Desserte en électricité : la communication alarmante de Cheick Taliby Sylla

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SYLLA_Cheick_Taliby_01Malgré le lancement du barrage de Kaléta en grande pompe en 2015, le problème de courant demeure toujours un véritable casse-tête. Conakry et les villes environnantes sont plongées dans le noir depuis la fin de la saison des pluies au grand dam de ceux qui estimaient que les délestages sont devenus de vieux souvenirs.


L'euphorie n'a été que de courte durée. Avec l'arrêt de la pluie, le niveau de l'eau a drastiquement baissé au niveau du barrage de Kaléta. Au-delà de la baisse du niveau d'eau, la société d'exploitation, l'Electricité de Guinée (EDG) serait endettée jusqu'au cou. Du coup, la desserte en courant baisse. Et cela n'est pas sans conséquences : Conakry commence à enregistrer des manif dans certains quartiers. Les populations étant habituées au courant réclament son retour dans les foyers. Ce qui n'est pas pour demain à écouter les principaux responsables de la structure qui dénoncent le manque de rentabilité et la perte du peu de courant produit à cause de la vétusté des installations.


Aujourd'hui, l'Etat même se demande à quel saint se vouer tant toutes les solutions envisagées ont voué à l'échec. C'est pourquoi, lors du conseil des ministres du 4 janvier, le dossier n'a pas été occulté. Le Ministre de l'Energie et de l'Hydraulique a fait une communication relative à la problématique de fourniture du carburant pour la desserte en électricité. Dans cette communication, Cheick Taliby Sylla a précisé qu'EDG gère deux réseaux interconnectés. Ces deux réseaux sont alimentés par une capacité totale installée de 572,4 MW dont : 365,4 MW en hydraulique et 207 MW en thermique, pour une capacité utile de 433,4 MW.


Le ministre de l'Energie poursuit en expliquant ce qui serait à la base de cette crise de courant dans la cité. Pour lui, ce sont les éléments environnementaux qui impactent négativement le niveau de production des barrages hydroélectriques. Pêle-mêle, il cite entre autres : l'irrégularité de la pluviométrie, l'activité anthropique des populations détruisant le couvert végétal le long des cours d'eau et, de façon générale, le réchauffement climatique.


Sur la même lancée, il a affirmé que la combinaison de ces éléments se traduit par l'installation précoce de la période d'étiage d'où le recours aux centrales thermiques existantes comme c'est le cas actuellement. Toujours dans sa communication le Ministre Sylla a informé qu'en décembre 2017, la production thermique a représenté 50% de la production totale. Et cette part passera à environ 60% à partir de ce mois de janvier 2018 et ce, jusqu'à juin 2018. Ainsi, la consommation de combustible HFO est estimée pour 2018 à 1 061 milliards GNF contre 491 milliards GNF en 2017, soit une augmentation de 570 milliards GNF.


Cheick Taliby Sylla a par la suite attiré l'attention du guvernement sur le fait que les créances impayées de fourniture d'HFO à EDG-IPP et capitales régionales avoisinent les 300 milliards GNF. En conséquence, le fournisseur principal de carburant, Star Oil a réduit drastiquement ses approvisionnements aux différentes centrales thermiques en service. Ce qui se traduit par les délestages observés en ce moment sur les différents réseaux, allant jusqu'à 100 MW de puissance délestée.


Selon lui, ce problème des créances impayées de Star Oil continuera de perturber la desserte si des solutions n'y sont pas apportées définitivement.

Déclinant quelques solutions envisageables, il a souligné ceci : la renégociation des prix avec les fournisseurs de carburant avec une garantie de paiement; la mise en place d'un crédit revolving de 30 millions de dollars USD sous financement de la BID; l'accroissement de la capacité de stockage de HFO suffisante au regard des besoins croissants d'EDG.


Pour terminer, Cheick Taliby a informé que le recours aux moyens de production thermique pèse lourdement sur les charges d'EDG. Ainsi, le coût moyen du Kwh produit par les centrales thermiques peut atteindre 3 627 GNF (40 cts USD) contre 956 GNF (10 cts USD) pour la centrale de Kaléta, pour un prix de vente moyen de 946 GNF.


Richard Tamone

Le Démocrate, partenaire de GuineeActu


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