Grève syndicale : pas d'avancées significatives

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YOULA_Mamady_2_01Déclenchée le 13 Novembre dernier, la grève du syndicat de l'éducation continue de paralyser les cours dans certains établissements scolaires à Conakry et dans certaines villes de l'intérieur du pays. Malgré les menaces des autorités en charge de l'éducation et surtout celles du président de la République, Alpha Condé, les grévistes sont restés fermes sur leurs positions en attendant que l'ouverture d'un dialogue autour de leurs points de revendications.


Mamady Youla, muet comme une carpe

Le silence assourdissant du Premier ministre autour de cette grève qui va vers sa quatrième semaine est inquiétant. Dans ses prérogatives, le chef du gouvernement est responsable de la coordination des actions gouvernementales et de l'ouverture d'un dialogue avec une couche de la société qui a exprimé son ras-le-bol. Depuis le lancement de cette grève par des dissidents du Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (Slecg), Mamady Youla est resté dans son coin au petit palais sans, sérieusement, chercher à résoudre la crise sociale qui prévaut dans le pays. Pourtant, aux premiers jours de cette grève syndicale, 3 ministres avaient été désignés pour tenter de ramener le calme dans la cité scolaire. Au lieu de calmer les esprits des grévistes et entamer une négociation, la commission a plutôt attisé la flamme syndicale en proférant des menaces. L'arrestation et la libération par la suite de ces quelques syndicalistes, la situation ne s'est pas apaisée. L'intérieur du pays va entrer dans la danse. Labé, Boké, Gaoual, ont emboîté le pas à Conakry.


La sortie du président de la république ou l'échec de toute négociation ?

Le président de la république a-t-il capoté toute négociation avec les syndicalistes dissidents ? Tout porte à le croire dans la mesure où il est l'autorité suprême. La rencontre du 25 Novembre au palais Sékhoutoureya a mis l'huile sur le feu. Comme si on assistait à un Dadis Show, le Pr Alpha Condé s'est offert en spectacle à la télévision nationale. Entre humiliations, concessions et intimidations, il est allé dans les sens. Au lieu de déléguer certaines de ses prérogatives aux ministres désignés par la primature pour résoudre le conflit qui oppose le syndicat de l'éducation au gouvernement, il s'est mis, comme à l'accoutumée, à la tâche. Le fallait-il ? Au regard, en tout de la tournure des événements, on peut dire sans risque d'être démentis, cette rencontre de Sékhoutoureya a influencé les négociations entamées avec les grévistes.

Ce n'est pas tout. Le président Alpha Condé, sans inviter la presse, a plutôt tenté de la museler et interdire toute radio à donner la parole à Aboubacar Soumah, l'intrépide syndicaliste. Des médias qui se sont hasardés à le faire ont été fermés ou brouillés pendant plusieurs heures avant que l'Urtelgui ne réagisse mollement avec une synergie et une journée sans presse.


Les négociations traînent, la crise s'enlise

Au regard de la crispation sociale, les leaders religieux sont entrés dans la danse. A 2 reprises, ils ont tenté d'amener les syndicalistes à lever leur mot d'ordre de grève. En vain. Les syndicalistes signent et persistent que la levée du mot d'ordre de grève est conditionnelle à la satisfaction de leurs points de revendications.

A l'occasion de la rencontre du mardi entre les syndicalistes et les religieux, le porte-parole d'Aboubacar Soumah, Sâa Léno, a fait savoir que l'entame des négociations dépendra de «la levée des sanctions qui pèsent sur deux syndicalistes grévistes, le paiement de chaque enseignant à un salaire de base de 8 millions GNF, puis le paiement des 40% des 1030 du point d'indice ». En attendant, les cours sont perturbés dans plusieurs établissements scolaires à Conakry.


Amadou Kendessa Diallo

L'Indépendant, partenaire de GuineeActu


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