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L'ADP et le collectif jugent nul, le bilan de la première année de gestion d’Alpha Condé

Heinan Goba  Vendredi, 23 Décembre 2011 19:33

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L'ADP et le Collectif des partis politiques pour la finalisation de la transition ont à travers une déclaration, pris acte de la volonté du gouvernement de dialoguer avec eux et affirmé leur disponibilité à participer désormais au dit dialogue. Les deux groupes politiques ont aussi profité d'un point de presse au siège de l'UFC d'Aboubacar Sylla pour critiquer la première année de la présidence d'Alpha Condé.

Au cours de cette rencontre avec la presse, troisième du genre, caractéristique de l'unité d'action entre les deux forces politiques, il s'est agi de la perspective du dialogue rendu possible grâce à la levée partielle des préalables de l'opposition à toute discussion avec les autorités. Mais aussi et surtout d'échanger sur le bilan de la première année de gestion du Président Alpha Condé.

Dans son discours liminaire, Aboubacar Sylla, président de l'UFC (Union des forces du changement) a précisé que le choix de l'opposition de sursoir à toutes les activités qui étaient prévues et d'affirmer sa disponibilité au dialogue politique s'inscrit dans le cadre de ses intérêts pour le bien-être de la population et sa préoccupation par rapport au retard accusé dans l'organisation des élections législatives.

Le président de l'UFC a rappelé que l'opposition dont il fait partie demandait l'arrêt total de toutes les activités de commission électorale nationale indépendante sur toute l'étendue du territoire national. Mais pour ne pas être vus comme des gens qui s'opposent à tout y compris ce qui va dans l'intérêt du peuple dont ils se veulent le défenseur, ils ont accepté la suspension décidée par l'institution elle-même.

Aboubacar Sylla souhaiterait, toutefois, que ce gel temporaire des activités de la CENI ne soit pas une façon de procéder à une fuite en avant.

Dans le même cadre, Cellou Dalein Diallo de l’UFDG, pour sa part, a déploré la perte temps provoquée par l’entêtement du gouvernement et de la CENI à vouloir préparer seul les prochaines élections. C’est pourquoi, en dépit de la volonté manifeste du gouvernement et de la CENI d’associer tous les acteurs du processus à la préparation, il demande à tout le monde d’être vigilant.

Lansana Kouyaté, président du PEDN (Parti de l’espoir pour le développement national), de son côté, a dit que ‘’le 21 décembre marque un an de gestion du régime d’Alpha Condé mais aussi et surtout six mois de retard dans l’organisation des législatives’’. Il a souhaité que la suspension des activités de la CENI ne soit pas pour des raisons de fêtes de fin d’année.

‘’Si nous nous sommes battus pour que le consensus prévale, c’est pour éviter la violence. Je souhaiterais que la suspension des activités de la CENI ne soit pas pour la fête. Le bonheur que nous voulons pour notre pays ne passera pas par faire semblant’’ a dit l’ancien premier ministre de consensus.

Fodé Mohamed Soumah de la GCI (Génération citoyenne) a tout simplement appelé la presse à faire en sorte que le malentendu qui entoure le report des élections soit enlevé.

Sur le bilan, Cellou Dalein a affirmé qu’il est particulièrement négatif dans les domaines de la démocratie, des droits de l’homme, des libertés fondamentales et de la réconciliation nationale. Rien n’a été respecté sur plan des engagements d’après les constats de l’opposant. Il y aurait même un recul majeur dans beaucoup de domaines.

Plus critique que le leader de l’UFDG, Mouctar Diallo des Nouvelles forces démocratiques a dit que qualifier le bilan de la première année d’Alpha Condé serait une gentillesse à son égard. Pour lui, Alpha Condé a conduit le pays à la catastrophe. Il n’y a aucun acquis. Le pays est en recul. Tout cela est la preuve de l’incompétence et de l’amateurisme d’Alpha Condé, selon ses explications.

Bref, pour le jeune opposant « Alpha ma non ma ». Qui veut dire en langue nationale soussou, Alpha ne peut pas.

Pour éviter, dans ce cas, à la Guinée de tomber dans une situation indésirable, Mouctar Diallo appelle de son vœux à la mise en place d’une Assemblée nationale. ‘’Alpha Condé a le pouvoir exécutif et le pouvoir judicaire. Moins de 2% du budget national, c’est ce qu’il a accordé à la Justice pour la garder sous sa botte’’ a argumenté Diallo.

Lansana Kouyaté aussi a dit que ‘’le bilan est particulièrement et sectoriellement négatif’’.

Aboubacar Sylla s’est dit surpris de voir Alpha Condé faire un discours programme en lieu et place d’un bilan. En l’absence d’actes concrets, Alpha Condé a annoncé des perspectives. Ce qui est différent de la présentation d’un bilan, a fait savoir le président de l’UFC.

Le président du PEDN a dit par ailleurs que l’Etat doit donner le bon exemple du respect de la loi. ‘’Nous irons partout en Guinée pour éduquer nos militants. Pas dans un esprit d’affrontement. On n’a rien à dire à ceux qui pensent qu’il n’est pas temps de campagne’’ a martelé Kouyaté.

En répondant aux questions des journalistes, Lansana Kouyaté a dit qu’ils croient sur parole en la promesse de la CENI et sa volonté de les associer à l’organisation des élections. Il a dit aussi qu’ils demanderont la prorogation du délai de la suspension des activités de la CENI jusqu’à l’aboutissement du dialogue.

D’ores et déjà, les opposants au régime d’Alpha Condé ont prévenu : ‘’Nous ne voulons pas d’une conférence nationale souveraine. Nous voulons d’une discussion avec les autorités ; c'est-à-dire un dialogue entre d’une part, le collectif et l’ADP, et le gouvernement d’autre part. Sans la présence des partis qui ne demandent rien et qui approuvent toutes les politiques du gouvernement.’’


Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu.com


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