Dr Ousmane Kaba sur les promesses obtenues par la Guinée auprès des PTF : « les engagements des bailleurs de fonds ne sont que des déclarations d'intention »

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KABA_Ousmane_01Dans un entretien accordé à un groupe de médias dont le Démocrate, le président du parti PADES est longuement revenu sur le contentieux qui l'oppose au ministère de l'Administration du Territoire et de la Décentralisation par rapport au changement du nom de son parti RDI en PADES. Le Dr Ousmane KABA a également levé l'équivoque sur son exclusion du RPG arc-en-ciel. Pour ce qui est des financements obtenus par la Guinée auprès des partenaires techniques et financiers (PTF), il dira que ce sont des simples déclarations d'intention. L'essentiel revient au pays qui doit bénéficier du montant promis, de prouver sa capacité d'absorption.


Le Démocrate : vous avez dit que vous êtes chef d'entreprise, surtout fondateur d'Université. Ce qui est salué par tous. J'ai envie de savoir entre votre fonction d'homme politique et fondateur d'Université, quelle est l'une de deux fonctions qui finance l'autre ? Est-ce que c'est à partir de Kofi Annan que vous financez vos activités politiques ou c'est à partir de votre appartenance à la mouvance que vous parvenez à financer votre Université comme beaucoup ?

Dr Ousmane Kaba : est-ce qu'on peut financer une Université par cette voie là ? D'abord tout homme est multidimensionnel. Vous êtes journaliste mais vous êtes le mari d'une femme, vous êtes le fils de quelqu'un. Tout homme a plusieurs dimensions par définition, tout le monde, et il y a absolument aucune contradiction. Moi, je suis d'abord enseignant, c'est ça mon métier. Voilà mon métier, universitaire.

Je fais la politique par intermittence. Je ne suis pas un politicien professionnel. Vous pouvez même le sentir par ma manière de parler. Je n'ai pas fait la politique depuis longtemps. Je suis venu par dépit. En tant qu'économiste, nous donnons des conseils que les politiciens ne suivent jamais, le pays est enlisé et on nous accuse tous d'être responsable parce que beaucoup de gens ne comprennent pas que toutes les décisions soient prises par des hommes politiques, et non des économistes ou des conseillers.

Il faut savoir que l'Université Kofi Annan, c'est la toute première université en Guinée. Elle est née avant tout le monde. Toutes les autres universités n'ont fait qu'imiter Kofi Annan. Elle est de loin, la meilleure, la plus grande, la plus connue. Nous avons le maximum d'étudiants, plus que tout le monde. C'est tout à fait normal, on est la première université. Est-ce que ça veut dire qu'on est proche de la mouvance présidentielle ? D'abord au régime précédent lorsque Kofi Annan a été créé, c'était en 1999. Elle était la seule, donc tous les étudiants qui allaient dans les privés étaient dans la seule université. Et plus tard, jusqu'à dans les années 2006, jusqu'à récemment, avant le professeur Alpha Condé, c'est Kofi Annan qui avait les 2/ 3 de tous les étudiants, ensuite le 1/3. Donc la part de Kofi ne fait que baisser, alors que c'était à l'époque où on n'avait aucun pied dans le régime.


Je veux dire est-ce que c'est Kofi qui finance vos activités politiques ? Parce qu'on a besoin d'une grande ressource pour tout ça.

Bien sûr, moi j'ai toujours eu de l'argent, et j'ai commencé la politique quand j'avais plus de 60 ans, pratiquement dans la soixantaine. Donc, c'est normal que nous ayons plus de moyens que des jeunes qui veulent faire la politique. Et la politique consomme l'argent, l'origine de l'argent ne peut être la politique, à moins qu'on soit corrompu et qu'on est à des positions de gestion. Rappelez-vous que moi je n'ai pas géré depuis plus de vingt ans.


Donc, vous n'êtes pas concerné quand Alpha Condé en fait une chanson dans ses discours que des anciens ministres ont fait des universités privées ?

Ça n'a même aucun sens. Moi, j'ai fait l'école avant d'être ministre. Il faut voir déjà l'école date de 95, avant même d'être ministre. Et que le professeur Alpha Condé était toujours à l'Université Kofi Annan avant d'être Président. Donc, ça n'a rien avoir avec moi. Je suis universitaire. C'est une grande différence mais les gens ne se rendent pas compte. Quelqu'un qui a un doctorat d'Etat depuis 30 ans, qui est diplômé de la Sorbonne et de Harvard. Moi je suis qualifié pour faire l'université. Ce n'est pas la même chose que tous les Guinéens. C'est le seul pays où même les illettrés font des universités. C'est une catastrophe et les gens n'en tiennent pas compte. Je fais l'université parce que moi, je suis universitaire contrairement à beaucoup d'autres et ça c'est mon travail.


Le ministre de l'Enseignement supérieur a dit qu'il y a des enseignants dans les universités qui n'ont que la licence. Est-ce que c'est le cas à Koffi Annan ?

Qui est responsable de la pédagogie et la qualité de l'enseignement ? C'est le ministre. Il faut qu'en Guinée ceux qui sont les responsables arrêtent de dénoncer. Le ministre, c'est son travail d'aller dénoncer et de sanctionner. Est-ce que lui, il doit dénoncer ? Celui qui dirige ne doit pas dénoncer, c'est celui qui ne dirige pas qui doit dénoncer. Je l'ai dit tout le temps. C'est son travail d'aller voir. Est-ce que telle université respecte les règles ou pas ? Si elle ne respecte pas les règles, il sanctionne, c'est ça son job. Ce n'est pas de se mêler toujours sur le problème d'argent.

La pédagogie doit être la première préoccupation du ministère de l'Enseignement supérieur et non les problèmes d'argent qui relève du ministère des Finances. Donc, il fait toujours un mélange de genre. Regardez ! Souvent les gens nous disent, Ah ! Il y a trop d'universités bidon dans votre association. Et qui le dit, ce sont les gens qui autorisent ces universités-là. Qui autorise les universités ? Qui autorise les illettrés à faire des universités ? Qui multiplie les universités ? Ce sont les universités ou c'est le ministère ? Que ces gens-là soient le premier à dénoncer. On ne doit pas accepter que n'importe qui fasse des universités privées, regarde l'absurdité. Des gens qui ne peuvent même pas lire et écrire font des universités.

Dans une université, on vend quoi ? C'est le diplôme et le savoir, est-ce qu'on peut vendre quelque chose qu'on n'a pas. On nous dit Ah ! Non ! On peut embaucher des gens qui savent, mais comment tu vas les contrôler ? Que l'Etat ne dise pas qu'il y a trop d'universités, des universités qui font chambre et salon. Qui a autorisé ces chambres et salons à être université? Il y a des critères très précis dans n'importe quel pays. Premièrement, pour créer une université. Il faut que le fondateur soit qualifié lui-même universitaire. Il faut un minimum de doctorat quand même, pas de licence mais de doctorat. Il y a trop d'universités privées en Guinée. Moi, je trouve même que c'est scandaleux.


On va parler de PADES. Vous avez pris la tête de ce parti. Ce qu'on n'a pas compris, il ne s'agit pas la création d'un nouveau parti, donc le parti existe depuis l'année 2012. On vous porte à la tête de ce parti, vous avez changé la dénomination du parti. Expliquez-nous l'évolution de votre différend avec le ministère de l'Administration du Territoire ?

Bien sûr ça évolue maintenant ! Pour comprendre n'importe quel problème, il faut le camper. Vous me permettrez juste de prendre deux minutes pour camper où est le problème. Comme ça, nous serons au même niveau d'information. Vous vous rappelez en 2010, nous, nous avions créé un parti qui s'appelle, parti Plus, trois mois avant l'élection présidentielle. Et nous avons été candidat à cette élection présidentielle. Il y avait 24 candidats, au second tour, c'est nous qui avons pris l'initiative de rassembler les autres candidats autour du Pr Alpha Condé pour qu'au second tour, il puisse transformer ces 18% en 52%.

Cette alliance c'est ce qu'on appelait alliance arc-en-ciel, qui était composée des candidats du premier tour. Tout le monde a compris. Ensuite deux années plus tard, ils sont venus avec l'idée d'une fusion pour avoir un grand parti pour soutenir le Pr Alpha Condé. Et là, on a créé le RPG arc-en-ciel. Donc, à ne pas confondre avec l'alliance arc-en-ciel entre les candidats qui l'ont amené au pouvoir. Le RPG arc-en-ciel a été créé par la fusion de 38 partis. Donc ! Beaucoup ont refusé. Moi, je ne suis pas un politicien, j'ai été naïf. Je dis, j'accepte parce que je croyais en pas mal de choses et je croyais en l'homme. Alors quand on a fait le RPG arc-en-ciel en 2012, en 2015 et en 2016, nous avons eu des discussions, des mésententes avec le RPG arc-en-ciel et le Président de la République.

Deux origines. Première chose en tant qu'économiste,; moi j'ai dit dans des discussions que ça ne fait aucun sens qu'on ne peut pas développer la Guinée sans développer l'agriculture guinéenne pourquoi ? Parce que 70% des Guinéens se sont consacrés à la terre mais on ne peut pas développer l'agriculture guinéenne sans avoir l'agro-industrie, parce que c'est l'agro-industrie qui donne les débouchés aux agriculteurs. Mais comment tu peux faire l'agro-industrie sans l'électricité ? Donc c'est impossible. Donc, j'ai dit et je le maintiens que pour développer la Guinée, il faut faire des barrages hydrauliques en Haute Guinée et en Forêt parce que déjà, il y a le courant en Basse Côte et au Foutah. Tu ne peux pas développer la Guinée sans aider l'agriculture dans les grandes zones agricoles. Ça a été pris comme un scandale alors que c'est une mesure tout à fait ordinaire du développement économique et politique. On ne peut pas développer la Guinée sans ça, c'est une perte de temps. Ça, c'était le premier point de discorde.

Le deuxième point de discorde au siège de RPG arc-en-ciel, le Président de notre parti a fait des déclarations ethniques très violentes. Je me suis opposé. J'ai dit, je ne partage pas ce point de vue. Je ne peux pas être d'accord sur ça parce que ça envoie la guerre civile dans tous les pays, la guerre civile. Il faut être responsable. Après ça, on m'a exclu du RPG arc-en-ciel. Vous vous souvenez mon parti a été fusionné pour faire le RPG arc-en-ciel et mon exclu du RPG arc-en-ciel, sans même demander mon avis.

Nous étions trois à signer, l'un était allié mais nous étions deux dans le RPG arc-en-ciel, l'autre est venu s'expliquer. Moi, on ne m'a même pas donné le temps de m'expliquer, on en a profité pour me liquider tout de suite. Deux poids deux mesures ça n'a même aucun sens. Ensuite, c'était illégal et les procédures n'ont jamais été respectées, ça c'était en 1016. Mais ce n'est pas pour ça qu'on fait un parti politique, ce n'est pas un parti pour se venger.

C'est un an après, c'est tout prêt en 2017 que des amis sont venus me trouver pour qu'on crée un nouveau parti. Alors comment on crée un parti politique ? Il y a deux méthodes: soit vous créez un nouveau parti politique, soit vous vous entendez avec un parti qui existe. Depuis, très longtemps en Guinée, chaque fois que des élections approchent, les autorités n'acceptent plus de créer de nouveaux partis. Tout le monde le sait. Vous, vous êtes des jeunes, essayez de créer un parti si vous y arriverez. Or, que c'est un droit constitutionnel. Donc j'ai été au moins sollicité par cinq partis dont le parti RDI. Nous avons accepté, nous avons fait une assemblée générale et un congrès et nous avons décidé deux choses de porter Dr Kaba et deux demander de changer le nom en PADES. C'est notre droit le plus absolu.

Je rappelle que tout le monde a fait exactement la même démarche. Le RPG lui originel, ce n'est pas le Pr Alpha Condé qui est allé signer à la décentralisation. C'est d'autres personnes qui l'ont fait, et ensuite ils nous ont dit que « nous prenons le professeur Alpha Condé à la tête du RPG », c'est comme ça. L'UFR la même chose, c'était le parti de Goyo Zoumaningui qui a porté le premier ministre Sidya Touré. L'UFDG, c'est la même chose, c'était le parti du doyen Bâ Mamadou qui a coopté Cellou Dalein pour être président. Tous les partis, c'est de cette façon que ça se fait, c'est ce qui est légal et reconnu par la loi.

Alors, lorsque nous avons écrit au ministre de régler ces deux problèmes, de prendre acte le Dr Kaba est président et de permettre de changer le nom. Il a dit non ! Vous nous avez écrit trop tard au-delà de deux mois. Donc, on refuse cette modification. D'abord, c'est illégal parce que l'article 16 et 17 de la charte des partis politiques, ne dit pas que si vous dépassez le délai indicatif de deux mois, on doit refuser. Il dit de refuser toute modification non conforme aux lois et règlement en Guinée. Est-ce que changer le nom, ce n'est pas conforme aux lois et règlement en Guinée. Donc, il y a un amalgame déjà. L'interprétation n'était même pas correcte pour commencer, et puis il faut savoir que chacun a le droit de donner le nom qu'il veut donner à son enfant. Ce n'est pas au chef de ville de dire que ton enfant ne peut pas s'appeler Mamady, il s'appelle Abdourahamane. Où vous avez vu ça ? On a changé le nom parce qu'on a estimé que PADES, c'est plus facile à prononcer que RDI c'est tout.

Pour un parti politique, essayez d'avoir un nom que les gens peuvent retenir facilement. C'est comme ça que tout le monde retient le nom du parti + ce n'est pas vrai ? Ce n'est même pas un grand parti à l'époque, mais tout le monde se souvient parce que le nom a été bien choisi. Donc, on a dit PADES. C'est plus facile à prononcer. Les gens peuvent retenir, ce sont nos droits. Alors, il a refusé la première requête. On a dit OK. On ne va pas polémiquer puisque c'est une question de temps. On refait le congrès cette fois-ci, on a informé dans un délai de deux semaines. Donc là, techniquement, il n'y a plus de problème. Alors cette fois-ci, il dit beaucoup de choses dans sa lettre. Il dit non. On n'est pas d'accord parce qu'on a cherché ici PADES, on n'a pas vu PADES dans nos archives. Regardez comment c'est ridicule. Si PADES était dans ses archives est-ce qu'on allait lui écrire de reconnaitre ? C'est un nouveau parti. Il n'est pas dans ses archives, ça n'a pas de sens. Ce n'est même juridique. C'est simplement idiot.

Deuxièmement, il dit, d'ailleurs, RDI, on ne reconnaît pas. Vous voyez, vous avez un arrêté signé par Alhassane Condé qui est encore vivant. Est-ce qu'un ministre a le droit de dire je ne reconnais pas ce qui a été signé par mon prédécesseur ? Où vous avez vu ça ? Ça n'a aucun sens, tu ne peux pas le dire. C'est de l'arbitraire. Et deuxièmement, vous savez qu'il y a une hiérarchie entre les textes juridiques n'est-ce pas ? Le texte le plus important, c'est la constitution, ensuite la loi organique, la loi ordinaire. Ces lois sont votées par l'assemblée nationale, quand l'assemblée vote les lois, on regarde si les lois votées sont conformes à la constitution, si elles ne rentrent pas en contradiction avec la constitution parce qu'il y a une hiérarchie entre les textes juridiques.

Après la loi votée par l'assemblée nationale, c'est un décret, après le décret c'est un arrêté, après l'arrêté c'est une simple lettre administrative. Est-ce qu'une lettre administrative peut mettre en cause un arrêté ? Est-ce que ça c'est possible ? Ce n'est pas possible, donc ça n'a aucune valeur une lettre par rapport à un arrêté. Si vous voulez le faire, faites un autre arrêté pour annuler la requête précédente, juridiquement, c'est comme ça on fait. Et tu n'as aucun moyen de le faire parce que la loi ne te permet pas, de quel droit tu vas annuler un arrêté donné par votre prédécesseur. Il n'y a aucun texte en Guinée qui limite la vie des partis politiques. Tous les partis qui sont là, sont des vieux partis des années 90. Si on te dit de les liquider parce que c'est des vieux partis, est-ce que ça a un sens ?

Aujourd'hui, nous sommes en consultation avec les avocats pour saisir la cour suprême qui est habilitée à trancher sur les contentieux administratifs. Je rappelle ça, c'est comme un cours de droit que tout le monde doit comprendre, en droit administratif. Lorsque vous écrivez à un citoyen, je n'accepte pas votre requête pour la raison A, si le citoyen satisfait la raison A, vous n'avez plus de droit de récrire pour dire non, j'ai oublié il y a une raison B et D c'est ce qu'on appelle en droit administratif l'abus de pouvoir. Donc déjà, le ministère est disqualifié.

Maintenant deux mots pour que tout le monde comprenne le problème. Imaginez quelqu'un comme nous qui avions un parti, qui a été candidat à la présidence dont le parti a été fusionné « dans le RPG arc-en-ciel » si nous nous avons des difficultés à faire reconnaître un parti qui existe encore, regardez en terme de liberté et de dictature quel est votre sort ? Est-ce que si l'un d'entre vous se lève demain pour dire, je veux faire un parti politique, est-ce que vous y arriverez ? Non ! C'est pour ça qu'on dit que le combat pour la liberté, il faut ne surtout pas se tromper pour dire non ! C'est l'affaire de Dr Kaba ou du PADES, c'est votre affaire. Si moi, je n'arrive pas malgré tout ce que j'ai fait, ça veut dire que vous vous n'avez aucune chance. Donc les combats de liberté, c'est nous qui devons-nous battre pour que vous vous puissiez bénéficier de cette liberté. On se bat toujours pour ses successeurs, la liberté est globale.


On a vu que le reportage sur l'esclavage en Libye de CNN a provoqué de l'indignation à travers le monde. Selon vous, qu'est-ce qu'il faut faire concrètement pour mettre fin à ça ?

Il y a des actions à court terme, les actions à moyen et long terme. A court terme, c'est-à-dire tout de suite il faut secourir les compatriotes qui sont sur le terrain, c'est ce qu'il faut faire. Il faut rapatrier tout ce qu'on peut rapatrier. Mais en moyen terme, il faut faire une campagne de sensibilisation, ici le démantèlement de réseaux et de répression, sensibilisation et répression de démentiellement de réseaux, il faut le faire. Mais la troisième action, c'est de s'assurer que les jeunes ont du travail sur place parce les jeunes vont à l'étranger parce qu'ils ont désespéré, parce que la machine économique ne tourne pas et c'est là la responsabilité de la classe dirigeante.

Dans des pays si on ne trouve pas de l'emploi pour les jeunes, si nous n'arrivons pas à promouvoir le développement économique, à aider les jeunes pour qu'ils travaillent, et bien, on ne pourra pas les empêcher de sortir de nos pays. C'est à même temps les forces vivent qui sortent de nos pays. Ils vont encore plus retarder la prospérité de nos nations. Politique de développement, c'est la responsabilité de nos dirigeants. Politique de sensibilisation et répression des filières illégales, c'est encore la responsabilité de nos dirigeants.

Et le secours qu'il faut octroyer à nos compatriotes sur le champ, ça aussi relève des autorités. Ceci dit que c'est un problème qui est très large parce que même l'Union européenne a fait un accord avec la Libye sachant qu'il n'y a pas d'autorité en Libye. Donc chacun a sa part de responsabilité dans cette affaire. Ce qui nous intéresse nous en tant qu'Africains, en tant que Guinéens, c'est de travailler de telle sorte que nos jeunes puissent trouver du travail chez eux.


La Guinée vient d'obtenir 21 milliards de $ auprès du groupe consultatif. Qu'est-ce que cela vous inspire ?

Je pense qu'il y a plusieurs choses à dire. Premièrement, c'est une bonne chose, c'est une bonne politique. Vous savez que moi je ne fais pas la langue de bois. C'est une bonne chose de rassembler des gens, afin de trouver de l'argent pour financer son pays. Ça, nous sommes tous d'accord dessus. Deuxièmement, Il faut que les gens comprennent que les réunions des bailleurs de fonds, ce n'est pas de l'argent cash qu'on met dans sa valise pour revenir dans son pays. Ce n'est pas comme ça que ça marche.

Les engagements des bailleurs de fonds ne sont que des déclarations encore une fois, de déclaration d'intention. Ce ne sont pas des financements, ce sont des intentions de financement. Il y a toute une différence d'accord ? Quand on réunit des gens, on dit, on veut que vous aidiez la Guinée, certains peuvent dire ah ! Moi, je suis prêt à mettre dans l'agriculture, un milliard. Mais ça ne s'arrête pas là. A partir de là, ça ne fait que commencer :

  • il faut que ces bailleurs de fonds respectent leurs engagements et je peux vous dire depuis plusieurs années, beaucoup de bailleurs de fonds ne respectent pas leurs engagements.

  • il faut que les pays aient des projets bancables à financer qui fassent des études de faisabilité. Il faut que nous ayons des études sur nos projets prioritaires. Ce sont ces études qui sont présentées aux bailleurs. C'est ce qui permet de mobiliser les ressources. C'est pourquoi, on parle de la faible capacité d'absorption du capital étranger dans un pays. C'est la faible capacité de mobilisation des ressources extérieures. Ça veut dire la même chose.


Être capable de prendre de l'argent avec l'extérieur pour l'amener. Donc, quand les gens le disent ça ne suffit pas. Il faut comme l'exemple que je vous ai donné, si on dit qu'on va mettre un milliard dans l'agriculture, c'est bien c'est une simple déclaration. Il faut que le pays soit capable de monter un projet agricole de 100 000 hectares, de 20 000 hectares, de 30 000 hectares de Cacao et de caféiers. On fait des études sur un projet concret. Ce sont ces projets concrets là qui peuvent être financés.

Je n'ai pas envie de vous refroidir mais rappelez-vous qu'il y a deux ans on avait fait la réunion des bailleurs de fonds à Dubaï. Qui se souvient du montant qu'on avait mobilisé ? 5 milliards, est-ce qu'on a eu ces 5 milliards là ? Donc soyons prudents. J'ai commencé par dire que c'est une bonne chose. Mais travaillons en Guinée pour que nous puissions mobiliser ces ressources. Je rappelle encore que dans cette enveloppe de 21 milliards de $, vous savez, les 20 milliards chinois sont inclus dedans.

C'est-à-dire c'est la partie qui est supposée être décaissée dans les 20 milliards de Chine pendant les trois années qu'on a inclue dans l'enveloppe de 21 milliards mobilisés à Paris. Donc, il y a 6 milliards de $ des Chinois. Il y a 7 milliards que le secteur privé est supposé envoyer en Guinée, 7 milliards. Est-ce que les conditions sont réunies en Guinée pour que les privés acceptent d'investir 7 milliards de $ ? A l'exception du secteur minier, je ne vois pas. Le capital étranger actuellement vient dans le secteur minier. Ça n'a rien avoir avec la politique interne en Guinée.

Le comportement du secteur minier est lié au marché international et à la politique d'investigation. Malheureusement, le secteur minier ne crée pas beaucoup d'emplois. Si vous prenez SMB qu'est-ce que vous avez ? Ils ont des chauffeurs, c'est tout et quelques machinistes qui prennent la bauxite, ça ne crée pas beaucoup d'emplois. Ce qui aurait créé beaucoup d'emplois, ce sont les usines d'alumine. C'est pour ça que j'ai dit qu'il faut aller à l'industrialisation.


Entretien réalisé par Alpha Amadou Diallo

Le Démocrate, partenaire de GuineeActu


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Commentaires  

 
+4 #2 Koto Ma Saliou Diallo 12-12-2017 02:04

Citation en provenance du commentaire précédent de Gandhi:
Etre universitaire ne signifie pas qu'on soit un bon manager. La meilleure preuve est de croire que des analphabètes vendent du savoir ??? Ce qui compte c'est le contenu des formations, pas le propriétaire de l'école. Par ailleurs, être cultivé ne signifie pas intelligent et inversement.
Enfin il est utile de rappeler qu'AC n'a pas obtenu 40 milliards de $, mais a déclaré (on sait ce que valent ces déclarations) avoir obtenu des milliards... depuis l'année dernière, sic...

Gandhi Barry = à lui-même.Bien répondu à Ousmane Kaba...
Le problème numéro un de la Guinée est l'opportunisme intélectuel de nos dirigeants politiques de façade.
Il faut que cela change....Comment ???.
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+7 #1 Gandhi 09-12-2017 23:34

Etre universitaire ne signifie pas qu'on soit un bon manager. La meilleure preuve est de croire que des analphabètes vendent du savoir ??? Ce qui compte c'est le contenu des formations, pas le propriétaire de l'école. Par ailleurs, être cultivé ne signifie pas intelligent et inversement.
Enfin il est utile de rappeler qu'AC n'a pas obtenu 40 milliards de $, mais a déclaré (on sait ce que valent ces déclarations) avoir obtenu des milliards... depuis l'année dernière, sic...
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