Déclaration de l’OGDH

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logo_OGDH_01Dans la nuit du vendredi 3 août au samedi 4 août, à 1h du matin, des agents armés ont débarqué dans le district de Zogota, sous-préfecture de Kobela, préfecture de N'Zérékoré. Cette descente serait, selon nos sources, consécutive à des manifestations de la population contre une société minière brésilienne basée dans la localité d'Agopé. Les manifestants réclamaient l'embauche prioritaire de leurs ressortissants au sein du projet. Toujours, selon nos sources, la cité minière d'Agopé a été vandalisée par certains de ces manifestants.

C'est en réaction à ces actes que des hommes en armes ont été dépêchés pour réprimer avec violence de paisibles populations qui dormaient à l'heure de la descente.

On dénombrerait pour le moment cinq (5) morts et trois (3) blessés graves dont deux (2) amputés chacun d'un bras et un atteint par balle à l'abdomen. Beaucoup d'habitants ont déserté le village pour entrer dans la brousse. Ce qui fait qu'il est difficile de faire un bilan exhaustif des victimes.

Si la mise à sac de la cité d'Agopé constitue un délit pénal grave susceptible d'être porté devant la justice, l'usage de la violence avec des moyens disproportionnés ayant causé des pertes en vies humaines et l'atteinte à l'intégrité physique des personnes, constitue des violations graves des droits de la personne qui s'analysent en:

Non-respect du code de procédure pénale qui interdit toute arrestation entre 21h et 6h du matin, sauf en cas de flagrant délit.

Atteinte à l'intégrité physique des personnes, à leur vie, en violation flagrante du droit national guinéen (articles 5, 6 de la constitution), de la Charte africaine des Droits de l'homme et des peuples (article 4), de la Déclaration universelle des Droits de l'homme (articles 3 et 5) et du pacte international relatif aux droits civils et politiques (articles 6 et 7).

Ces événements interviennent dans un contexte très tendu en Guinée Forestière. D'une part avec une circulation massive d'armes légères et d'anciens rebelles incontrôlés des factions de l'ULIMO et du LURD toujours actifs dans une région frontalière avec des pays encore fragilisés par les conflits qu'ils ont connus (Côte d'Ivoire, Liberia, Sierra Leone)

D'autre part avec

  • des conflits délibérément entretenus entre autochtones et allochtones éleveurs qui ont provoqué des massacres collectifs de plus de mille (1000) têtes de bœufs,
  • un contentieux entre la SOGUIPAH et la population de Saoro qui s'est soldé par une descente musclée des forces de l'ordre et l'incarcération sans jugement de plus de 50 personnes,
  • des stigmates et rancœurs provoqués par les affrontements intercommunautaires à Galakpaye dans la préfecture de Yomou, toutes choses qui constituent un terreau favorable à une implosion aux conséquences imprévisibles.

L'OGDH condamne fermement tous les crimes et délits commis à Zogota. Elle en appelle:

  1. Aux autorités judiciaires pour qu'elles diligentent, dans les meilleurs délais, des enquêtes afin d'identifier et de juger aussi bien les commanditaires que les auteurs de tous les crimes commis en cette circonstance.
  2. Aux partis politiques, aux organisations de la société civile et aux sages des communautés vivant en Guinée Forestière pour qu'ils mettent tout en œuvre afin d'aplanir la situation de crise latente que vivent les populations de cette région.
  3. Au gouvernement pour qu'il ait la volonté politique réelle de prendre en main l'ensemble des défis sécuritaires et relationnels qui se posent à la Guinée en vue de créer les conditions d'une cohabitation paisible entre des populations qui ont toujours vécu dans l'harmonie et la paix sociale. Veiller au respect scrupuleux des droits fondamentaux reconnus aux citoyens guinéens par l'ensemble des textes nationaux, sous-régionaux, régionaux et universels en vigueur en République de Guinée
  4. À la communauté internationale pour qu'elle ne se laisse pas distraire par l'absence de conflit ouvert et penser que la République de Guinée est un havre de paix. Tout en veillant à la bonne conduite des réformes engagées dans les secteurs de la sécurité et de la justice, elle doit faire preuve de fermeté face à toute tentative de remise en question du processus démocratique seul garant de l'instauration d'une bonne gouvernance.


Conakry le 07 Août 2012

Le Président
Dr SowThierno Maadjou


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Commentaires  

 
+1 #11 Amadou 08-08-2012 14:15

Citation en provenance du commentaire précédent de Couleur Tropicale:
L'OGDH ... aime tout sauf l'alternance en son sein. Comment oser démarcher pour défendre autrui si dans la structure de l'organisation tout est à changer et ... Les fonds s'éclipsent parfois sans la moindre.... Soyons sérieux !

Il est vrai que Couleur Tropicale fait la "Grande Gueule" en touchant les points les plus sensibles, il faut reconnaitre qu'il y a une part de vérité dans ce qu'elle dit. Depuis le début des années 1990, l'OGDH vie avec à sa tête l'unique personne qui semble-t-il refuse le changement. Pourquoi imposer aux autres le changement si nous mêmes refusons la passation de services aux jeunes qui sont nombreux aujourd'hui à pouvoir assumer cette fonction. Je me rappelle, Monsieur Sow a été à mainte reprises interpellé par certains analystes sur la direction de certains fonds mais malheureusement... il ne faut pas à mon vieux sinon c'est la bagarre. Après tout, le vieux a raison, car la petite chèvre broute là où elle est attachée. À ce que nous sachons, tous les Guinéens ne sont pas des moutons de Panurge pour croire aux défenseurs qui montrent les gens comme une percale blanche sans tâche alors que la réalité est autrement.
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0 #10 diallo 08-08-2012 12:54

voici le lien sur carnage à zogota c'est un crime de la part de vos soit disant armée guinéenne 1afd6ededf7b9143df97b8a7fa984532
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0 #9 Couleur Tropicale 07-08-2012 21:10

Il m'a dit : "Couleur Tropicale, refusez la facilité. Il est toujours aisé de s’abriter derrière les citations de ceux qui vous ont précédés, sans chercher à vérifier la robustesse de leurs écrits. Lorsqu’on ne le fait pas, qu’on le veuille ou non, on participe à la propagation de rumeurs et on colporte des bruits qui, à force d’être imprimés, deviennent des lieux communs, des évidences jamais questionnées."
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+1 #8 Bashir 07-08-2012 18:06

Soyons sérieux en effet.
L’accusation en l’occurrence est double.
Il n’y a pas d’alternance au sein de l’OGDH. J’aurais mieux compris le souhait de l’alternance si Dr. Sow ne s’acquittait pas de sa tache dans une organisation qu’il a contribué à créer et maintenue contre vents et marées. Les personnes avec lesquelles Dr. Sow a fondé l’OGDH ont presque toutes abandonné l’organisation pour se lancer dans la politique. Aussi, il faut rappeler que sous l’inspiration du RPG il y eut une autre organisation de défense des droits de l’homme. Elle fut animée par Christian Sow actuel “ministre de la justice”. Ce dernier abdiqua et alla trouver Dr. Sow auquel il se remit pour continuer la lute pour les droit de l’homme en Guinée.
Je crois qu’exiger l’alternance à tout prix n’est qu’une excuse pour critiquer Dr. Sow et une piètre compréhension de la démocratie. L’OGDH n’est pas une institution publique financée par les contribuables. Même en l’espèce, pour des institutions civiles en prise avec des problèmes structurelles, il y a plutôt nécessité de continuité. Ce qui est sûr c’est que le vieux ne sera pas là pour toujours. Les personnes qui déplorent le fait qu’il dirige l’OGDH sont libres de créer leur propre organisation de défense des droits de l’homme. Si l’OGDH est une organisation respectable comme ils semblent l’admettre, ils devraient plutôt apporter leur contribution au lieu d’exiger que le vieux soit remplacé dans un mécanisme bidon d’alternance qui ne traduit que l’empressement ambitieux de certains…
L’insinuation sur « les fonds [qui] s'éclipsent parfois sans la moindre....“ est exécrable. Si l’auteur a une accusation à faire il n‘a qu’à la faire en citant un minimum de sources et d’indications sur les circonstances. Si son intention n’est pas de salir l’image d’un vieux respecté, il aurait pu demander de comptes aux responsables de l’OGDH ou attiré l’attention des ONG étrangères qui subventionnent l’organisation. Il est de notoriété publique que les ONG des droits de l’homme sont soumises à des audits fréquents. Si pendant plus de 20 ans, on n’a pas entendu d’un redressement à l’OGDH, cela est en soi une présomption d’intégrité. Je ne dis en rien que cette présomption soit suffisante. Mais elle devrait inviter à un peu de décence et de sérieux de la part des accusateurs de l’internet.
Pour rappel, Dr. Sow l’OGDH n’a jamais bénéficié d’aucun secours de la part des petits magnas locaux bien que la plupart sont prompts à faire appel à l’OGDH quand ils sont menacés.
Pour rappel aussi, qui est Dr. Sow ? A un jeune âge Dr. Sow fut parmi les jeunes du RDA militant pour l’indépendance. Il fut enseignant au Fouta et en Foret. Il fut proche de Sekou Touré et de Saifoulaye dans le parti. Dr. Sow obtint une bourse pour se rendre en Union Soviétique. Les autorités guinéennes voulurent le faire extrader après la grève de 1961. Les russes refusèrent et l’envoyèrent en Allemagne de l’est. Après ses études, des amis communs avec Sekou Touré intercédèrent pour qu’il retourne en Guinée. Il retourna au pays en 1970. A son retour il fut enseignant et fonctionnaire. Il déjeunait souvent avec Sekou et Saifoulaye. Pour la petite histoire, quand ces deux pontes le conviaient dans leur palais, il s’y rendait en Magbana n’ayant jamais bénéficié d’aucune faveur de la part du PDG. Sauf peut-être le fait de ne pas avoir fait le camp Boiro. En plus de la chance, je pense que la raison tient plus au fait que l’homme a toujours dit la vérité aux pontifes de la dictature, du PDG, du PUP, du CNDD et du RPG... C’est peut-être là un secret dont les cadres guinéens devraient s’inspirer au lieu de consulter le marabout, vendre leurs épouses ou s’époumoner de slogans, ils devraient apprendre à servir la nation et lutter pour le respect des droits etc. Alpha Condé que Dr Sow assista du mieux qu’il put, ne peut avoir que du respect pour l’homme malgré sa hargne destructrice.
B. Ourouro Bah
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+2 #7 Patriote 07-08-2012 17:34

Couleur Tropicale,
Qu'est-ce que le sang a de comparable avec l'argent ou une poste dans une ONG ? Quelle cynisme de votre part !
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+4 #6 boubacar d doumba 07-08-2012 13:57

Rififi à Siguiri, cette fois dans les mines d'or.Lisez plutôt cette info de Africaguinée dont voici le lien:http://www.africaguinee.com/index.php?monAction=detailNews&id=14268
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+4 #5 boubacar d doumba 07-08-2012 13:05

Les internautes désireux de prendre le pouls de la politique minière de AC liront avec un certain profit cette analyse de l'équipe de Guineenews dont voici le lien:
http://www.guineenews.org/articles/detail_article.asp?num=20128623554
Bonne lecture!
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+2 #4 boubacar d doumba 07-08-2012 09:59

Quels que soient ses défauts, l'OGDH n'a tué ou blessé personne. Un peu de compassion pour les victimes de Zogota...
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-2 #3 Couleur Tropicale 07-08-2012 08:45

L'OGDH est aujourd'hui l'une des formations politiques la plus puissante sur le territoire national. Une organisation humanitaire et de défense des droits de l'Homme de la rue qui aime tout sauf l'alternance en son sein. Comment oser démarcher pour défendre autrui si dans la structure de l'organisation tout est à changer et renforcer pour une question d’honnêteté. Les fonds s'éclipsent parfois sans la moindre.... Soyons sérieux !
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+4 #2 boubacar d doumba 07-08-2012 07:23

Le régime militaro-ethno fasciste au service des trusts miniers a encore tué...L'impunité comme à l'accoutumée s'en suivra à moins que .....
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+4 #1 Patriote 07-08-2012 02:34

Voila qui résume tout au point 4 : "À la communauté internationale pour qu'elle ne se laisse pas distraire par l'absence de conflit ouvert et penser que la République de Guinée est un havre de paix."
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