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Bras de fer entre les huissiers de justice et le ministre Sow

Heinan Goba  Mardi, 10 Janvier 2012 15:47

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SOW_Christian_2_01La chambre nationale des huissiers de Guinée accuse le ministre de la justice Me Christian Sow de porter atteinte à la liberté des huissiers d'exercer leur profession. D'après elle, il y a presque un an que le ministre s'oppose à l'exécution des décisions de justice, principale activité des huissiers de justice. Il aurait intimé au Procureur Général près la cour d'appel de Conakry de ne signer aucune réquisitions aux fins d'exécution.

En signe de protestation à ce que les huissiers de justice appellent "immixtion du ministre dans le fonctionnement de la justice", ils ont décidé, à compter de ce mardi 10 janvier 2012, l'arrêt de toutes leurs activités sur toute l'étendue du territoire national. Lors d'un point de presse, le président de la chambre a annoncé qu'ils pourraient assigner le ministre en justice pour son opposition à l'exécution des décisions de justice.

Dans un mémorandum, la chambre nationale des huissiers de Guinée qui révèle aussi que le ministre de la justice a écrit aux autorités locales en vue de s'opposer à l'exercice de leur profession dans leur localité, à tous les commissariats et à toutes les gendarmeries pour leur demander de ne pas se mettre au service d'un huissier, a indiqué que le mot d'ordre de grève ne sera levé que si le ministre lève toutes les restrictions à leur activité.

Au cours d'un point de presse dans une salle du centre de formation et de documentation du ministère de la justice, le Procureur Général entouré de ses proches collaborateurs et de certains cadres du cabinet du ministre a dit que les accusations de la chambre nationale des huissiers de Guinée sont "totalement absurdes". Il a soupçonné les huissiers de justice de ne pas dire clairement ce qu'ils veulent.

Ibrahima Béavogui, chargé de la communication au ministère de la Justice a précisé: "le ministère de la justice ne s'est jamais opposé à l'exécution des décisions de justice. Ce travail relève exclusivement de la compétence des huissiers de justice. Mais pour le maintien de l'ordre public, le ministère de la justice et le parquet général ont le devoir de suivre de près ce travail et ce, conformément à la loi. C'est pour cette raison qu'il a été décidé de sursoir à toutes les exécutions qui requièrent l'intervention de la force publique. Notamment les expulsions et les déguerpissements".

Abondant dans le même sens, Hassane 1 Diallo, Procureur Général près la cour d'appel de Conakry, a déclaré: «le constat sur le terrain a révélé des dérapages dans l'exécution des décisions de justice. On a constaté que les huissiers vont parfois au-delà du contenu de la décision. C'est pourquoi on a demandé la suspension de l'exécution des décisions dans le domaine immobilier pour mettre en place une brigade chargée de la sécurisation des exécutions pour minimiser les dégâts".

Hassane 1 Diallo a précisé que la principale préoccupation du parquet général est l'exécution des décisions de justice.

En bref, d'après les cadres du parquet et du cabinet du ministre réunis à cette occasion, il n'y a jamais été question de suspendre les exécutions. A l'exception des cas où il y a souvent des problèmes. Pour preuve, disent-ils, les huissiers font à longueur de journée des saisies conservatoires sans être inquiétés. La mesure est donc dans l'intérêt de la quiétude sociale et non pour faire plaisir à qui que ce soit, concluent-ils.


Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu.com


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