Augmentation de la RTS et du budget de la présidence : la lecture décalée d'un économiste

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ibrahima sanoL'augmentation de la RTS à 20% annoncée dans la loi de finances 2018, inquiète de plus en plus les fonctionnaires. Récemment le secrétaire général de la FESABAG, une structure syndicale affiliée à l'USTG avait dénoncé ce projet de loi. Abdoulaye Sow a parlé d'une tentative d'appauvrissement des fonctionnaires, menaçant même de déclencher une grève. Cependant, l'économiste Ibrahima Sanoh n'a pas la même lecture à propos de cette augmentation que le syndicaliste. Par contre, il fustige l'augmentation du budget de la présidence de la République.


Selon Ibrahima Sanoh, « dans n'importe quel pays, lorsque la puissance publique veut mobiliser des ressources, elle peut jouer sur l'impôt. Parce que c'est grâce à ces impôts qu'elle arrive souvent à financer ses dépenses et aussi les dépenses des collectivités. Donc, en ce sens-là, l'augmentation n'a rien de mal, d'autant plus que la tranche de 0 à un million, il y a une aération totale, mais de un million à 3 millions, jusqu'au revenu supérieur, il y a une augmentation progressive, 5 ; 15 et 20%. Donc, ça permet à la puissance publique de mobiliser beaucoup d'argent pour pouvoir non seulement, renflouer les caisses et pouvoir réussir à financer ses projets les investissements », indique d'entrée de cet économiste. Par contre, Ibrahima Sanoh ne comprend pas l'augmentation du budget alloué à la présidence de la République. Pour lui, cette évolution ne devait pas avoir lieu dès lors que la RTS est augmentée. « Au même moment qu'on est en train de faire l'effort pour mobiliser assez de ressources, en même temps on augmente le budget de la présidence de la République d'un milliard. C'est comme si on est en train de contrebalancer un peu. Il y a la main qui essaie d'accaparer l'impôt et de l'autre côté, l'autre main qui essaie de dire oui, ce qui va être accaparé on peut encore l'utiliser dans un mauvais sens. L'inconvénient, c'est la retenue à la source, ce n'est pas trop encourageant de la puissance publique. Ça sape l'efficacité qu'on veut bien donner à ce projet de lois ».


Sur la même lancée, contrairement à l'idée du syndicaliste Abdoulaye Sow, l'économiste estime que cette augmentation ne va pas appauvrir les citoyens guinéens.

« Il n'y a pas une sorte d'appauvrissement des fonctionnaires parce que, ce dont on est en train de dire là c'est un acquis, depuis 2015 les syndicats et tous se sont mis d'accord par rapport à ça. Ça les a même permis de stabiliser, je crois 2 fois le prix du carburant, ça les a permis de stabiliser les prix des denrées de première nécessité », a-t-il souligné.


Par ailleurs, Ibrahima Sanoh appelle le gouvernement à réduire la TVA pour amoindrir la souffrance de la population.


Amadou Sadjo Diallo

Le Démocrate, partenaire de GuineeActu


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Commentaires  

 
+1 #2 Gandhi 01-01-2018 12:20

Sans défendre Sanoh que j'ai éreinté plus d'une fois à cause de ses inepties, je pense qu'il a voulu dire que seuls les hauts revenus (supérieurs au million de GNF) étaient impactés et que cela ne toucherait donc pas la majeure partie de la population. C'est effectivement oublier qu'un cadre de la fonction publique en Guinée fait vivre au moins 50 personnes.
En revanche, on ne comprend pas sa critique de la retenue à la source sachant qu'il sera difficile à l'État de courir après l'argent s'il est distribué aux salariés.
Quant au rapport entre les salaires guinéens et la stabilité des prix, cela fait justement partie des nombreuses lacunes de Sanoh.
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+3 #1 Fodé Soumah 30-12-2017 22:30

M. Sadjo Diallo vous parlez de M. Sanoh et ce dernier prétend « « dans n'importe quel pays, lorsque la puissance publique veut mobiliser des ressources, elle peut jouer sur l'impôt…. ».Cet « économiste » prétend que le fait d’augmenter la pression fiscale (ici augmentation des retenues sur les traitements et salaires « RTS ») ne va pas baisser le niveau de vie des salariés. Pour un « économiste » c’est incroyable qu’il ignore le fait que la baisse du revenu disponible des salariés entraîne une baisse de leur niveau de vie et donc pour les salariés en Guinée une augmentation de leur pauvreté. (Cet économiste doit retourner à l’école). M. Diallo prochainement il faut choisir les personnes avec lesquelles le débat est nourri par des réflexions pertinentes. Mais j’oubliais très certainement M.Sanoh fait partie de la génération « koko-lala », génération que le sanguinaire Sékou Touré a empêché d’apprendre en fréquentant des vrais écoles et non des CER (Centres d’Education Révolutionnaire) ! Tenez ! le Ministre de l’éducation K 2 n’est-il pas lui-même le produit des CER ? Ministre incapable de lire un texte ! Mais, K2 a une excuse : ancien gardien au portail du lycée de Simbaya devenu Ministre grâce au régime ethno-fasciste mis en place par le sanguinaire Sékou Touré et poursuivi par le Burkinabé Alifa Koné
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