Amadou Sadjo Diallo Samedi, 30 Décembre 2017 12:03
L'augmentation de la RTS à 20% annoncée dans la loi de finances 2018, inquiète de plus en plus les fonctionnaires. Récemment le secrétaire général de la FESABAG, une structure syndicale affiliée à l'USTG avait dénoncé ce projet de loi. Abdoulaye Sow a parlé d'une tentative d'appauvrissement des fonctionnaires, menaçant même de déclencher une grève. Cependant, l'économiste Ibrahima Sanoh n'a pas la même lecture à propos de cette augmentation que le syndicaliste. Par contre, il fustige l'augmentation du budget de la présidence de la République.
Selon Ibrahima Sanoh, « dans n'importe quel pays, lorsque la puissance publique veut mobiliser des ressources, elle peut jouer sur l'impôt. Parce que c'est grâce à ces impôts qu'elle arrive souvent à financer ses dépenses et aussi les dépenses des collectivités. Donc, en ce sens-là, l'augmentation n'a rien de mal, d'autant plus que la tranche de 0 à un million, il y a une aération totale, mais de un million à 3 millions, jusqu'au revenu supérieur, il y a une augmentation progressive, 5 ; 15 et 20%. Donc, ça permet à la puissance publique de mobiliser beaucoup d'argent pour pouvoir non seulement, renflouer les caisses et pouvoir réussir à financer ses projets les investissements », indique d'entrée de cet économiste. Par contre, Ibrahima Sanoh ne comprend pas l'augmentation du budget alloué à la présidence de la République. Pour lui, cette évolution ne devait pas avoir lieu dès lors que la RTS est augmentée. « Au même moment qu'on est en train de faire l'effort pour mobiliser assez de ressources, en même temps on augmente le budget de la présidence de la République d'un milliard. C'est comme si on est en train de contrebalancer un peu. Il y a la main qui essaie d'accaparer l'impôt et de l'autre côté, l'autre main qui essaie de dire oui, ce qui va être accaparé on peut encore l'utiliser dans un mauvais sens. L'inconvénient, c'est la retenue à la source, ce n'est pas trop encourageant de la puissance publique. Ça sape l'efficacité qu'on veut bien donner à ce projet de lois ».
Sur la même lancée, contrairement à l'idée du syndicaliste Abdoulaye Sow, l'économiste estime que cette augmentation ne va pas appauvrir les citoyens guinéens.
« Il n'y a pas une sorte d'appauvrissement des fonctionnaires parce que, ce dont on est en train de dire là c'est un acquis, depuis 2015 les syndicats et tous se sont mis d'accord par rapport à ça. Ça les a même permis de stabiliser, je crois 2 fois le prix du carburant, ça les a permis de stabiliser les prix des denrées de première nécessité », a-t-il souligné.
Par ailleurs, Ibrahima Sanoh appelle le gouvernement à réduire la TVA pour amoindrir la souffrance de la population.
Amadou Sadjo Diallo
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu
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