Heinan Goba Vendredi, 23 Décembre 2011 22:13
Fayimba Sayon Kéita, journaliste, directeur de publication de l’hebdomadaire d’informations générales et d’analyses La Croisade a été condamné le jeudi 22 décembre à un an de prison avec sursis et deux millions de francs guinéens d’amende par le tribunal de première instance de Kaloum. Il a été ordonné à notre confrère reconnu coupable de diffamation au préjudice d’Aboubacar Titi Camara, ministre des Sport et Aboubacar Molota Camara, chef de Cabinet du dit ministère par le juge Ibrahima Sory I Tounkara, de publier la présente décision dans les journaux de la place.
Fayimba Sayon Kéita et cinq autres journalistes de sa rédaction étaient poursuivis par la justice. Nos confrères étaient accusés par le ministre des Sports, l'ancien sociétaire du Syli national, Aboubacar Titi Camara et son chef de cabinet Aboubacar Molota Camara, de diffamation pour avoir associé leurs noms au scandale de trois milliards qui a éclaboussé le département des sports en juin dernier. Une accusation que directeur de publication de La Croisade a balayée du revers de la main dès le premier jour de sa comparution
Le mardi 20 décembre, Maître Kiémoko Malik Diakité constitué pour la défense des intérêts du journaliste a demandé au tribunal de le renvoyer des fins de la poursuite pour délit non constitué. L’avocat a soutenu que tout ce qu’a dit son client est basé sur le rapport d’audit réalisé au niveau du département des sports. Il n’a donc rien inventé. Maître Kiémoko Malik Diakité a demandé à la partie civile de se mettre à l’heure de la liberté de presse et d’expression.
Auparavant, le parquet, en soutenant de son côté que le prévenu a été incapable d’apporter la moindre preuve de ses affirmations, chose qui pouvait le disculper, a requis un an de prison avec sursis et un million de francs d’amende. Il a demandé l’application de la contrainte par corps en ce qui concerne l’exécution de la peine pécuniaire. Ce, conformément aux dispositions des articles 74 ; 75 ; et 76 de la loi organique sur la liberté de la presse (l’ancienne loi toujours en vigueur).
Un peu plus tôt, Maître Georges D. Camara et Maître Ahmed Tidiane Kaba constitués pour la défense des intérêts des deux cadres du ministère des sports avaient tour à tour soutenu qu’il n’y a aucune preuve des faits allégués par le journal. Ils avaient demandé simplement au tribunal de rétablir les victimes dans leur droit. Parce que qu’on a porté atteinte à leur honneur et à leur dignité. Un franc symbolique a seulement été demandé par eux comme intérêt civil.
Le journaliste a déclaré qu’il va interjeter appel contre ce jugement.
A noter que c’est la deuxième fois en l’espace de huit mois que notre confrère fait l’objet de condamnation pour les mêmes infractions par voie de presse. Le premier procès suite auquel lui et son journal ont été solidairement condamnés au payement de 350 millions de francs guinéens l’opposait à l’ancien ministre de l’information Aboubacar Sylla.
Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu.com