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Assassinat de 94 opposants : l'opposition sollicite une enquête internationale

Amadou Sadjo Diallo  Dimanche, 08 Avril 2018 17:41

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KABA_Mohamed_Lamine_01L'opposition républicaine demande une enquête internationale autour des 94 victimes pendant ses manifestations. Mohamed Lamine Kaba, le président du parti FIDEL apprécie cette démarche. Cependant, il estime que Cellou Dalein, le président de l'UFDG et Cie devaient saisir les juridictions nationales avant celles supranationales. Par ailleurs, le transfuge du RPG estime que les opposants sont dans leurs droits de manifester.


Depuis 2011, l'opposition a enregistré 94 victimes pendant ses manifestations. Le hic est qu'aucune enquête n'a abouti. Face à cette situation, elle a sollicité lors de l'enterrement de ses dernières victimes, l'ouverture d'une enquête internationale. Le président du parti FIDEL apprécie la démarche, mais estime que l'opposition républicaine devrait saisir d'abord la justice guinéenne. « Nous avons à faire avec un régime bâtard qui depuis son installation a tué plus de 90 militants de l'opposition. Il n'y a eu aucune commission d'enquête qui a été mise en place en vue de situer les bourreaux d'un côté et de l'autre les victimes. L'idée d'une enquête internationale est géniale, mais au fond, il y a un problème. De façon professionnelle, l'opposition républicaine devait saisir directement les tribunaux nationaux. Mais en ma connaissance, il n'y a pas eu de plainte qui a été portée au niveau de la justice en vue d'avoir exactement la lumière ou traduire en justice les responsables. Ce qui fait que sa démarche est plus politique que juridique », martèle Mohamed Lamine Kaba.


Quant aux stratégies de l'opposition républicaine dont moult observateurs critiquent à savoir ces manifestations qui continuent d'endeuiller des familles, l'ancien membre du RPG pense que ses collègues sont dans leurs droits.

« C'est la justice qui devrait faire son travail, sinon l'opposition républicaine ou l'opposition plurielle n'a pas d'autres moyens de protester que sinon les marches, les journées villes mortes mais aussi les sit-in. Au-delà de tout ça, c'est de faire des démarches au niveau diplomatique, faire des memos, adresser aux institutions nationales et internationales, aux ambassades ou consulats pour attirer leur attention sur tout ce que nous sommes en train de subir. Mais l'opposition est dans ses droits de faire des marches. S'il y a des morts, c'est à l'État de situer les responsabilités, mais c'est ce que l'État a du mal à faire », déplore Mohamed Lamine Kaba.


Amadou Sadjo Diallo

L’Indépendant, partenaire de GuineeActu


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