Quand la justice guinéenne fait semblant de juger Resco et consorts

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CAMARA_Skou_Resco_01Le procès du commandant Sékou Resco Camara et de deux autres commis de l’État, qui a été interrompu par la présidente Hadja Kadiatou Traoré (la juge en charge du dossier) sous le prétexte fallacieux d’une coupure électrique alors qu’en réalité elle ne tenait plus devant le cafouillage planifié par les prévenus, reprend ce lundi.

On attend de voir ce qui va se passer ce lundi, il faut dire que ce qui s’est passé mercredi dernier prouve déjà que la justice guinéenne fait semblant de juger le gouverneur de Conakry, le directeur de la sûreté régionale et le commandant de la brigade d’intervention, de sécurisation et de protection (BISP). Pour de nombreux observateurs, c’est pour se débarrasser seulement de la pression des avocats.

En effet, lors de la première audience, les débats de ce mercredi 23 novembre qui ont duré plus de 8 heures, ont été émaillés de pagaille du début à la fin. Aux jeunes et femmes de Kaloum sont venues s’ajouter les forces de l’ordre pour soutenir les deux chefs de la police guinéenne. On ne savait plus qui est qui ou qui fait quoi dans la salle.

Après le passage à la barre des deux premiers prévenus, la vraie pagaille a commencé au moment de la comparution du commandant Sékou Resco Camara. Toutes les déclarations du gouverneur étaient suivies d’acclamations et de « c’est ça ! » de la part des policiers.

Les avocats de la partie civile (du barreau), par contre étaient hués, à chaque fois qu’ils posaient des questions aux prévenus. « C’est faux ! Â», « quitte là-bas Â», « ils prennent de l’argent avec des parents de criminels pour les libérer clandestinement Â», ont été entre autres réactions de ses hommes et femmes qui ont bravé les avertissements de la juge et les tentatives d’expulsion des gardes pénitentiaires. Certains d’entre eux n’ont pas hésité à proférer des menaces verbales à l’endroit des avocats de la partie civile. Ce, sous l’œil complaisant de la juge et du représentant du ministère public.

Me Foromo, président de l'ONG les Mêmes Droits pour Tous (MDT), une des victimes présumées, monte Ã  son tour au prétoire. Bonjour encore les murmures et les réactions spontanées.

Face à cela, les avocats de la partie civile ont demandé, en vain, au tribunal d’expulser ces gens de la salle d’audience. N’ayant pas obtenu gain de cause, Me Mohamed Traoré, au nom des avocats de la partie civile, a sollicité la suspension de l’audience. En affirmant se sentir en insécurité. Le procureur et la juge sont intervenus pour rassurer les avocats.

En dépit de ces promesses les troubles ont continué, contrairement au comportement normal d’un public dans une salle d’audience. Et ce, au vu et su du procureur et de la présidente du tribunal. Le prétoire a été envahi. On ne savait même plus qui est qui. Seules les robes et les tenues faisaient la différence. L’application de l'ordre de la juge interdisant l’usage des caméras et dictaphones, elle ne souffrait de rien.

Quoi qu’il en soit, a dit Me Traoré, nous avons décidé de défendre notre confrère. « Nous avons eu affaire par le passé à des hommes en uniforme qui nous ont maltraités dans l’exercice de notre fonction, mais lorsque ces mêmes hommes en uniforme ont eu maille à partir avec la justice ils ont recouru aux mêmes avocats pour les défendre Â», a rappelé Me Mohamed Traoré qui se dit conscient des risques liés à l’exercice de son métier. Ce qui l’amène d’ailleurs à assumer l’insécurité qui caractérise le présent procès.

C’est dans ce climat qu’est intervenue la coupure électrique que notre présidente, qui ne parvenait plus à assurer la police d’audience, a prise comme motif pour renvoyer l’affaire.


Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu.com


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Commentaires  

 
+1 #9 Gandhi 30-11-2011 19:00

Ça se passe comme ça également au CNT, des militaires armés à l'intérieur qui intimident. Résultat : les conseillers votent à mains levées (d'où l'unanimité pour toutes les décisions) et gare à celui qui n'est pas dans la ligne. Est-cela que les Guinéens veulent ?
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+2 #8 kourouma 30-11-2011 15:28

Une salle d'audience surchauffee (plus de 35 degres), des militaires en arme dans la salle d'audience, l'accuse ceinture par des policiers a la barre, des anti gangs sales et repoussants qui insultent les avocats et la presidente du tribunal avec des C"EST FAUX a chaque intervention du procureur ou d'un avocat, des gendarmes qui ceinturent l'enceinte du tribunal! Voila la justice guineenne a l'endroit du premier haut commis de l'Etat jamais admis devant la barre d'un tribunal national!
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+3 #7 Mickmack Camara 29-11-2011 12:39

[Après le passage à la barre des deux premiers prévenus, la vraie pagaille a commencé au moment de la comparution du commandant Sékou Resco Camara. Toutes les déclarations du gouverneur étaient suivies d’acclamations et de « c’est ça ! » de la part des policiers.]
digne de DOUMBELANE .
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+4 #6 Gandhi 29-11-2011 09:38

Mr Zoumanigui, c'est beau de croire à la justice guinéenne. Comment faites-vous alors pour donner votre point de vue sur l'affaire Zachariou Diallo, puisque la justice refuse de prendre la plainte (contre Resco ? ou contre X) ?
C'est sur qu'avec des raisonnements à deux balles, on retombe toujours sur ses pattes...
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0 #5 Amenofils 29-11-2011 09:32

c'est une parodie de justice qui finira par la relaxe pure et simple. Mais tout cela est orchestré par Alpha condé qui aurait du demettre ce gouverneur depuis sa premiere sortie contre les citoyens guineens, militant de l'UFDG venu acclamé leur leader a l'aeroport de conakry. mais non ce gouverneur se prend pour Dieu il n'ya qu'a voir les titres qu'il s'octroi: Gouverneur de la ville de Conakry, premier magistrat de la capitale Guinéenne, president du conseil de securité de la ville. Ces gens ne peuvent cohabiter abvec d'autres personnes. Ils doivent rester entre eux et loin des autres. En guinée tout le monde est paisible sauf un groupe ethnique connu depuis Sekou Touré. le mem groupe a tenté de renverser lansana conté en 1984 et aujourd'hui le meme groupe emmerde tout le monde. Partout ou il y'a probleme chercher les noms et vous les y trouverez. le plus etonnant ce que, ce sont les plus instruits parmi qui cautionnent ces actes en les pratiquant ou en les accalamant. Y'en a Marre
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+2 #4 Abdoul.H 29-11-2011 07:50

Le «changement» est en marche. Même pour une pièce d'identité, vous devez debourser entre 50 000 et 60 000 FG. Mais sur le timbre c'est marqué 5000 FG, tant pis pour celui qui se peut même pas se payer un repas par jour. Vive l'ere Alpha grimpeur.
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+8 #3 Amara Lamine Bangoura 28-11-2011 21:32

Resco est l'incarnation,le symbole vivant de la dictacture naissante en Guinee.Redoutable homme de main de predilection charge d'executer les oeuvres de basse besoignes de Alpha,il ne cesse de se faire remarquer par son zele teinte d'un melange parfait de cynisme et de cruaute sans precedent.Cet officier est le protype du militaire criminel sans etat d'ame , capable de pactiser avec le demon pour preserver des interets egoistes et autres privileges quasiment indus.Bien a tous!A-L-B-Birmingham,AL-USA>
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+1 #2 Akoye Massa ZOUMANIGUI 28-11-2011 19:22

Je me demande pourquoi l'Africain en général et le guinéen en particulier est plus sceptique qu'optimiste. En tout cas tant que la justice guinéenne n'a pas rendu son verdict sur l'affaire de ce Sékou Resco Camara, je ne précipite pas un point de vue ou un jugement.
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-4 #1 Trompeur 28-11-2011 18:57

Le peuple n'est plus dupe! Resco nest pas saint mais mais ces soi-disants avocats ne peuvent rien contre Resco.On attend le PLAN B aussi.
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