Richard Tamone Samedi, 23 Décembre 2017 11:20
Me Kpana Emmanuel Bamba, président de la Ligue guinéenne de droits de l'homme (Liguido), est revenu sur la situation des droits de l'homme en Guinée, à l'occasion de la Journée mondiale de droits de l'homme. Dans son intervention de circonstance, l'activiste a indiqué globalement que la situation des droits de l'homme s'est beaucoup dégradée à travers le monde ces derniers temps. « Chez nous, la situation n'est pas aussi reluisante », selon lui.
Si nous pouvons nous réjouir d'une amélioration en ce qui concerne le cadre juridique, mais dans la pratique, la situation des droits de l'homme est inquiétante. Quand vous partez au niveau des prisons centrales, les détenus leurs droits sont bafoués par endroit », a dénoncé Me Bamba. Il souligne par la suite que dans ces lieux de détention, il manquerait de tout : le droit à l'eau potable, à l'information, à une alimentation descente, à un environnement sain.
Puis de renchérir que si, sur le plan juridique l'on peut remarquer la mise en place de certaines institutions : mais dans la pratique, la situation est inquiétante, a-t-il déploré.
Avant de regretter le fait que le Haut-commissariat de droits de l'homme ait visiblement tiré le chapeau à la gestion des droits de l'homme en Guinée. « Peut-être c'est une vérité. Mais moi en tant qu'activiste de droits de l'homme, je me rends fréquemment dans ces lieux de détention. Mais jusque-là, on n'a pas assisté à une reconstruction de prison ».
Pour corroborer ses arguments, l'avocat du barreau de Guinée de prendre l'exemple sur la plus grande maison d'arrêt du pays. Pour lui, la maison centrale de Conakry existe depuis 1930, il ajoute qu'elle était réservée pour 300 détenus : « aujourd'hui, on constate la présence de plus 1000 détenus, imaginer le reste. Et la capacité n'a pas été agrandi ».
Donc, dit-il, la situation des détenus ne s'est pas améliorée : « même si sur le plan sanitaire, dans certaines prisons du pays, on a une infirmerie. Mais ces infirmeries souffrent souvent de manque de produits adéquats pour les détenus ».
Il peint un tableau sombre de la situation des détenus dans les maisons d'arrêt, en ajoutant que les prisonniers ne bénéficient pas dans la plupart des cas de droit par exemple à la santé.
« Les repas qui sont servis-là, soit une fois par jour, ne sont pas de qualité. Non seulement la quantité n'y est pas, mais également la qualité est absente. On ne pas être face à cette situation et dire que la situation s'est considérablement améliorée », a-t-il vertement fulminé. Selon lui, les autorités de la place promettent toujours que la situation va s'améliorer. Mais que les efforts qui sont consentis à cet effet, ne sont pas de nature vraiment à changer les choses, en ce qui concerne le respect des droits de détenus. « Nous voudrions que les lieux de détention soient reconstruits, pour que la capacité puisse correspondre au nombre de personnes qui y vivent. Si cela n'est pas fait, alors la situation de ces détenus va toujours s‘empirer ».
Richard Tamone
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu
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