Ayya Goundo Vendredi, 06 Janvier 2012 00:28
Les Guinéens ont tort de ne pas aimer le professeur Alpha Condé, il pense tellement à eux. La preuve, alors qu’il a promis unilatéralement de fêter l’indépendance 2012 à Boké, sa ville natale qui n’a ni eau, ni électricité, le professeur vient de revendre en douce à un opérateur économique à Dubaï, ami du groupe de son fils, 23% des actions de la CBG. Désormais, la CBG appartient à 51 % aux Anglo-Saxons, 26% à l’Etat guinéen et 23 % au clan présidentiel. Même Lansana Conté n’est pas allé aussi loin.
Le même fils du président, qui possède ses propres bureaux au rez-de-chaussée gauche du palais présidentiel à Sekhoutoureya (pour en réalité faire la communication du président avec EuroRSG, avec le succès qu’on connait avec des discours présidentiels écrits truffés de fautes de français, à tel point que le président a fait venir des correcteurs de Paris et Dakar), avec une équipe dans laquelle on trouve M. Aboubacar Sampil dit Bouba. Cet homme, qui gérait le PMU à Conakry avec les Corses, ce qui l’a conduit en prison à Conakry et au Ghana, un moment, pour échapper aux tueurs lancés à ses trousses, est l’homme extrêmement dangereux (proche d’un milieu de renseignement, après avoir espionné longtemps pour le compte de Lansana Conté) qui gère les affaires d’argent du petit : caisse noire, location d’avion, voyages d’affaires, négociations actuelles avec Rusal pour trouver un arrangement contre les 850 millions de dollars de dettes. Au nom de quoi, le fils du président qui n’a pas de titre officiel, occupe-t-il un bureau à la présidence et convoque-t-il les ministres, gère-t-il les marchés de l’Etat ? La dernière en date concerne l’arrivée à la présidente d’une petite secrétaire indienne, recommandée par Tony Blair, chargée d’aider Alpha Condé à faire fonctionner l’Etat.
Première mesure, elle aurait confisqué 4 téléphones du président. Elle gère l’agenda, détermine qui doit rencontrer le président ou pas, et se contente de formules recopiées dans les manuels pour l’appliquer à la Guinée. Et en plus, il faut payer pour cela. Alors que même François Louncény Fall aurait pu faire ce boulot. Seulement, l’ancien président de la Feanf est trop pétri de complexes vis-à-vis de l’occident qu’il a hier combattu, pour se demander si la Guinée manque de bons conseillers ou de bon président. En tout cas, le clan informel de son cabinet privé essentiellement composé d’étrangers remplit son portefeuille. On en parlera plus au prochain épisode.
Ayya Goundo