Grands Moulins de Guinée annonce la mise en congé technique d’une grande partie de ses travailleurs

Facebook Imprimer    

 

Grands_Moulins_Guinee_01La société des Grands Moulins de Guinée, seule usine de fabrique de farine de blé en Guinée, annonce la mise en congé technique immédiate d’une grande partie de ses travailleurs. Il s’agirait de la première conséquence du non-respect des engagements pris par le gouvernement guinéen, il y a trois mois, pour sauver l’usine d’une faillite.

Pour plus d’informations, voici pour vous la déclaration rendue publique à cet effet par la société.


Déclaration des Grands Moulins de Guinée

Suite à l’introduction par la Délégation Syndicale des Grands Moulins de Guinée, le Président de la République, le Professeur Alpha Condé a accordé, le 30 août dernier, jour de la fête du Ramadan, une audience à la Délégation Syndicale et à la Direction Générale de notre Société. Suite à cette importante rencontre, instructions avaient été données au Ministre du Commerce pour la mise en place d’une Commission Technique chargée d’élaborer et de mettre en application des mesures d’accompagnement pour sauver les Grands Moulins de Guinée (GMG).

Ces mesures étaient subordonnées à la vérification de certains préambules fixés par le Président de la République, à savoir :

  • la capacité de production suffisante pour le marché guinéen,
  • la qualité de la farine produite par GMG, la structure de prix de vente de ladite farine.

Après cette audience, la Commission Technique a tenu de nombreuses réunions de travail, impliquant tous les acteurs de la filière de production et de commercialisation de farine de blé afin de répondre à ces questions.

Cette Commission Technique, conduite par Monsieur le Ministre du Commerce et Monsieur le Ministre Conseiller à la Présidence chargé des questions économiques et financières, s’est réunie pour débattre en profondeur de chacun de ces points.

Cette Commission Technique a décidé de mettre en place un certain nombre de mesures d’accompagnement afin de sauver les emplois des travailleurs et des sous-traitants de la Société.

Ces mesures d’accompagnement sont principalement :

  • l’application d’un quota de 80 pour cent de la consommation nationale estimée mensuellement à 240.000 sacs de 50 KG de farine de blé tendre fortifiée au profit de la Société des Grands Moulins de Guinée,
  • la fixation de la valeur mercuriale (valeur minimale de dédouanement) à US 550 la tonne métrique de la farine de blé fortifiée importée, CIF Conakry.

En contrepartie de ces mesures d'accompagnement, nous nous étions engagés à maintenir la qualité actuelle de notre farine de blé fortifiée, respecter rigoureusement la production et la mise sur le marché des quantités fixées par le quota défini ci-dessus et soumettre notre farine à une vérification trimestrielle sous le contrôle d’une structure indépendante mandatée par le Gouvernement.

Malheureusement aujourd’hui, plus de deux mois et demi après, aucune de ces mesures n’est rentrée en application.

Au contraire, nous constatons qu’il y a eu depuis la date où ces mesures d’accompagnement ont été prises, une recrudescence de demandes d’ouverture de DDI qui ont été autorisées et sont à même de couvrir un an de consommation en farine importée, au détriment de la farine produite en Guinée par des travailleurs guinéens.

La concurrence infernale des farines importées à laquelle notre Société est soumise et la pression exercée par les importateurs sur le circuit de distribution nous empêchent d’écouler notre production sur le marché local.

Nous accumulons des pertes financières de façon redondante d’année en année. Nos actionnaires ont accepté cette situation parce qu’ils fondaient beaucoup d’espoir dans le changement prôné par le Pr. Alpha Condé mais aujourd’hui, ils ne peuvent plus continuer dans ce sens.

Nous sommes au regret de constater le refus d’application des instructions données au Gouvernement pour la mise en place effective et rapide de ces mesures d’accompagnement, en vue de permettre aux Grands Moulins de Guinée de continuer leur activité. Des personnes font trainer ce dossier en longueur, mettant ainsi en péril la survie de plusieurs milliers de familles.

Il nous est devenu impossible de maintenir et préserver l’emploi de tous nos travailleurs pour faire fonctionner notre unité industrielle. Le deuxième moulin qui a été mis en route à la demande des autorités guinéennes n’a jamais été utilisé à sa pleine capacité, à cause du déferlement sur le marché guinéen de farine importée. Si rien n’est fait par les autorités compétentes, GMG qui depuis le mois de janvier 2011, a subi une perte d’environ 14 milliards de francs guinéens, n’est plus en mesure de continuer dans cette voie. Notre Société qui fait vivre plusieurs milliers de familles (salariés, travailleurs temporaires, prestataires de services et autres) n’a d’autre alternative que d’appliquer la mise en congé technique immédiate d’une grande partie de ces travailleurs.

Les GMG sont capables aujourd’hui de subvenir aux besoins en farine de la République de Guinée et même de rendre à terme, la Guinée exportatrice.

Notre outil industriel à la pointe de la technologie nous permet de produire une farine de qualité supérieure à bien d’autres de celles qui se vendent aujourd’hui sur le marché Guinéen.

Notre laboratoire d’analyses et notre centre de formation font de GMG un acteur incontournable pour le développement et l’évolution qualitative de ce secteur d’activité hautement stratégique.

Nous demandons que les instructions données par le Chef de l’Etat, le Pr Alpa Condé et les mesures d’accompagnement qui en ont découlé, soient appliquées immédiatement et que nos salariés qui ont soutenu les GMG tout au long de ce parcours chaotique retrouvent la sérénité et la fierté d’appartenir à l’un des fleurons de l’industrie Guinéenne.

Conakry, le 28 novembre 2011.

GRANDS MOULINS DE GUINEE –GMG‒


Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu.com


AArticle_logo1_0

Facebook Imprimer    

 


 

Commentaires  

 
+1 #5 Gandhi 02-12-2011 00:13

Mr Bangoura en raisonnant ainsi, vous supposez que la Guinée ne sera jamais compétitive, car on trouvera toujours un investisseur chinois plus rentable. D'ailleurs en Afrique centrale par exemple, les Chinois arrivent à être plus compétitifs que les Camerounais eux-mêmes, y compris avec des produits locaux, ce qui n'a pas manqué de créer de sérieux problèmes. Je ne connais pas le dossier des Grands Moulins, mais je suppose que si la Guinée importe de la farine, c'est que la production ne suffit pas à satisfaire la demande locale. Si la production locale n'est pas compétitive en matière de prix, cela n'est pas un problème au départ, car il faut une protection douanière temporaire (5 ans est un minimum) pour se mettre à niveau sur plusieurs plans. En revanche, si l'entreprise existe depuis longtemps, il est clair qu'elle doit se frotter à la concurrence internationale, et si elle n'est toujours pas compétitive, c'est que le diagnostic de départ (de création de l'entreprise) était basé sur des informations erronées. Si quelqu'un en sait davantage, qu'il nous éclaire, car il serait dommage de laisser perdre des unités industrielles créatrices d'emplois. Quant à dire que l'État doit se désengager des activités privées, c'est un principe que je partage (au moins pour la création, ici il s'agit de sauvegarde d'une activité et d'emplois), mais ce n'est pourtant pas l'option choisie par ce régime qui souhaite réserver 35% à l'État dans les activités minières (voire industrielles ?).
Citer
 
 
+1 #4 sogbe Bangoura 01-12-2011 15:00

Il y a manifestement dans ce dossier tel qu'il est présenté des choses incompréhensibles.
En effet comment une entreprise de telle envergure ayant exercée son activité depuis quelques années se retrouve dans une telle situation? Il n'y a t-il pas là un problème de management?
Cette entreprise n'est actuellment pas concurentielle et demande la protection de l'Etat au motif qu'elle emploie des salariés sans pour autant en contrepartie proposer un plan de restructuration interne pour faire baisser ses coûts. Est-ce bien raisonnable?
Il serait souhaitable de publier les comptes de cette entreprise pour faire un bon diagnostic et envisager les bonnes solutions. Il ne sert à rien de faire de l'acharnement theurapeutique pour une entreprise qui par la structure et le contenu de ses comptes serait moribonde. Au final c'est le consomateur guinéen qui devrait avoir le choix et la concurrence saine devrait être la règle
Citer
 
 
0 #3 Mory Diakité 01-12-2011 13:25

L'erreur qu'a commise le Président Condé a été de vouloir sauver cette entreprise. Sans vouloir jouer mon méchant libéral, mettre de l'argent dans cette entreprise revient à essayer de vouloir remplir un puit sans fond.
Lorsqu'une entreprise de la sorte est en difficulté, elle doit être mise en redressement judiciaire pour qu'un reprêneur privé puisse venir. C'est aussi simple que ça. C'est la vie des entreprises.
Il faut qu'on arrête de pleurer tout le temps et d'appeler le Président à l'aide. La Guinée n'a plus les moyens. Que les fils et les filles de Guinée qui ont de l'argent (et ça existe) prennent leurs responsabilités et se mettent à investir dans des secteurs productifs au lieu de se livrer à des investissements improductifs dans l'achat de terrains.
Conseil pour le Président. Il devrait tenir un discours de vérité et rappeler à la population que l'Etat, qui est très endetté, ne peut pas tout faire.
Citer
 
 
+2 #2 mohamed sampil 30-11-2011 20:14

Décidément c'est la chien-lit comme disait le Général de Gaulle. Le navire Guinée coule..
Citer
 
 
+3 #1 Gandhi 30-11-2011 19:30

Cela me rappelle la contradiction entre la volonté de développer le riz local, et en même temps la capacité du gouvernement à couper l'herbe sous le pied des investisseurs agricoles, en subventionnant le riz importé. Un décideur décide : en favorisant le riz ou la farine locale, il donnerait un signal fort à tous ceux qui ont envie d'investir pour le marché local. En sabotant, même pour de bonnes raisons, toutes les initiatives permettant d'amorcer le développement, on enfonce irrémédiablement le pays.Contrairement à ce que pensent certains, personne (pas même l'opposition) ne peut se réjouir des lacunes du gouvernement actuel en matière de développement, car c'est toujours la population qui en paye le prix. Au lieu de chercher à consolider son pouvoir contre une moitié de la population, AC ferait mieux de rassembler toutes les forces vives économiques, et écouter ceux qui agissent quotidiennement (lui ne connait strictement rien, ni en économie, ni en management), quitte à imprimer (sous forme de suggestion et non de contrainte) sa marque. Le seul objectif commun à tous les Guinéens est de sortir le pays du trou. Encore faut-il s'y atteler. AC est PRG, c'est déjà pas mal, mais comme disait Facinet Touré, cela ne lui suffit pas. Or son gouvernement (donc lui) n'a aucun plan de développement permettant de savoir où on va, comment on y va, en combien de temps, pourquoi et avec qui. On patauge dans la semoule, et certains s'étonnent que la Guinée recule...
Citer