Samedi, 11 Août 2012 13:29
Depuis le 19 juillet 2011, une soixantaine de nos compatriotes dont plusieurs officiers supérieurs de l'armée nationale guinéenne et une dizaine de civils sont injustement et arbitrairement torturés, puis incarcérés à la prison centrale de Conakry. A la mi-mars dernière, dix-huit des prévenus ont bénéficié d'un non-lieu et ont pu recouvrer leur liberté. Entre-temps au début de l'année, Thierno Soufiana Diallo, faute de soins adéquats suite aux séquelles des tortures qui lui ont été infligées, a rendu l'âme en prison.
En juillet 2012, quinze des prévenus dont l'ancien chef d'Etat-major interarmes, le Général Nouhou Thiam, bénéficient d'un non-lieu mais M. Alpha Condé s'y oppose et organise une mascarade judiciaire pour les maintenir en détention. Dans la foulée, les juges sont de fait dessaisis et la procédure judiciaire est confisquée par la Cour suprême.
Ce dysfonctionnement grave dans le fonctionnement de la justice en Guinée a amené le ministre de la Justice M. Christian Sow à déposer sa démission du gouvernement pour finalement se rétracter suite aux pressions de la part du chef de l'Etat guinéen.
Le sort d'une quarantaine de personnes dont une dame, Hadja Fatoumata Badiar Diallo se trouve entre les mains d'une justice aux ordres et qui exécute les injonctions présidentielles. Parmi eux également se trouvent des jeunes parmi les plus actifs lors des mouvements mémorables de janvier - février 2007, comme Baba Alimou Barry, Bah Souleymane dit « Général » et Thierno Sadou Diallo. Leur tort est de vouloir rester fidèles aux idéaux de changement démocratique, de liberté et d'égalité dont était porteuse la révolte populaire. Les neutraliser, c'est pour le pouvoir actuel, participer à tenter de disloquer et d'anéantir « l'axe de la liberté » dans Conakry.
Bah Oury, 1er vice-président et fondateur de l'UFDG (Union des Forces Démocratiques de Guinée) fait partie de ceux qui sont déférés devant la Cour d'assises. Ayant échappé à la mort par la grâce de Dieu et ayant réussi à sortir du pays, il vit actuellement en exil en France.
Bouleversés par les violences répétées contre les citoyens dont se rend coupable la gouvernance d'Alpha Condé, dont la plus récente est la « quasi-disparition », depuis la Présidence de la République à Conakry, de M. Ibrahima Kahn, consul honoraire de Guinée au Togo, traumatisés par le déni de justice en Guinée, et révoltés par l'apathie et le silence devant ces injustices intolérables, nous avons décidé de lancer un mouvement international de sensibilisation pour alerter l'opinion internationale sur la reconstitution d'un nouveau « goulag tropical» en Guinée.
En effet, notre histoire est marquée, depuis maintenant plus d'un demi-siècle, par des régimes répressifs et dictatoriaux ayant en commun une violation systématique des droits de l'homme. Alpha Condé est en train d'empiéter sur les plates-bandes de ses prédécesseurs. Il le clamait haut et fort « je prendrai la Guinée, là où Sékou Touré l'a laissée ». Par conséquent, il est impérieux de ne pas croiser les bras lorsque la liberté et les droits des citoyens sont étouffés et niés. Cela fonde notre principale motivation pour notre action.
Pourquoi l'intitulé « Mouvement Justice pour Bah Oury » ? Ceci répond principalement à trois motivations :
Bah Oury, victime
1er vice-président et fondateur de l’UFDG, il est la personnalité politique d'envergure qui est envoyée devant la Cour d'assises au même titre que les autres prévenus civils et militaires.
Bah Oury, militant des droits de l'homme
A la fin des années 80, il a avec Dr Thierno Maadjou Sow, lancé la création de la première organisation de défense des droits de l'homme en Guinée. Cette courageuse initiative leur a valu d'être emprisonnés en novembre 90 pour avoir appelé à manifester contre l'utilisation des armes à feu pour réprimer la révolte estudiantine. Le 22 novembre 1990, l’étudiant Sékou Traoré a été froidement abattu à l'intérieur du campus Gamal Abdel Nasser de Conakry.
Bah Oury, acteur de la réconciliation nationale en Guinée
Ministre de la Réconciliation nationale (juin - décembre 2008), il a montré concrètement que la réconciliation nationale est possible en impulsant une politique de gestion du passif historique de la Guinée en déclarant « la responsabilité de l'Etat guinéen » par rapport à toutes les séries de violences qui ont endeuillé des milliers de famille guinéenne durant ces cinquante dernières années et pour cela le rétablissement de la vérité historique et l'application d'une véritable justice de réparation et de compensation pour toutes les victimes sont quelques lignes directrices de son engagement gouvernemental.
Dans ce contexte, utiliser son nom pour fédérer un dynamique mouvement de solidarité à son endroit mais surtout à l'égard de ceux qui sont aujourd'hui privés de liberté et qui croupissent dans les geôles de la Sûreté nationale de Conakry n'est qu'un juste retour des choses
Notre mouvement est une initiative de la société civile et fait appel à tous ceux et à toutes celles qui estiment que « défendre sa liberté, commence par défendre celle des autres ». Ceux qui sont en prison, ont besoin de nous. Ne les abandonnons pas !
La dictature d'Alpha Condé ne passera pas !
Aujourd’hui, c’est Bah Oury et demain ce sera une autre personnalité civile, militaire ou politique qu’on essayera de chasser pour ses opinions si nous ne prenons pas nos responsabilités. Nous lançons un appel à la mobilisation de tous les Guinéens de l’intérieur et de l’extérieur pour exiger le respect des droits et libertés de tous les citoyens guinéens. Les images choquantes et humiliantes de Zogota doivent nous réveiller la conscience.
Peut être membre, toute personne soucieuse du respect des droits et libertés individuels et collectifs en Guinée.
Sont fondateurs du Mouvement Justice pour Bah Oury :
Alpha Labé Diallo : président du mouvement :
Hadia Zenabou Barry : chargée de la communication
Mme Lamarana Diallo
Bah Abdoul Ly
Bah Amadou
Mamadou Bah – Londres
Marwane Diallo: Porte-parole du mouvement.
Contacts : E-mail : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. . Tél : 0032-492-19-18-49 / 0032-489-02-20-22