Amadou Kendessa Diallo Mercredi, 10 Janvier 2018 15:46
Dans son traditionnel discours de vœux, prononcé le 31 Décembre, le président de la République a vanté son bilan de l'année 2017, et annoncé dans la foulée, des perspectives heureuses, pour 2018. Cela va de l'organisation des élections locales prévues ce 4 Février, à la signature de l'accord bilatéral avec la Chine, et le groupe des partenaires, dans le cadre du Pnds, de la réforme des forces de défense et de sécurité à celle de la Justice. Une allocution qui frise l'autosatisfaction.
Le président de la république a, dans son discours de l'an, mis l'accent sur la fierté guinéenne, du fait d'avoir assumé la présidence de l'Union africaine qui « a permis à notre pays de hisser très haut, la vision que notre continent a sur les grandes causes du moment que sont, la paix, les luttes contre le terrorisme, le péril climatique, ainsi que l'engagement qu'il a pour un développement économique centré sur l'amélioration des conditions de vie de nos populations ». Comme on le sait, cette présidence à la tête de l'institution continentale n'a pas été un fleuve tranquille. Partant, le Chef de l'État guinéen est revenu sur « les périls humains auxquels sont exposées certaines de nos populations qui bravent les mers, au risque de leurs vies, nous interpellent, surtout lorsque s'étale sous nos yeux, le drame du trafic d'êtres humains dévoilé récemment en Libye et qui mobilise notre conscience d'africain et de citoyen du monde ».
Élections locales
Actualité oblige ! Les élections locales prévues en Février 2018 est un grand défi pour la classe politique guinéenne. Alpha Condé a souhaité dans son discours de l'an qu'elles soient « consensuelles et apaisées ». Avant d'encourager « la classe politique à garder le cap sur les points de convergence qui peuvent aider notre pays à privilégier la défense de l'intérêt général et le respect de nos lois, face à certaines manifestations injustifiées qui sont susceptibles de troubler l'ordre public et la quiétude de nos villes et campagnes ».
S'il est conscient que beaucoup de points issus du dialogue politique ont été satisfaits, le président de la République sait il en reste beaucoup encore. C'est pourquoi, il invite « le gouvernement et les partis politiques à poursuivre le dialogue et à se pencher sur toutes les réformes futures susceptibles de préserver et d'améliorer nos acquis démocratiques, notre stabilité et notre volonté de vivre ensemble ».
Bilan économique « élogieux »
Pour le Chef de l'État, « l'année 2017 s'achève avec un bilan économique prometteur pour notre pays » avec la création d'un « cadre attractif … pour favoriser les investissements extérieurs » sans oublier que l'économie du pays « a progressé de 10 points dans le classement du doing business ». L'économie guinéenne « est également classée par la Banque Mondiale, parmi les 5 pays qui se distinguent sur le plan de la compétitivité. Avec un taux de croissance économique de plus de 6%, un déficit budgétaire contenu, le taux d'inflation est aujourd'hui passé de 21 à 8% ». Les perspectives pour 2018 sont encore prometteuses avec « une forte augmentation du poste d'investissement par rapport à 2017 ».
Selon le Chef de l'État, la Guinée dispose de « nombreux projets économiques depuis la conclusion avec le Fonds monétaire international (FMI) d'un accord au mois de Décembre 2017. Ce dernier inaugure un nouveau programme de facilité élargie de crédit par lequel, la Guinée a la possibilité d'obtenir des prêts non concessionnels à hauteur de 650 millions de $, en complément d'autres financements identifiés pour le plan triennal 2017-2020. A cet effet, il a rappelé la signature avec le géant asiatique, la Chine, d'un « financement de projets prioritaires de 20 milliards de $ » pour une période de 20 ans avec un décaissement de 3 milliards dès 2018, « pour la construction de la route Coyah-Mamou-Dabola, l'assainissement des voiries de Conakry, la construction de la première université sur les 4 prévues ».
Dans son discours, Alpha Condé a rappelé la tenue à Paris le 16 Novembre dernier d'une rencontre du groupe consultatif pour le financement du Plan national de développement économique et social (PNDES) avec un possible financement de 21 milliards de $. Dans le développement, le monde rural n'a pas été oublié. A en croire le président de la République, « des investissements importants destinés à soutenir le monde rural seront faits dans le domaine de l'agriculture afin de diversifier notre potentiel agricole et nos variétés de culture. L'accent est mis sur la culture de la noix de cajou, du café, du cacao, du sésame de l'huile de palme. Les aménagements des espaces cultivables pour le riz, ont été d'ores et déjà engagés pour réduire notre dépendance extérieure ». A cela, on ajoute les programmes d'électrification des communes rurales et la valorisation des énergies renouvelables ».
La poursuite des réformes
Plusieurs secteurs stratégiques de l'État connaissent actuellement des réformes. C'est le cas des forces de défense et de sécurité et la justice. Pour le premier secteur, le président Alpha Condé a annoncé la poursuite pour un changement radical de l'image écornée d'antan des FDS. Pour le second secteur, Alpha Condé estime que sa réforme consiste à « rapprocher la justice du citoyen, de crédibiliser le système judiciaire, et de créer un environnement judiciaire favorable conforme à un état de droit ».
Malgré la brouille entre lui et la presse privée suite à la fermeture des radios et télévisions privées, le Chef de l'État guinéen encourage la presse [nationale] à continuer d'œuvrer pour la défense de nos valeurs démocratiques, dans le respect de nos lois et règlements, afin de mieux asseoir notre démocratie ».
Emploi jeune
Dans son intervention, Alpha Condé s'est aussi adressé aux jeunes de Guinée majoritairement sans emploi décent et tentés par la migration. Pour eux, le Chef de l'État annonce le lancement bientôt d'une kyrielle de projets « conformément à la volonté de l'Union Africaine de consacrer la nouvelle année au thème « investir dans la jeunesse ». « Un programme national doté d'un fonds important a été mis en œuvre pour permettre aux jeunes de créer des entreprises et de faciliter leur accès aux nouvelles technologies. Des maisons de jeunes, équipées de matériels informatiques ont été construites dans les communes de la capitale. Des centres multifonctionnels sont en cours d'édification à Conakry », indique le président de la République.
Santé publique
En matière de santé publique, le « taux de couverture vaccinale est presque complet. Il en est de même du nombre de centres de santé communautaire et de structures préfectorales qui se sont accrues. Nous avons également amélioré la capacité nationale de riposte aux épidémies ».
Outre ce secteur, l'éducation nationale est en train de connaître une « réforme en profondeur avec l'organisation des états généraux dans ce domaine, prévue prochainement. (…) Près de 10.000 classes ont été construites dans l'ensemble du pays. Plus de 5.000 enseignants ont été recrutés. Le recensement biométrique et l'introduction du traitement informatique des dossiers d'orientation et de gestion des étudiants ont contribué à une meilleure maîtrise des effectifs dans l'enseignement supérieur. Le système national d'enseignement s'oriente de plus en plus vers la prise en compte de l'adéquation entre formation et emploi et celle des attentes des employeurs. Un accent particulier a été mis sur l'enseignement technique, avec entre autres, la construction de nouveaux centres de formation ».
Amadou Kendessa Diallo
L'Indépendant, partenaire de GuineeActu
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