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Déclaration du Conseil supérieur de la diaspora forestière (CSDF) face aux massacres de Zowota

  Vendredi, 24 Août 2012 13:28

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logo_CSDF_01Nous, ressortissants de la Guinée Forestière et sympathisants, réunis au sein du Conseil supérieur de la diaspora forestière (CSDF), avons appris avec émotion le massacre de paisibles citoyens guinéens à Zowota dans la préfecture de N’Zérékoré. Ces exécutions sommaires, perpétrées par des factions de l’armée régulière guinéenne dans la nuit du 3 au 4 août 2012 à 1 heure du matin, ont entrainé sur le champ cinq (5) morts dont : Messieurs Nyankoye Kolié (chef du village), Moriba Tokpa Kolié, Nazio Kolié, Foromo Kolié et un autre. Ce massacre s’est déroulé dans des conditions particulièrement terribles et dégradantes.

L’origine de ces crimes crapuleux serait la manifestation du 31 juillet 2012 organisée par les riverains contre le refus de la société minière Vale, de respecter ses engagements d’offre d’emploi et de dédommager les villageois expropriés de leurs terres.

Ce qui est très surprenant, à la fois accablant et édifiant, est que ces assassinats qui ont par ailleurs fait plusieurs blessés et des dégâts matériels importants chez les riverains, ont été perpétrés quelques heures après la visite d’une délégation gouvernementale de cinq ministres dans la localité. Il faut également noter qu’un des blessés a malheureusement succombé à ses blessures, alourdissant encore le bilan de cette incompréhensible offensive. De plus, le gouvernement plutôt que de s’instituer dans une réelle procédure de résolution de la crise, s’est plutôt livré à une manœuvre de rachat des consciences traduite par la distribution de maudites sommes d’argent à une partie de la population. Que sont alors devenus le devoir de ce gouvernement de faire une déclaration officielle de consternation par la voix même de son chef, et l’indispensable nécessité de mettre sur pied une commission d’enquête indépendante pour que les coupables (commanditaires et exécutants) soient dénichés et poursuivis ?

Le Conseil supérieur de la diaspora forestière (CSDF), déplore cette autre attitude du gouvernement qui n’a pas condamné fermement cet acte ignoble mais a plutôt préféré protéger le site minier de la société Vale en niant les tueries de Zowota et en mettant en place des stratagèmes pour endormir la conscience de cette pauvre population.

Face à ce crime contre l’humanité, nous membres du Conseil supérieur de la diaspora forestière (CSDF) et sympathisants:

Enfin, nous voulons remercier tous les acteurs de la paix: religieux, ONG, sociétés civiles, partis politiques, personnes engagées, etc. qui ont apporté leur soutien de toute nature depuis le début de ces évènements malheureux. Nous les exhortons à continuer d’appuyer les efforts des populations de Zowota et de tous les villages concernés par l’exploitation minière du Mont Yono, jusqu’à la satisfaction totale de leurs revendications légitimes.

Vive l’unité nationale

Vive la paix en Guinée.


Philadelphie le 23 août 2012

Le Conseil supérieur de la diaspora forestière (CSDF)


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