l’époque, avait été le principal détonateur de déferlement de violences contre les Peuhls en Haute Guinée, suite à ses déclarations d’accusation directe contre la communauté peuhle, dès les premiers instants de l’annonce de l’empoisonnement des militants du RPG-Arc-en-ciel - http://www.guineelibre.com/article-les-experts-fran-ois-lounceny-fall-et-jean-marie-dore-59882401.html.
Le premier ministre de l’époque, Jean-Marie Doré, doit répondre pour sa complicité passive et son silence coupable après ses évènements douloureux.
Nécessairement, le général Sékouba Konaté et Jean-Marie Doré doivent être attaqués en justice pour élucider leur gestion chaotique de la transition durant l’année 2010 : corruption au sommet de l’État, détournements de fonds publics, sabotage de la tenue transparente des élections présidentielles, et notamment le délai de quatre mois et demi pendant lequel des ordinateurs de la CENI ont disparu, un incendie de l’entrepôt de la CENI a eu lieu, des formulaires originaux de procès-verbaux ayant conduit à la confection de résultats électoraux parallèles du RPG Arc-en-ciel, et les crimes de Siguiri et de Kankan contre la communauté peuhle…
Le général malien Siaka Toumani Sangaré doit également répondre pour sa participation aux cirques des élections présidentielles guinéennes.
Au lendemain du second tour de la présidentielle, une répression brutale, sans pareil, fut lancée dans les différents fiefs du candidat Cellou Dalein Diallo déclaré perdant, avec des dizaines de morts et de femmes violées appartenant tous à la communauté peuhle. Ces crimes n’ont jamais été élucidés et quand nous faisons référence aux récents propos de Jean-Marie Doré lors de sa sortie tonitruante sur les crimes de Zogota du 3 août dernier, affirmant que les forces de l’ordre ne peuvent agir de façon unilatérale sans une autorisation des responsables hiérarchiques directs (http://www.rfi.fr/afrique/20120821-accusations-opposant-guineen-jean-marie-dore-zogota-guinee), nous sommes en droit de demander des explications aux autorités de l’époque, et lui notamment, sans oublier, Sékou Resko Camara l’actuel gouverneur de Conakry.
Lors du récent meeting du leader de l’UFR à Paris, Sidya Touré avait nommé l’ex- ministre des affaires étrangères français Bernard Kouchner comme étant l’un des principaux cerveaux du hold-up électoral qui a permis l’arrivée au pouvoir d’Alpha Condé. Ce qui est confirmé dans le sens où la presse française s’interroge exactement sur la complicité qui lie ce dernier au président de la République, (http://www.franceinfo.fr/politique-guinee/kouchner-interroge-par-france-info-sur-ses-nouvelles-activites-en-guinee-allez-barrez-vous-465229-2011-12-06) ; à rappeler également un vif échange entre l’ex-président français Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner au moment de l’entre-deux tours des présidentielles guinéennes, lors du conseil des ministres du 25 août 2010. Le Président français de l’époque intimait à Bernard Kouchner de s’acheter une calculette après ses propos annonçant la victoire surprise d’Alpha Condé, bien avant le 7 novembre, jour de la mascarade électorale.
Une enquête judiciaire pouvant déboucher sur une action judiciaire est primordiale et imminente contre Bernard Kouchner pour son immixtion dans les affaires internes de la Guinée, notamment son ingérence dans les affaires internes de la Guinée lors des élections présidentielles, la protection dont il jouit en Guinée aux frais de nos contribuables. Cette action doit permettre de déterminer pour la Guinée, le préjudice exact de ses relations affairistes et obscures qu’il entretient au sommet de l’Etat avec le président Alpha Condé (http://www.lexpress.fr/actualite/monde/les-bons-conseils-du-docteur-kouchner-en-guinee_1058946.html).
Concernant les crimes du 28 septembre 2009, nous notons une absence manifeste de volonté du gouvernement guinéen, à traduire en justice les principaux accusés (les lieutenants colonels Claude Pivi, ministre chargé de la Sécurité présidentielle, et Tiégboro Camara qui, même inculpé, jouit toujours de sa fonction de ministre chargé de la Lutte contre la drogue et le grand banditisme), lire les rapports :
http://www.hrw.org/fr/reports/2009/12/16/un-lundi-sanglant-0 et
http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20091222170058/onu-enquete-guinee-oppositionl-essentiel-du-rapport-de-l-onu-sur-les-massacres-du-28-septembre-a-conakry.html.
Cette situation démontre à suffisance le manque de volonté du gouvernement de poursuivre les principaux mis en cause dans cette affaire. En attestent les propos sidérants du président Alpha Condé lâchés sur le sujet des crimes du 28 septembre 2009, lors de sa conférence de presse du 5 juillet 2012 à Paris : http://blogs.lexpress.fr/afrique-en-face/2012/07/04/guinee-lalpha-et-lomega/.
Il faut savoir dénoncer ce manque manifeste de volonté de poursuivre les responsables, sinon la culture de l’impunité peut avoir encore de beaux jours devant elle, les crimes de paisibles citoyens endormis à Zogota prouvent suffisamment cela.
Si les responsables des crimes du 28 septembre avaient été inquiétés, d’autres crimes comme ceux enregistrés lors des manifestations pacifiques de Conakry, à Siguiri et à Zogota n’auraient pas eu lieu.
Il faut rappeler que la transition du pouvoir militaire vers un pouvoir civil incarné aujourd’hui par le président de la République Alpha Condé a été rendue possible, en grande partie, par les odieux crimes du 28 septembre 2009. Ce massacre a conduit à l’implication directe de la communauté africaine et internationale, ce qui a accéléré la transition vers un régime civil.
Comment le président de la République Alpha Condé peut-il négliger cette affaire, et penser à une véritable réconciliation dans notre pays ?
Une véritable réconciliation ne se fera pas en Guinée, sans que la justice soit rendue, d’où la nécessité impérieuse pour le gouvernement actuel d’en finir avec l’entrave de la justice.
Concernant Alpha Condé, des actions doivent être menées contre lui pour les scandales financiers révélés par le Sunday Times (25 millions de dollars US et les 150 millions contractés auprès de l’Angola, discrètement, sans aucune transparence démocratique). Une enquête doit aussi être ouverte sur la destination exacte des 700 millions de dollars US perçus du contrat léonin signé avec Rio Tinto.
Les leaders de l’opposition et ceux de la société civile doivent avoir les tripes de s’attaquer aux vrais maux de notre pays (les mensonges d’État, les crimes de sang, les crimes économiques…), c’est la racine de nos problèmes. Un pays dans lequel on ne dénonce pas avec courage le mal, pour permettre d’apporter les soins nécessaires, ne guérira pas, pire encore, il est appelé à mourir.
Ces actions doivent être portées devant la justice guinéenne, et si elles ne sont pas reçues, il faudra se tourner vers la CEDEAO ou plus loin vers l’Union Africaine, car la Guinée est signataire d’accords qui le lui permettent.
Toutes ces actions judiciaires conduiront à une motion de censure populaire contre Alpha Condé.
Des dispositions doivent être prises au plus vite pour diligenter ces actions afin de libérer notre pays de l’oppression une bonne fois pour toutes.
Finissons avec la démagogie, l’hypocrisie, le mensonge, renouons avec les bonnes valeurs que sont la justice, la liberté d’opinion, l’égalité de tous les citoyens, la vraie démocratie, contrairement à la parodie de démocratie actuelle.
La cellule de communication des
Mouvements de Forces Démocratiques de l’Opposition – MFDO
Paris