Dr SowThierno Maadjou Lundi, 06 Août 2012 22:35
Dans la nuit du vendredi 3 août au samedi 4 août, à 1h du matin, des agents armés ont débarqué dans le district de Zogota, sous-préfecture de Kobela, préfecture de N'Zérékoré. Cette descente serait, selon nos sources, consécutive à des manifestations de la population contre une société minière brésilienne basée dans la localité d'Agopé. Les manifestants réclamaient l'embauche prioritaire de leurs ressortissants au sein du projet. Toujours, selon nos sources, la cité minière d'Agopé a été vandalisée par certains de ces manifestants.
C'est en réaction à ces actes que des hommes en armes ont été dépêchés pour réprimer avec violence de paisibles populations qui dormaient à l'heure de la descente.
On dénombrerait pour le moment cinq (5) morts et trois (3) blessés graves dont deux (2) amputés chacun d'un bras et un atteint par balle à l'abdomen. Beaucoup d'habitants ont déserté le village pour entrer dans la brousse. Ce qui fait qu'il est difficile de faire un bilan exhaustif des victimes.
Si la mise à sac de la cité d'Agopé constitue un délit pénal grave susceptible d'être porté devant la justice, l'usage de la violence avec des moyens disproportionnés ayant causé des pertes en vies humaines et l'atteinte à l'intégrité physique des personnes, constitue des violations graves des droits de la personne qui s'analysent en:
Non-respect du code de procédure pénale qui interdit toute arrestation entre 21h et 6h du matin, sauf en cas de flagrant délit.
Atteinte à l'intégrité physique des personnes, à leur vie, en violation flagrante du droit national guinéen (articles 5, 6 de la constitution), de la Charte africaine des Droits de l'homme et des peuples (article 4), de la Déclaration universelle des Droits de l'homme (articles 3 et 5) et du pacte international relatif aux droits civils et politiques (articles 6 et 7).
Ces événements interviennent dans un contexte très tendu en Guinée Forestière. D'une part avec une circulation massive d'armes légères et d'anciens rebelles incontrôlés des factions de l'ULIMO et du LURD toujours actifs dans une région frontalière avec des pays encore fragilisés par les conflits qu'ils ont connus (Côte d'Ivoire, Liberia, Sierra Leone)
D'autre part avec
L'OGDH condamne fermement tous les crimes et délits commis à Zogota. Elle en appelle:
Conakry le 07 Août 2012
Le Président
Dr SowThierno Maadjou