Alpha Amadou Diallo Vendredi, 16 Mars 2018 11:18
Invité à Lynx FM, le chef de file de l'opposition guinéenne, a annoncé le début d'une série de manifestations de rue. Cette décision fait suite à la décision de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) de se déclarer incompétente pour la confrontation des procès-verbaux litigieux des bureaux de vote lors du scrutin du 4 février 2018. L'ancien Premier ministre a affirmé que l'opposition ne reculera pas, tant que les suffrages ne sont pas restitués.
La CENI vous a fait appel pour recompter les voix des communales. Qu'en est-il de cette démarche ?
D'abord, il faut rappeler, ce qui a été dit et ce qui n'a pas été fait. L'UFDG en particulier et un certain nombre de partis politiques de l'opposition disposés des pièces à conviction, mettant en évidence la fraude massive organisée au niveau des commissions administratives de centralisation de vote (CACV). Tout le monde sait qu'il y a eu des fraudes partout mais pour l'UFDG en particulier, nous avions 7 ou 8 circonscriptions même 11 pour lesquelles on a des preuves irréfutables que des PV ont été écartés parce qu'on venait largement en tête dans les bureaux de vote.
Des PV ont été falsifiés pour donner des suffrages au RPG, des suffrages qu'ils n'ont pas eus dans les urnes. On avait les fiches des résultats pour chaque bureau de vote dans Conakry. Lorsque le pouvoir a décidé de modifier les résultats issus des urnes en instrumentalisant les CACV pour que le PRG arrive en tête partout à Conakry et notamment en Basse Guinée. Donc, ils se sont mis à falsifier les PV, à écarter d'autres et à déclarer d'autres perdus. Mais nous avons comme je vous l'ai dit tous les PV de tous les bureaux de vote dûment signés par les personnes habilitées en l'occurrence les présidents de bureaux de vote désignés par la CENI ou ses démembrements. Donc, nous avons exposé ces problèmes. Nous n'avons pas de preuves pour l'assemble des circonscriptions, c'est évident. Mais à Conakry, on avait bien pris soin d'envoyer dans les bureaux de vote des délégués avec pour mission d'observer surtout de tout faire pour obtenir une copie de PV de bureau de vote ou une fiche de résultats comme cela a été convenu avec la CENI. Je rappelle que la loi fait obligation à la CENI et à ses démembrements de donner pour chaque candidat une copie des PV. Au cours des réunions que nous avons eues avec la CENI dans le cadre de la préparation de ces élections locales. La CENI a dit qu'elle est incapable de donner des copies pour 16 à 17 candidats. Qu'elle n'avait dans son feuillet que six feuillets et que le premier feuillet, c'est la commission administrative de la centralisation, le deuxième, c'est au président de la CENI. Je le rappelle conformément à la loi. Troisième, c'est à l'administration du territoire, il ne resterait. (…) Comme on ne peut pas discriminer les candidats, on ne devrait pas donner cette copie-là ? Donc, on a décidé de faire des fiches de résultats qui reprendraient entièrement les données du PV et que le président du bureau de vote devait signer pour donner à chaque candidat. L'UFDG a pris soin de récupérer pour chaque bureau de vote une fiche de résultats dûment signée. Donc, nous avions ces documents. Ce qui nous a permis nous-mêmes très tôt de faire une centralisation sur la base des données rapportées par nos représentants, nos délégués dans les bureaux de vote et nous rendre compte mais on était aussi dans les CACV. On a assisté à cette mascarade, à cette transformation, à cette élimination abusive et injustifiée de certains PV juste pour permettre au parti présidentiel d'être en avant. Donc, nous avions collecté tout ça. Il ne s'agit pas d'une masse, d'une troupe importante de PV ou de copies, il n'y a que 334 PV concernés sur l'ensemble du territoire pour les circonscriptions pour lesquelles nous avons ces PV.
On a dit qu'on a ces PV. Le président de la République à un moment donné a décidé de demander à la CENI en tant qu'expert d'examiner nos réclamations, d'examiner nos pièces à conviction et de s'assurer le bien fondé de nos revendications ou pas. C'est dans ce cadre que la CENI a fait une circulaire invitant les partis politiques à venir avec leurs pièces à conviction. On a dit que juridiquement, il n'y avait pas de possibilité d'aller au-delà de la proclamation faite par la CENI après les décisions prises par les TPI par rapport aux recours introduits par les partis politiques.
On avait dit qu'il y a une solution. Si les CACV ont pris des décisions sur la base des données fausses après annulations des suffrages des Guinéens. Je vous donne des exemples. Il y a des quartiers où il y avait un seul bureau de vote. A Dubréka, on a annulé le bureau de vote parce que l'UFDG venait largement avant. S'il est prouvé que sur le fond, les CACV ont pris des décisions illégales parce que transformer un PV c'est une décision irrégulière, l'annuler sans motif, c'est une décision injuste. Et si les TPI ont validé ces décisions sans vraiment instruire objectivement et conformément au droit les recours des partis politiques, en ce moment, on devait voir quelle solution politique apportée à ce problème.
Nous étions forts des preuves irréfutables de nos recours, pas toute la Guinée. Mais les 11 circonscriptions pour lesquelles, on avait les données, on voulait qu'on les regarde. Et le président de la République a eu, dans une première phase, la sagesse de demander à la CENI de nous recevoir. Nous sommes allés. On a discuté avec la CENI des modalités de travail et le président de la CENI est sorti d'ailleurs le premier jour pour dire qu'il est consulté en tant qu'expert puisque la loi ne lui donne pas une base juridique de transformer. Maintenant, qu'il va examiner ces pièces s'assurer de leur bien fondé et puis faire un rapport au président de la république. Nous avons dit qu'il n'y a pas de problèmes. Nous, nous avons des pièces puisque les PV, les copies existent partout. Lui-même, il est destinateur en tant que président de la CENI conformément à l'article 85 du code électoral d'une copie de PV de bureau de vote.
Nous allons présenter et s'il y a des doutes, ils vont vérifier à partir des copies qu'ils détiennent ou à partir d'autres copies puisqu'on a dit l'administration du territoire en a, les démembrements de la CENI en ont et qu'on avait dit dans le code électoral à l'article 85 que la copie du PV, la deuxième copie serait transmise au président de la CENI par les voies les plus rapides. Je suppose qu'aujourd'hui depuis le quatre, il devrait avoir ces copies mais s'il n'a pas, il peut la demander. Il s'agit pour l'UFDG de 335 ou 334 PV simplement. Ce n'est pas les 15 mille bureaux de vote parce que même ceux les interlocuteurs qu'on a eus au niveau de la communauté Internationale et ailleurs parce qu'on a expliqué un peu partout au niveau de l'église, on a dit qu'il s'agit simplement de 7 ou 8 circonscriptions à l'époque.
Et je pense qu'aussi, le président de la République en prenant la décision de faire vérifier ça, en tant que clef de voûte des institutions, si les institutions ont mal fonctionné, si l'institution judiciaire n'a pas fait correctement son travail, si la CACV n'a pas fait correctement son travail pour une raison ou pour une autre, on vérifie on s'assure que cela est bien, on peut trouver une décision politique mais fondée sur des PV sincères et qui reflètent fidèlement ce qui a été trouvé dans les urnes.
Alors malheureusement, lorsqu'on a vu le président de la CENI, le premier jour, il semblait coopérer à ça. Il a dit qu'il y a de problèmes. L'UFDG viendra mardi pour présenter ses choses et les autres partis, chacun, on va lui donner un jour pour présenter s'ils ont des pièces. Il s'agissait d'examiner des pièces pour s'assurer de leur authenticité et de leur sincérité par rapport à la vérité des urnes. Donc malheureusement, lorsque la mission est partie pour commencer cet exercice, le président de la CENI a dit qu'il n'a pas de base juridique pour écouter ou entendre, pour vérifier les documents que l'UFDG avait à présenter contrairement à la circulaire qu'il avait faite sur instruction du président de la République et sur la déclaration que lui-même avait fait. La première fois, lorsque nous sommes allés le voir pour définir avec lui les modalités d'organiser ce travail.
On a suivi le président de la CENI qui dit qu'en plus du parti UFDG, il y a d'autres formations politiques qui ont fait des revendications. Et vous vous réclamez la commission mixte que pour votre parti seulement. Est-ce que ce n'est pas aussi ce manque d'unité de l'opposition dans son ensemble au tour de ces réclamations qui freine ce processus ?
Pas du tout. Dans le premier communiqué qui a été diffusé par la CENI suite aux instructions du président de la République, on avait dit que c'est tous les partis qui ont des griefs fondés avec des pièces de conviction. Chaque parti avait la possibilité de venir présenter ses pièces à conviction. Dans le communiqué de la CENI, c'était clair. Au niveau de l'opposition, on s'était retrouvé plusieurs reprises pour organiser la ville morte ensemble mais aussi pour préparer chacun en ce qui le concerne en fonction des pièces dont il dispose. Cette rencontre s'est exercée avec la CENI.
Alors maintenant qu'il n'y a aucune autre voie de recours, à quoi peut-on s'attendre dans les prochains jours ?
On a parlé tout à l'heure de la mauvaise gouvernance. Le président de la République avait demandé à la CENI de faire cet exercice avec nous et de lui rendre compte. Finalement, la CENI dit qu'elle ne fait pas. Est-ce que c'est le président de la République qui a changé la décision ? Est-ce que c'est la CENI qui a décidé toute seule parce que nous sommes en fin de règne chacun fait ce qu'il veut, de ne pas se livrer à cet exercice. On ne sait pas. Ce qui est sûr par contre, c'est que nous nous sommes dit qu'on ne reculera pas tant qu'on ne restituera pas nos suffrages parce que les suffrages ont été volés aux partis politiques de l'opposition et chaque parti dispose des pièces à conviction pour mettre en évidence ce hold-up qui a été opéré au niveau des CACV.
Donc l'opposition va se retrouver ce 8 mars à 11h pour donner le calendrier de la reprise des manifestations parce que nous n'accepterons pas. Nous avons des preuves irréfutables du vol qui a été opéré au niveau des CACV. Nous voulons que la vérité des urnes soit reconnue et que les PV issus des urnes soient centralisés et qu'on ne fasse pas une centralisation juste pour favoriser la partie présidentielle. Nous ne l'accepterons pas, nous avions accepté de rentrer dans cet exercice de vérification parce que nous avons des pièces à conviction, nous avons des preuves irréfutables. Dès lors que cette opportunité nous est retirée, on n'a pas d'autres recours pour protester contre la violation de la loi, la violation de nos droits par les CACV. Nous n'avons pas d'autres recours que la rue et on la prendra croyez-moi de manière vraiment ferme et durable.
Au lendemain de l'élection, il y a eu de la violence. Votre domicile a été attaqué. Votre résidence à Nongo a également reçu la visite des hommes armés. Est-ce qu'aujourd'hui, vous avez le sentiment qu'on veut attenter à votre vie ?
Oui ! J'ai beaucoup d'informations selon lesquelles, il y a des petits groupes proches du pouvoir qui pensent que le mieux pour Alpha Condé, c'est de m'éliminer physiquement parce qu'on considère que je l'empêche de gouverner. Depuis 2010, on organise des manifestations et que l'image du pays à l'extérieur est mal vue. Et que j'étais responsable de tout ça. Mais je n'ai pas de souci pour ça. Je me bats pour une cause juste. Je disais l'autre jour à l'assemblée générale du parti, si Cellou disparaît, il y aura encore 20, 30 ou 40 Cellou Dalein. Je pense que les Guinéens veulent vivre dans un pays régi par les règles de la démocratie et de l'Etat de droit.
Nous voulons vivre dans une société plus juste où les droits humains sont protégés où les libertés fondamentales sont reconnues et protéger. Aujourd'hui, ce n'est pas le cas. Cette mauvaise gouvernance à laquelle le professeur vient s'illustrer à travers la dilapidation de nos ressources, la violation des droits des citoyens, vous voyez comment les gens sont assassinés. Quatre-vingt-six citoyens assassinés à bout portant par les forces de l'ordre sans que jamais la compassion du gouvernement ne soit reçue dans les familles, sans que jamais une enquête ne soit ouverte, sans que jamais une sanction administrative ne soit prononcée à l'endroit des responsables de la sécurité. Est-ce que ça c'est acceptable ?
Il faut que les Guinéens se mobilisent et qu'on se révolte parce que qu'aujourd'hui M. Alpha Condé n'a plus même la légitimité pour diriger ce pays, avec tout ce qu'il fait, avec tout ce qui arrive à la cour constitutionnelle, ce qui arrive aux syndicats, ce qui arrive à l'université, ce qui arrive avec les élections. On n'a jamais organisé depuis que M. Alpha Condé est là des élections libres et transparentes. Il faut que les Guinéens se mobilisent pour exiger le respect des lois de la République. Le respect de la constitution et cet égard vous le savez, les militants de l'UFDG seront toujours en première ligne. Et aujourd'hui, ce n'est pas seul, c'est beaucoup de Guinéens écœurés, révoltés par cette gouvernance qui viole en permanence les droits des citoyens et les lois de la Républiques.
Le président Condé est certainement touché par ce qui se passe au tour de lui parce qu'il a fait une adresse à la nation dans laquelle il demande une trêve aux partenaires sociaux dont l'opposition. Est-ce que vous allez accéder à cette trêve ?
Comment voulez-vous parler de trêve. J'ai dit tout à l'heure qu'il a eu la sagesse en tant que clef de voûte des institutions de trouver une solution au contentieux électoral.
Une solution politique fondée sur la vérité, fondée sur la réalité des urnes et puis finalement, il renonce à ça et il demande la trêve. Nous, nous ne pouvons pas entendre ça. Dans son discours il m'a beaucoup déçu, lorsque j'ai appris que le président va faire une annonce, une adresse à la nation. Les adresses à la nation, c'est l'occasion du nouvel an. C'est à l'occasion de l'anniversaire de l'Indépendance. Lorsqu'on annonce une adresse à la nation, je m'attendais à beaucoup de choses.
Malheureusement, lorsque j'ai écouté le président, j'ai vu qu'il n'y avait rien, on ne parle pas du contentieux électoral, on ne pense pas aux nombreux citoyens tués à bout portant par les forces de l'ordre pour lesquelles le gouvernement avait pris des engagements pour ouvrir des enquêtes et indemniser les victimes. Rien de tout ça. C'était une phrase élogieuse, habituelle. Je dis encore, on n'obtient pas la paix en rappelant ses vertus et ses avantages, on n'obtient pas la paix en exhortant la paix. On obtient la paix en faisant en sorte qu'il y ait justice, que des droits des uns et des autres soient respectés. Parce que le non-respect des droits des citoyens peut être source de conflit Tout le monde connaît les avantages de la paix. Personne, personne ne dira qu'il est contre la paix. Nous sommes tous pour la paix, mais la paix dans la justice. S'il n'y a pas de justice, il est difficile qu'on dise qu'il y a la paix, parce que la paix d'abord, c'est la paix du cœur.
Lorsque vous êtes en insécurité, lorsque vous ne mangez pas, lorsque vous ne pouvez pas vous soigner, lorsque vous êtes en permanence la proie à la faim, à l'insécurité, vous n'êtes pas en paix, surtout lorsque vous n'avez pas de recours. La justice est inféodée, les institutions ne sont pas indépendantes. Tout est géré par l'exécutif par le président de la République. Il n'y a pas de séparation de pouvoirs. Je pense qu'on est loin d'être dans un pays normal.
Qu'est ce qui a fait changer Cellou Dalein ces derniers temps. On a vu que vous avez beaucoup changé et dans le ton et dans les comportements face surtout à cette gouvernance ?
Moi, j'ai toujours dénoncé la gouvernance peut être que, très souvent, j'ai voulu privilégié le dialogue et les concertations maintenant je me suis rendu compte qu'on se fera toujours rouler dans la farine avec M. Alpha Condé. Il n'aime pas le dialogue, il n'aime pas la concertation, il n'aime pas le droit et la vérité, ce qu'il aime, c'est l'épreuve de force.
Alors, la Constitution stipule que de temps en temps, le président de la République et le chef de file de l'opposition devraient se concerter lorsqu'il y a des problèmes, lorsqu'il y a péril en la demeure. Est-ce ça se fait ? Depuis quand vous et le président Condé, vous vous n'êtes pas concertés sur les intérêts de la nation ?
Il y a très, très longtemps qu'on ne s'est pas concertés. Il y a plus d'un an et demi qu'on ne s'est pas vus. Je crois que la dernière fois qu'on s'était vus, c'était à la veille du décès de mon grand frère en 2016. En septembre 2016, on a eu un entretien bilatéral lui et moi. Il a toujours pensé me sanctionner en disant d'arrêter les processus d'achat de mes véhicules qui sont prévus par la loi en tant que chef de file, d'arrêter de verser les trimestrialités qui étaient prévues au niveau du budget de chef de file.
Les gens vous reprochent de faire allusion à ça. C'est comme si vous le réclamiez ?
Je ne réclame pas je note simplement, c'est la loi. M. Alpha Condé viole la loi en refusant qu'on ne m'achète des véhicules qui sont prévus par la loi simplement. Mais je n'ai jamais revendiqué sinon cette loi que lui-même a fait introduire en 2014, sinon en 2015, je n'ai rien eu. Personne ne m'a entendu parler de ça.
Les gens disent que le mieux aurait été de réclamer l'indemnisation pour les personnes victimes de violences ?
Mais, regardez, il n'y a aucun dialogue politique au cours duquel l'opposition n'a pas réclamé l'indemnisation des victimes. Regardez, l'accord politique de 2013. Le relevé de conclusion du dialogue du 2014, l'accord politique du 20 aout du 2015, l'accord politique du 12 Octobre 2016. Chaque fois qu'on a eu la possibilité de dialoguer avec le gouvernement, chaque fois qu'on a eu l'opportunité de conclure un accord politique, l'opposition a réclamé l'ouverture des enquêtes pour identifier les auteurs et commanditaires des crimes commis lors de nos manifestations et surtout l'indemnisation des victimes ça n'a jamais été appliquée.
Vos relations avec Sidya Touré, depuis le 4 Février. Il semble que vous vous appelez, vous discutez. L'opinion s'accorde même à dire que l'alternance en 2020 passera forcément par une union des forces UFDG, UFR aussi. Êtes-vous ouvert à une réconciliation avec Sidya Touré dans le vrai sens du terme ?
Je suis ouvert au rassemblement de toutes les forces de progrès dans ce pays. Je suis contre la corruption, je suis contre la mauvaise gouvernance, contre l'injustice la violation des droits humains. Je milite pour plus de liberté pour notre peuple, plus de prospérité, plus de progrès. Tout ce qui peut être fait au tour de ces valeurs, je suis ouvert.
Donc avec Sidya tout commence à rouler ?
Il n'y a pas grand-chose de nouveau mais on a commencé à se parler pendant les élections pour déplorer ensemble les fraudes que le parti présidentiel est en train d'organiser. Je crois qu'il a dit, il pensait que l'adversaire du RPG, c'est l'UFDG, mais il semble qu'ils n'ont pas suffisamment ménagé. C'est ce qui explique un peu sa frustration. Il a essayé de m'en parler mais on n'est pas allé plus loin pour l'instant.
Cette gouvernance Condé qui traverse des zones de turbulences avec ces nombreux remous sociaux. En tant que chef de file de l'opposition, un acteur du développement, quelles solutions de sortie de crises envisagez-vous pour en finir avec tout ça ?
Prenons la grève des enseignants. D'abord, ils ont refusé de discuter avec Aboubacar Soumah. Ils ont considéré qu'il était hors la loi, Alpha Condé en tête. Il a même demandé de le mettre en examen. Lorsqu'il a vu sur le terrain que Soumah avait la légitimité, la force de conduire une grève. Malgré toutes les campagnes d'intimidation, toutes les tentatives de corruption, M. Soumah a résisté. Et bien Alpha a demandé à le recevoir. Lorsqu'il l'a reçu, il avait instruit ses ministres de ne jamais parler avec Soumah, de ne jamais traiter avec Soumah, que c'était un hors la loi qu'il fallait plutôt l'arrêter et le déférer devant les tribunaux.
Lorsqu'il a vu que le rapport de forces sur le terrain est en faveur de Soumah, c'est lui qui l'a reçu et pour plaider pratiquement coupable de n'avoir pas reconnu jusqu'à présent, il dit qu'il n'était pas informé. Il s'est déchargé sur ses ministres à qui il avait instruit de ne pas dialoguer avec lui, de ne pas traiter avec lui et même de le faire arrêter et le déférer devant les tribunaux. Aujourd'hui, Soumah a été reconnu au sommet par le président de la République lui-même, il faut qu'il discute avec lui sereinement. Je pense que Soumah est un homme aussi responsable, capable de comprendre, s'il y a des arguments pertinents pour peut-être infléchir sa position par rapport à tel point et à tel autre. Mais il faut que le gouvernement aussi fasse des efforts pour qu'il puisse sauver un secteur aussi vital, l'éducation, qui risque d'être dans une crise longue et préjudiciable pour le progrès dans notre pays.
Une synthèse d'Alpha Amadou Diallo
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu
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