Mardi, 28 Août 2012 09:20
L’ancien premier ministre de la transition vient de faire des révélations à la fois outrageuses, pleines de contre-vérités et de sous-entendus sur les récents évènements et la transition de 2010. Depuis le temps de la dictature du PDG, M. Jean-Marie Doré est passé maitre dans l’art de distiller des insinuations sur des secrets d’Etat. Avec les récentes tragédies de Zogota, il montre enfin sa capacité de se mettre en colère face aux crimes continus que les gouvernements guinéens auront commis contre les citoyens. Le comportement opportuniste de M. Jean Marie Doré, ses réactions à retardement ainsi que ses outrages sélectifs sont révélateurs d’un politicien partagé entre la complicité avec les malfaiteurs et la trahison de l’idéal républicain et de la confiance des populations guinéennes. Dans son interview, M. Jean Marie Doré condamne tout le processus de la transition, incluant la façon dont la constitution fut adoptée. Au passage, il révèle l’existence de clauses secrètes signées à Ouagadougou dont il se sera accommodé tant que cela l’arrangeait.
Toutefois, ce sont les demi-révélations de M. Jean Marie Doré sur l’affaire du « complot de l’empoisonnement » entre les deux tours des élections de 2010 qui constituent le comble de la trahison de la nation et un signe alarmant de collusion avec le pouvoir d’Alpha Condé. Procédant par exclusion, M. Doré disculpe tous les acteurs politiques en dehors de Konaté. Friand des machinations politiciennes, M. Jean Marie Doré profite de la tragédie de Zogota pour colporter des rumeurs disculpant le RPG dont des militants perpétrèrent des pogroms à Siguiri et Kouroussa suite aux rumeurs d’empoisonnement.
Pottal-Fii-Bhantal note avec indignation le fait que l’ancien premier ministre continue de se faire complice d’un complot qui fut à l’origine d’exécutions sommaires, le déplacement de populations peules de la Haute-Guinée ainsi que de la répression sauvage contre des citoyens durant les élections de 2010. Nous rappelons à M. Jean Marie Doré que ces crimes ont été reconnus comme des crimes contre l’humanité. En tant que tels ils sont imprescriptibles.
Notre association entend saisir les avocats de notre mouvement Justice in Guinea ainsi que la commission en charge des enquêtes sur ces crimes pour que M. Jean Marie Doré soit cité comme témoin. Si l’ancien premier ministre persiste dans son refus de révéler les auteurs du « complot de l’empoisonnement » qu’il prétend connaitre, il devra être poursuivi pour obstruction de la justice.
Nous demandons aux associations des victimes de continuer leur mobilisation pour que M. Jean Marie Doré réponde de ses propos devant la loi.
À toutes les forces démocratiques et aux militants des droits de l’homme, nous réitérons notre appel à l’unité d’action dans la lutte essentielle contre l’impunité dont les propos de M. Doré ne sont qu’une des manifestations.
La commission centrale de Pottal-Fii-Bhantal