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« La société guinéenne va mal et les dirigeants sont incompétents »
Alpha Amadou Diallo Jeudi, 18 Janvier 2018 14:08
Le Dr Abdoulaye Diallo, communément appelé Balal Koin, Président du parti MSD, a profité de son passage sur les antennes de la radio privée City FM, il y a quelques jours, pour mettre les pieds dans le plat, en dénonçant la mauvaise gouvernance qu'il a impute au président Condé, dans la conduite des affaires du pays. Dr Diallo, n'a pas épargné non plus le chef de file de l'opposition, Cellou Dalein Diallo, qu'il accuse de n'être pas à la hauteur des espérances.
Que pensez-vous du déjeuner de presse offert par le Président de la république ?
Absolument ! Vous savez moi je m'attendais à ce qu'Alpha fasse quelque chose comme ça, parce que Cellou avait fait déjà un déjeuner de presse. Alpha aussi, il fallait faire pour lui. En fait, je pense que les journalistes que je côtoie et que je parle avec, n'ont pas faim, n'ont pas besoin de se promener pour manger chez les autres. Ils ont besoin d'exprimer leurs opinions, d'informer, et c'est là leur marchandise, c'est là , leur vie. Le Président de la République n'a pas besoin de rassembler la presse pour je ne sais pas quoi ? Sinon, c'est pour donner un programme de la nation, qui va revigorer les relations entre les différents individus de la société guinéenne. Et c'est loin de cela. Partout il insulte, partout il dégringole, il n'a aucun respect pour les uns et pour les autres, c'est vraiment énervant.
A ce niveau, vous êtes venus, ça a trouvé que, il y a deux gouvernements ou il y a une multitude de gouvernements. Il y a le gouvernement de Mamady Youla avec ses ministres et la pléthore des ministres conseillers, ministres d'Etat conseillers à la Présidence. Donc des gens bons à rien, des gens qui se faufilent et qui ne laissent pas la loi évoluer. Donc on est le seul pays au monde où la constitution n'est pas prise en compte. Les lois organiques rien ne se passe comme ça se doit. Aucun fonctionnaire, aucun ministre, aucun homme élu ou nommé pour un poste donc la société à peu près politique, ne se réfère à une loi, ne se réfère à un principe et ne travaille à la satisfaction de la population. C'est malheureux. Alors, ce déjeuner a montré qu'il y a une tare, il y a un manque. La société guinéenne va mal et les dirigeants sont incompétents.
Lors de ce déjeuner, le Président a menacé tout diplomate qui se mêlerait des affaires internes de la Guinée d'expulsion. Est-ce à votre avis, une parole en l'air ou une volonté du régime de durcir le ton ?
Non ! Vous savez, Alpha peut menacer ses citoyens, ses sujets en quelque sorte mais les diplomates étrangers ? Il ne peut pas parce que ça c'est régi par les accords de Vienne. Qu'est-ce qu'un diplomate doit faire ? Normalement, ce n'est pas au Président de rappeler ça ou de parler ça. Vous savez, Alpha c'est un Président qui se croit toujours à l'opposition parce qu'il a tous les moyens de sanctionner positivement et négativement les citoyens. Mais toute sa vie, c'est menacé des gens. J'ai entendu des gens, de ceci, cela des supputations. Dans ce même cadre, observez comment le Président a reçu l'Emir du Qatar, un bout de pays, avec peu de population, très riche, respectueux et respectable.
Il joue le tampon entre les musulmans non arabes et les musulmans arabes. Donc il a eu du respect et de la considération partout. Il vient, on le met dans un hôtel, on le laisse là à l'abandon. Un Emir ! C'est un roi, le roi d'ailleurs, on ne loge pas dans un hôtel, c'est dans un palais qu'on loge un roi. Là , ils l'ont complètement ignoré, ils ont mélangé son nom d'ailleurs à celui de son père. Donc vraiment, c'est l'amateurisme. Le problème guinéen, c'est le manque de ressources humaines. Les gens qui sont là , ne sont pas capables, et ils ne recrutent pas les hommes capables.
Puisque vous êtes politique, quel bilan vous pouvez dresser sur le plan politique au compte de l'année 2017 ?
Malheureusement, en Guinée, il n'y a pas de politique. C'est la polémique plutôt entre ceux qui se disent grands et les petits. Vous savez, c'est la minorité positive que nous, nous représentons. Nous nous battons dans une mare avec la majorité négative qui est la mouvance et l'opposition républicaine. Qu'est-ce que je veux dire. Vous savez pour le politicien, ce n'est pas la réalisation économique qui compte. Vous parlez des réalisations d'Abidjan fait par Ouattara, mais politiquement, qu'est-ce qu'ils ont fait en Côte d'Ivoire ?
Vous savez, la révolution peut envoyer quelque chose, c'est ça les investissements, les réalisations mais l'évolution peut détruire cette chose. Et le politicien, c'est lui qui aide le peuple, les populations, l'individu à mieux comprendre ce qui se passe autour de lui, à mieux analyser les phénomènes socio-culturels, environnementaux qui se passent autour d'eux, pour qu'ils s'expliquent mieux, et qu'ils acceptent de vivre avec les autres concitoyens.
Les élections communales programmées prouvent que les partis ne sont pas implantés. Donc politiquement l'année 2017, n'a jamais été faite, c'est la polémique, c'est le clientélisme, c'est le clanisme de part et d'autre des rencontres pour partager des sous, et tant pis pour le peuple.
Pourquoi vous dites des rencontres pour partager de sous ?
Quand le gouvernement se réunisse, il se partage des sous, quand le parlement se réunit, c'est pour partager des sous, des per diems et autres. Au niveau de l'opposition, c'est la même chose.
Comment chez l'opposition c'est la même chose ? Pourquoi vous le dites, vous faites allusion au budget du chef de file de l'opposition ?
Ce que Sidya reçoit comme traitement, au niveau de la présidence.
Il reçoit combien alors ?
Enfin, je ne sais pas. Même si c'est un franc, c'est de trop.
Vous pensez qu'il n'est pas là -bas bénévolement. Il reçoit forcément un pactole ?
Bien sûr, ça c'est clair ! Vous savez au temps de Sékou Touré, Mohamed Touré l'a dit. On a vu au temps de Sékou Touré, le parti Etat. Mais actuellement, nous avons l'Etat parti. Tous les profiteurs s'agrippent autour des services de l'Etat pour manger eux seuls. C'est ce qui se passe. Donc comment vous expliquez que le traitement des députés soit augmenté. M. Sydia soit bien traité. M. le chef de file de l'opposition bien traité. M. le président de la République un milliard et quelque, deux milliards par jour, bien traité, etc. Après tout ça, le peuple gagne quoi ? Ils sont incapables de nous fournir l'électricité et je crois, c'est politique.
Alors c'est pour vous dire qu'il n'y a de pas de vision politique. Et mieux, regardez ! Sidya c'est un libéral n'est-ce pas ? C'est-à -dire pour lui, c'est la politique du marché, l'offre et la demande. Alpha, c'est un socialiste, normalement, le socialiste défend les travailleurs, il augmente la RTS. Au moment où il y a la misère noire dans notre pays, il surtaxe les fonctionnaires guinéens, il diminue le revenu des travailleurs, comment peut-on expliquer ça ? Un socialiste au pouvoir ! C'est du jamais vu dans le monde. Et un libéral comme Cellou Dalein, le chef de file de l'opposition et toute l'opposition ont fait l'unanimité autour de cette surtaxe-là .
Vous voulez parler de l'adoption à l'unanimité du budget de l'année 2018 ?
Bien sûr ! Nulle part dans le monde, vous ne verrez que l'opposition vote joyeusement avec la mouvance sauf en Guinée. Ça veut dire que le parti n'existe pas parce que le parti, c'est la conviction, c'est un projet de société, c'est un programme de gouvernement, n'est-ce pas c'est une idéologie qui éduque la population qui apprend les cadres à être ambassadeurs, à un être un bon ministre honnête, un bon cadre, qui forme les citoyens à s'accepter. C'est ça le parti politique.
Maintenant non, ce n'est pas un parti politique, c'est le revenu de l'Etat, les ténors de la politique se partagent entre eux. C'est un système de prébende et de clans. Et ils se sont retrouvés tous autour de ça. Donc l'Etat est devenu parti pour eux. Ils n'ont pas de conviction, ils n'ont pas de projet de société.
C'est la vache laitière ?
Voilà ! L'Etat, c'est la vache laitière. Il n'y a pas de biens communs, c'est-à -dire vous prenez tout ce qui appartient à tout le monde, il n'y a pas de sanctions, il n'y a pas de contrôle, rien. Alpha n'est pas lucide pour gérer la Guinée, ça se voit tous les jours. Sinon comment, jusqu'ici Sékou Souapé Soumah n'a pas été remplacé? Comment Kourouma décrié à l'éducation peut-il revenir à la ville ? Vous pensez que si Alpha était lucide et dirigeait la Guinée, il va accepter qu'il soit toujours décrié ? Quel est le seul homme qui n'aime pas l'honneur ? Donc, comprenez que ce n'est pas de la politique qu'on parle, c'est l'affairisme, le clientélisme et on pousse le peuple à avoir la misère, à croupir dans la misère, à avoir peur, à être malade et affamé.
Par rapport au bilan, est-ce que vous ne pensez pas que la tenue en vue pour le 4 Février des élections locales, n'est pas à mettre à l'actif du pouvoir exécutif ?
Vous savez, les élections là , on les a forcés à faire. Combien des gens sont morts rien que pour organiser des élections. Et rappelez-vous que les accords de Ouagadougou au temps de capitaine Dadis. Dadis avait dit bon, on va commencer par les élections locales, après les législatives, on positionne de la base au sommet les partis, et pour finir par les élections présidentielles. Tous ces ténors-là pensaient que dès qu'on organise les élections présidentielles, ils vont être Présidents. Alors, ils tripatouillent les autres à leur guise. Que ce soit Sidya ou Cellou ou Kouyaté, comme Alpha est en train de faire, il allait se passer la même chose.
Donc ils ont refusé un schéma démocratique évolutif au profit d'une magouille qui ne prend pas fin. Donc, les élections communales devaient finir la transition en Guinée. Mais, nous sommes toujours dans la transition. Alpha, depuis qu'il est au pouvoir, il n'a jamais appliqué un seul principe, une seule loi. Tout ce qu'on a obtenu avec Alpha, c'est avec force. Donc finalement, on va aux élections communales.
Le RPG a des candidats dans l'ensemble des 342 circonscriptions...
Doucement, il y a des nominations en vue. Le RPG, il se dit parti au pouvoir mais vous voyez la dernière grève des enseignants, quand K au carré a appelé Doumbouya pour lui dire ha ! C'est nous, c'est entre nous, les autres sont nos ennemis, donc le critère ethniciste, il a vu que ça ne marche pas. Donc l'ethnie ne va plus marcher en Guinée à partir de 2018, donc il faut des idées. Le RPG par exemple à Dinguiraye, ils n'ont pas de candidat, ils n'ont pas de tête de liste, toute la préfecture. Là -bas par exemple : l'UFDG à Dinguiraye, le fédéral de l'UFDG, le président de la délégation spéciale, ils sont à couteaux tirés, ils ont parachuté un député uninominal venu de Paris qui ne connaît rien de Dinguiraye, on a voté pour lui, pour être député. On a laissé ceux qui pouvaient défendre réellement.
Vous faites allusion à Fodé Maréga ?
Bien sûr ! Maréga, il est toujours en France. Il ne connaît pas ce qui se passe à Dinguiraye. Vous voyez, le parti n'organise pas localement la population. Ils sont venus ici. Les dirigeants n'ont pas pu régler le problème, finalement le président de la délégation spéciale va se présenter sous la bannière des indépendants. Au RPG, comme ils ont vu qu'ils n'ont aucun représentant ailleurs en Guinée, ils disent eux ils soutiennent, les listes indépendantes pour qu'après les élections, qu'ils puissent camoufler et nommer des élus à leur guise. Prenez l'UFDG, la liste qu'ils ont publiée, Téliré, dans Mali Yimbéring, toutes les sous-préfectures même du Fouta, l'UFDG n'a pas de représentant. Comment vous expliquez. Alpha par-là soutient les listes indépendantes, Cellou avait banni les listes indépendantes. Donc il y a la balance entre eux qui jouent mais je l'ai dit depuis toujours, c'est-à -dire eux ils s'entendent sur le dos du peuple.
Donc les élections d'abord locales, nous à notre vision au niveau 2018, c'est restaurer la gouvernance locale, la notabilité, la sagesse du village, quelle importance a le « Soti Kemo » en Haute Guinée, assure les villages, quelle influence le « Massa » a sur les Toma, le prêtre a sur ses fidèles, l'imam a sur ses fidèles, le mari sur son épouse, sur la famille ? Comment un cimetière peut être partagé par des musulmans, des chrétiens, les animistes ? Parce qu'ils vivent ensemble dans la même localité. Donc ce n'est pas à négliger. Les élections locales sont plus importantes parce ça fait la paix à la base.
Justement c'est pourquoi, nous disons que ces élections sont quand même un actif positif pour ce pouvoir, même si on a tardé à les organiser.
Jamais ! Mais, c'est leur rôle. C'est une obligation pour eux. Si vous êtes malade, je suis médecin, je vous consulte, c'est mon travail. Chacun de nous doit faire son travail. Le travail de gouvernement, c'est de s'acquitter les recommandations mises par la constitution ainsi de suite, et de servir la population. C'est eux qui sont esclaves de la population. Malheureusement chez nous, c'est le contraire. Donc pour dire que ce n'est parce que le gouvernement est bien qu'il organise les élections, non ! C'est la manière d'organiser les élections. C'est par là qu'on peut apprécier le travail bien fait d'un gouvernement.
M. le président de MSD, dites-nous votre positionnement politique ?
Vous savez, on a divisé la politique en deux camps : la mouvance, ceux qui courent derrière le Président de la République ou bien l'opposition républicaine ceux qui courent derrière Cellou Dalein Diallo. Mais la politique, ce n'est pas ça. Un parti politique, il a la liberté d'exercer sa manière de voir les choses sur l'étendue du territoire national. Il est d'office à l'opposition s'il n'est pas au pouvoir. Un amas des partis durant tout le temps, c'est propre seulement à la Guinée. Sinon, il y a des alliances électorales pendant les élections. Et là aussi, ces partis politiques dont on parle, par exemple. La position de MSD va être déclarée à un parti qui va prendre le pouvoir, tant que le parti respecte ça, aucun membre de MSD ne peut être ministre.
Tant que le parti au pouvoir respecte les closes de l'accord près électoral, à l'assemblée, le MSD soutient ce parti-là , c'est comme ça on fait partout dans le monde. En Guinée, c'est la ‘'Mamaya''. Sinon comment expliquez-vous, qu'un beau matin, un Sidya libéral va trouver un Alpha socialiste ? Sur quelle base idéologique et politique ? Non ! C'est l'hypocrisie, n'est-ce pas ? Comment, un Cellou libéral aussi va s'accommoder, et dire qu'Alpha c'est un dirigeant vraiment digne de confiance. Sur quelle base idéologue, il peut déclarer ça.
(…) Alors nous, notre ligne politique c'est quoi ? Vous savez, c'est au 16ème siècle avec les impressionnistes, quand ils ont divisé, ils ont observé qu'à l'antiquité que c'était la force, la conviction, la valeur de l'homme, sa capacité intellectuelle et physique. Donc, il voulait ramener ce temps-là , ils ont sorti l'église dans l'affaire de l'Etat. Donc, le monde s'est divisé en deux camps : ceux qui disent ; même si l'église doit quitter dans les affaires de l'Etat mais c'est Dieu qui a émancipé la société par l'intermédiaire de ses prophètes. Donc le but ultime de toute science, c'est de démontrer ce que les prophètes ont amené est vérité, c'est la droite. Ils ont reconnu Dieu, l'église.
Nous, nous sommes des musulmans démocrates. Nous reconnaissons aux animistes d'exister mais ils acceptent notre existence. On peut former un même parti, c'est l'opinion publique. Nous, nous comptons sur la famille comme la cellule fondamentale de la société, comme un réservoir inépuisable de la nation. Nous disons dès que nous arriverons au pouvoir de donner la bourse pour faire une pépinière des hommes valables parce que la morale s'enseigne en famille et tu viens maintenant à l'école pour apprendre à lire, écrire et à calculer. Mais il faut savoir que la morale et la religion, c'est en famille.
Donc savoir ne pas voler, ne pas tricher, tout ce qui est acceptable par la société, c'est seul en famille on enseigne ça à l'enfant. Maintenant, ça c'est un Dieu, non c'est Allah, c'est cette forêt qui est sacrée, c'est en famille qu'on enseigne ça. Donc la laïcité ne veut pas dire l'absence de religieux. C'est la liberté de chaque individu, dans une société de choisir sa religion et de la pratiquer sans déranger l'autre. Alors, nous sommes de droite, nous reconnaissons Dieu, nous reconnaissons la famille. Nous voulons que les Guinéens s'entendent et que chacun reconnaisse l'autre, pour la bonne marche de la démocratie, sans la démocratie, l'Etat ne peut pas exister.
On ne peut pas faire un peuple dans la démagogie en disant : le malinké est animiste, le forestier est ceci, le peulh se retrouve autour d'une mosquée, le soussou…, ainsi de suite. Il faut qu'on mette tout ça de côté, qu'on reconnaisse l'individu comme droit de vote et que chacun accepte l'autre.
Vous dites que vous êtes de la droite. D'ailleurs à un moment donné, vous avez flirté avec l'UFDG de Cellou Dalein Diallo et puis il y a eu rupture. Vous étiez proche de lui. Qu'est ce qui s'est passé pour que vous preniez vos distances avec le chef de file de l'opposition ?
C'est uniquement un problème d'opinion parce que lui, il est libéral. Moi, je suis conservateur. Moi, je respecte les valeurs. Par exemple, je n'aime pas la contraception. Je ne reconnaitrai jamais l'homosexualité, je ne vais jamais croire au réchauffement climatique. J'ai assisté à beaucoup de bidonnages qu'on fait au niveau international.
Parlant de vous si vous étiez aux États-Unis, on vous mettrait dans le sac des Républicains ?
Bien sûr !
En France dans le camp du parti Les républicains.
La droite française est l'unique droite qui ne reconnaît pas Dieu. Sinon, les chrétiens démocrates allemands, en mangeant il prie Dieu ; c'est des religieux. Les conservateurs britanniques la même chose, les conservateurs iraniens, c'est la même chose. C'est-à -dire ici, on n'est pas habitué à faire de la politique avec la conviction.
Mais j'ai vu que les Guinéens ne sont pas captifs de leurs rendez-vous, de leur engagement. Et je suis revenu très pauvre en Guinée. Donc, j'ai abandonné la politique. Je me suis fait une adresse. Quand Cellou Dalein a été nommé Premier ministre, tous les Guinéens étaient contents. (…).
C'est la navigation à vue ?
Ce n'est même pas une navigation, parce qu'il y avait pas d'ordre. C'est le système africain de gouvernance. Le Président règle tout. Il ne délègue aucun rôle, aux personnes qui gravitent autour de lui, chacun se croit le plus rapproché de Cellou. Donc, c'est la guerre infernale et il finit toujours par régler tous les problèmes. Non ! Ça ne marche pas comme ça. Nous, nous avons le sens du travail et la culture de partage, nous pourrons gouverner. Et notre système c'est quoi ? C'est-à -dire nous travaillons, nous faisons travailler tout le monde autour de nous au bénéfice de tous. Voilà le système, il faut avoir la culture.
Ce ne sont pas seulement les gens qui viennent acclamer autour de toi. Mais chacun a un rôle précis qu'il fait au bénéfice des gens. Et s'il est incapable, on le remplace, si le Président décède on le remplace. (…) Donc des grands hommes, des grandes idées, des grandes entreprises, des grandes institutions. C'est ça notre vision. Et nous sommes fiers avec le peu que nous gagnons. Nous voulons que la société soit riche et que nous soyons parmi les riches, donc nous ne pouvons pas nous associer à des anciens.
Remarquez, il y a 3 formations politiques qui ont un constat positif en Guinée dans l'histoire. C'est l'UPR, l'UFD et le MSD. Ce sont des dirigeants qui ont observé la société qui ont vu que la religion est déjà bafouée, que la culture ne compte plus, que l'éducation manque. Nous, partout nous cherchons les moyens, comment lutter contre tout cela. Et comment ramener le peuple au travail ? Comment ramener le peuple au bon sentiment ? Et pour faire de bien. Mais, tous les autres partis, ce sont des partis des anciens ministres frustrés qui veulent se venger de quelque chose. Ils ont toujours un plan secret qu'ils ne disent pas.
Donc, ça veut dire qu'il y a un triangle amoureux aujourd'hui entre l'UPR, l'UFD et le MSD ?
Non ! C'est la fondation, je ne dis pas ce qui se passe actuellement, ce que Siradiou avait fait pour faire le parti, il disait qu'il n'est pas venu pour prendre le pouvoir.
Vous pensez que l'UPR a perdu son âme ?
Bien sûr ! L'UPR ne continue plus dans le même sens. Bah Ousmane est plus fort et plus éloquent, et plus respectueux de certaines valeurs que beaucoup de dirigeants (…).
Pourquoi vous accusez Bah Ousmane de s'être sabordé à Alpha Condé, alors que feu Alpha Sow a été le directeur de compagne d'Alpha Condé ?
Non, ce n'est pas la même chose. Le Professeur Alpha Ibrahima Sow et le Professseur Alpha Condé étaient des amis, ils étaient ensemble à Paris. Le Professeur Sow a dit que : Alpha est à aider, que Siradiou est capable. Pour eux, Ibrahim Baba Kaké est capable. Pour eux, c'était son raisonnement à lui. Donc il faut aider le faible. C'est la théorie de Paris qu'ils ont transposée à Conakry, parce qu'ils disent que Siradiou lui, a son logement à lui, une villa. Mais qu'Alpha vit dans un studio. Dr Ibrahima Kaké est un professeur, il n'est pas à aider.
Une synthèse d'Alpha Amadou Diallo
L'Indépendant, partenaire de GuineeActu
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