L'opposition guinéenne annonce des meetings géants et des caravanes de sensibilisation

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Pour la deuxième fois en l'espace d'un mois le Collectif des partis politiques pour la finalisation de la transition et l'Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP) ont conféré avec la presse le jeudi 8 décembre à Conakry au sujet de la situation sociopolitique de la Guinée et des perspectives des législatives à venir.

Prenant la parole à cette occasion, le président de l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), Mamadou Cellou Dalein Diallo, s'est tout d'abord réjoui de la présence massive des journalistes. Avant de rappeler aux journalistes que la rencontre à laquelle ils prennent part a pour but de parler de la crise politique que le pays vit.

Parlant de cette crise, le président de l'UFDG a indiqué qu'il existe bien des obstacles à la mise en œuvre d'un véritable dialogue entre le pouvoir et l'opposition. Mais contrairement à ce qui est véhiculé par le pouvoir, ces obstacles ne sont pas l'œuvre de l'opposition. Bien au contraire, c'est le gouvernement qui n'a pas la volonté de dialoguer avec l'opposition.

Pour Mamadou Cellou Dalein Diallo, la récente rencontre avec le Président Condé et la visite du ministre de l'Administration du territoire et de la Décentralisation à certains partis politiques de l'opposition sont des manières pour eux de montrer à la face du monde qu'ils veulent le dialogue. Pourtant, dans les faits, c'est le contraire. Le vrai dialogue, selon lui, tarde toujours à s'installer.

En tout cas, dira Mamadou Cellou Dalein Diallo, si ce flou artistique a pu s'installer, c'est parce qu'il y a un déficit de communication entre eux leaders de partis politiques et les populations à la base. C'est pourquoi, a rappelé à nouveau le président de l'UFDG, "nous avons estimé bon de rencontrer la presse".

Sidya Touré, président de l'UFR (Union des forces républicaines) a renchéri que c'est une opportunité qui leur est offerte de parler avec la presse de la situation politique du pays. Car dit-il, "douze (12) mois après l'élection présidentielle, on ne sait plus où nous sommes et où nous allons. Alors qu'on doit rendre compte à la population qui nous suit".

De toutes les façons, dira le président de l'UFR, la misère dans laquelle vivent les Guinéens est le fait de la volonté des gouvernants actuels qui maintiennent la situation telle qu'elle est. Affirmant que le pouvoir en place crée expressément des problèmes pour bloquer la situation.

Ce qui se passe actuellement, selon Sidya Touré est très étonnant. Car, avant l’élection présidentielle, indique le président de l'UFR, les Guinéens rêvaient d'une Guinée prospère. "On ne pensait pas qu'après l'élection présidentielle, il faudrait manifester dans la rue pour jouir d'un droit" a-t-il affirmé. Allusion à la manifestation des jeunes de Coronthie.

Pour Sidya Touré, la cause de tout cela, c'est la non-organisation des législatives. C'est pourquoi, précise-t-il, "on se bat pour que ces élections se tiennent". "On ne se bat pas pour être député. On se bat parce que ces législatives sont la clé de voute du déblocage politique" a explique Sidya Touré.

Pour sa part Aboubacar Sylla, président de l'UFC (Union des forces du changement), a rappelé que la volonté de l'opposition est de faire en sorte que le consensus qui a prévalu depuis le début du processus électoral continue jusqu'à sa fin. Le but de ce combat, a rappelé aussi Sylla, n'est pas d'être député, mais d'avoir une Assemblée représentative de la classe politique.

Ainsi pour montrer à la face du monde son attachement à ce principe, le président de l'UFC a annoncé que sa coalition l'ADP et son allié, le Collectif des partis politiques pour la finalisation de la transition, vont sortir du cadre restreint des conférences de presse pour organiser des meeting géants et des caravanes de sensibilisation et d'information à travers tout le pays.

Mme Traoré Dialikatou Diallo a exprimé l'inquiétude de la classe politique nationale face à la tension qui caractérise la situation politique alors que l'on espérait une démocratie et un Etat civilisé. Avant de se demander, comment faire la différence entre le régime militaire qu'ils ont combattu et celui d'Alpha Condé.

La représentante du PEDN de Lansana Kouyaté a déploré les restrictions faites aux libertés des partis politiques et demandé à ce que ces manquements aux dispositions de la constitution guinéenne soient condamnés par tous les hommes épris de justice.

Pour Mme Traoré Dialikatou Diallo, il faut que la situation change. Sinon c'est la catastrophe. Expliquant que l'attitude des investisseurs qui visitent aujourd'hui la Guinée est le signe que le pays est instable.

Prenant la parole à son tour, Mouctar Diallo, président des Nouvelles Forces Démocratiques (NFD), a tout d'abord condamné la répression de la manifestation du PEDN à Kankan. Une répression qu'il a qualifiée de recul de la démocratie et de l'Etat de droit en Guinée.

Toujours dans le même chapitre, le président des Nouvelles Forces Démocratiques a déclaré qu'on peut avoir besoin de temps pour réaliser des infrastructures. Mais on n'a pas besoin de temps pour apprendre à respecter la loi. Pour lui, ce qui s'est passé à Kankan, "est la preuve que le pays est dirigé par des incompétents".

Ancien ministre de la Transition, Mouctar Diallo a fait savoir qu’Alpha Condé apparaît comme incapable de préserver les acquis. Dans tous les domaines, affirme le président des NFD, c'est du recul. "Nous sommes loin de sortir de l'ornière" a-t-il juré. Avant de promettre: "vous pouvez compter sur nous pour mener ce combat".

Charles Pascal Tolno du PPG a tout résumé en disant que le pays va mal. "Tout ce qui a été dénoncé depuis des années est en train d'être multiplié. L'ethnocentrisme dans les services publics revient à grands pas" a-t-il expliqué. Suggérant qu'on peut mettre fin à cela en mettant en avant la compétence.

Parlant enfin de la répression qui s'est abattue sur le PEDN à Kankan, le vieux leader a dit: "la seule explication qu'on peut donner à cela est que de l'autre côté on pense qu'il est inacceptable qu'un parti chasse dans un domaine considéré comme conquis par le RPG au pouvoir.


Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu.com


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Commentaires  

 
0 #2 gasim 09-12-2011 22:27

Mon Frere Bah tu as parfaitement raison,ils sont tous des opportunistes,Voila deux monsieurs qui ce sont netraliser a la CENI a travers leurs groupes,si non le R.P.G. avait seulement qu'un seulement representant a l'occurence(Ibrahima Kalil Keita),mais comme les deux groupes ce netralisaient a chaque fois ,ca fait l'affaire du neutre et ou le riducule tue;ces memes hommes dises aujourd'hui que la CENI actuelle ne correspond pas a la confugiration politique actuelle,pourquoi,ils non pas changer avant la presidentielle,car le P.U.P. ne tait plus la majorite.Allez comprendre l'hypocrisie,l'opportuniste et l'egoisme de nos opposants. Monsieur Sydia etait plus chaud pour la presidentielle que tout le monde,par ce que sur de sont groupe a la CENI.
A nous de mediter et savoir les classer.
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+3 #1 Bah Aziz 09-12-2011 18:36

Qu'elle opposition? Il n'ya pas d'opposition en guinee! Ne confondons pas opposants et opportunistes. Des opportunistes oui, mais pas d'opposants. Quand je plaidais a ce qu'on commence par les legislatives et communautaires avant l'election presidentielle, on m'avait traite de tous les noms parce que chaque camp pensait avoir plus de chance a gagner. D'autres poids lourds n'avaient pas hesite de comparer la transition guineenne a celle de la mauritanie. Nous exigeons la justice pour les victimes d'abord avant tout. Si vous voulez etre credibles, alors exigez la justice pour les victimes et le renvoie de tous les complices de crime du gouvernement. Ne faites pas le medecin apres la mort. Vous avez attendu un an pour demander ce qui devrait ce faire depuis Juin 2011 au plus tard. Alpha est deja pres et il vous imposera une date pour les elections comme il l'avait fait au second tour de la presidentielle. Vous allez mordre le doight car l'ADP qui pretend conjuguer avec vous participera aux elections pour donner un peu de credit aux resultats. Regardez en cote d'ivoire malgre la non participation du FPI qui a officiellement eu plus de 45% a la presidentielle, les elections aurons lieu avec la benediction de la communaute internationale. Je ne soutiens point Bagbo mais juste un example pour illustrer le cas guineen.
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