Heinan Goba Lundi, 21 Novembre 2011 15:48
Porter à la connaissance de l’opinion nationale et internationale la naissance de la Plateforme nationale des citoyens unis pour le développement (PCUD), un autre conseil national de la société civile guinéenne qui se veut différent des premiers, était l’objet d’une conférence de presse le 17 novembre à Coleyah. Elle était animée par son président et quelques membres de son bureau de la coordination.
Mais pourquoi créer une nouvelle organisation de la société civile au lieu de renforcer les capacités des premières ? Pour l’ancienne ministre et ancienne coordinatrice du PACV, Mme Camara Aminatou Barry, «Il a été senti une démobilisation au sein de la société civile guinéenne. Il serait mieux de la redynamiser. Mais le problème est qu’ils ne voient pas tous les choses de la même manière ».
Abdouramane Sano, le président de cette nouvelle structure a renchéri : « C’est compte tenu de l’altération du combat mené par le mouvement social ces dernières années caractérisées par l’absence d’un contre-pouvoir crédible que nous avons décidé de mettre en place cette structure. L’objectif est de redynamiser le mouvement social pour le rendre plus crédible, plus indépendant… »
Qu’est-ce qui différencie le PCUD des autres associations de la société civile qui évoluent tant bien que mal sur le terrain ? La réponse des conférenciers est sans ambigüité : « Laissons le temps au temps ». Mais avant, les membres du PCUD affirment qu’ils veulent rester fidèles à leurs engagements. Ils veulent aussi cultiver l’esprit citoyen en Guinée. Emmener le Guinéen à compter sur sa propre valeur.
En plus de la dénonciation des abus de pouvoir que fait la société civile traditionnelle, le PCUD qui s’est félicité de l’amorce du dialogue entre le Chef de l’Etat et la classe politique nationale, promet qu’il va faire des propositions. « C’est l’absence de dialogue qui a été à l’origine de la crise politique que nous traversons » a dit un membre du bureau.
Répondant toujours à la presse, Abdouramane Sano a reconnu que la diversification des organisations de la société n’est pas bonne pour la société elle-même. Cela l’expose à la manipulation des politiques. Mais à partir du moment où le trop tard a déjà joué son rôle, le mieux serait de gérer cette diversité dans l’unité. Exploiter rationnellement ce pluralisme.
Pour sa part, Me Mohamed Sampil, l’ancien bâtonnier du Conseil de l’ordre des avocats de Guinée et membre du bureau de la coordination du PCUD, a indiqué que le principe c’est le pluralisme. « Ce qui va faire la différence c’est l’efficacité. Car une société civile efficace emmène les politiques à changer de comportement » a dit l’avocat.
Les moyens du PCUD restent les moyens traditionnels utilisés par les organisations de la société civile : Les instruments juridiques. Mais au-delà de ces moyens, le PCUD souhaiterait un appui considérable de la presse, une autre composante de la société civile. Il va travailler avec le gouvernement dans le cadre d’un partenariat bien défini.
Mme Camara a indiqué par ailleurs qu’en tant qu’anciens ministres ou anciens hauts cadres de l’administration guinéenne, les membres du PCUD sont très bien placés pour dénoncer et faire des propositions de solution pour le développement social de la Guinée. « La diversité de nos expérience est un atout » a-t-elle dit.
Enfin, les dirigeants du PCUD ont tenu à préciser à l’attention de tous que leur organisation n’est pas un refuge pour des cadres en quête de poste à la CENI en prélude à la restructuration de cette dernière, ni un refuge de cadres en quête de rebondissement. Encore moins un tremplin. « C’est contraire à notre vision » disent-ils.
Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu.com