Heinan Goba Jeudi, 19 Janvier 2012 22:31
On commence à comprendre pour quelles raisons les uns et les autres se battaient pour être à la table du dialogue politique national ou du moins à donner raison à Faya Millimouno qui assimilait l'empressement de certains leaders à aller au dialogue par l'objectif de trouver quelque chose à se mettre sous la dent. Même si la rencontre se solde par un échec.
Le mardi dernier, en effet, d'après des informations concordantes, les participants aux travaux préliminaires dudit dialogue ont empoché chacun la somme de deux millions de francs guinéens. Contactés par la presse, les bénéficiaires de cette enveloppe ont indiqué qu'il s'agit de carburer leur véhicule et de faire face à d'autres besoins liés à cette rencontre. Ce qui n'a pas empêché le dialogue d'avoir deux jours de répit.
Lorsque le Collectif et l'APD ont demandé de faire venir le gouvernement à la table de discussion, on se rappelle ce que le président du comité de médiation avait dit. « Nous avons réussi à obtenir du gouvernement un budget pour 23 invités et 15 jours de discussion » avait confié Mgr Albert Gomez à l'assistance. Sans donner le moindre détail quant au montant et à l'utilisation de cet argent.
« On a l’impression que le comité est beaucoup plus préoccupé à trouver des sandwiches pour les gens. Or, il s’agit d’un dialogue, qui n’est pas à marchander sur des sandwiches ou du jus à partager au Palais du Peuple. C’est une forme de corruption, qu’il faut dénoncer » avait répondu Faya Millimouno, porte-parole de la coalition ADP-Collectif, au cours d'un point de presse au siège de l'UFC.
« Nous avons toujours été capables, même à minuit, de participer quand il s’agit des questions d’intérêt national. Si nous devons aller au Palais du Peuple, qu’on nous laisse choisir si nous devons manger ou pas, mais que le comité de facilitation ne se préoccupe pas à trouver des sandwichs, alors qu’il s’agit de faire venir le gouvernement autour de la table pour traiter des questions importantes », avait poursuivi Faya Millimouno.
Après le retrait du Collectif et de l'ADP, des partis jadis membres de la mouvance se sont mués en opposants pour se partager les postes vacants avec le Front d'union pour la démocratie et le progrès (FDP). Ces partis qui voudraient à tout prix participer à ce dialogue mais n'ont pas de place au centre auprès de Kassory leur ex-allié, se sont fait appeler Bloc de l'opposition constructive.
Le président du comité de médiation pris par son propre piège a tenté de répondre à ceux qui critiquent sa démarche. « Si ce dialogue n'était pas crédible je ne serais pas là » a-t-il dit. Avant de s'engager à faire venir autour de la table de discussion, les deux blocs politiques qui dénoncent le cadre actuel du dialogue.
Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu.com