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Bras de fer UFR-Cheick Touré : un juriste parle de « fuite en avant » de l'UFR
Amadou Sadjo Diallo Samedi, 02 Décembre 2017 15:19
Depuis la démission de Baidy Aribot à l'Assemblée nationale suite à sa nomination comme vice-gouverneur à la Banque centrale, une bataille judiciaire est engagée entre l’Union des Forces Républicaines et son suppléant. L'UFR s'oppose à la prise de fonction de Cheik Touré qui, il faut le rappeler est le suppléant de Baidy Aribot.
Selon les responsables du parti de Sidya Touré, Cheik Touré n'est plus membre de l'UFR, par conséquence il ne doit pas siéger à l'Assemblée nationale. Cependant le juriste Karamo Mady Camara a une autre lecture. Il estime que seul Cheik Touré est habilité à remplacer Baidy Aribot.
« La position de l'UFR est en totale contradiction avec la règlementation et la législation en vigueur. D'autant plus que la suppléance vise à faire remplacer le titulaire par le suppléant dans l'optique soit d'une démission, soit d'une destitution ou d'un décès. En l'occurrence donc il s'agit d'une démission. Parce que le titulaire qui est M. Baidy Aribot a bénéficié d'un décret présidentiel le nommant vice-gouverneur à la Banque centrale. Donc systématiquement son suppléant devait être celui qui bénéficie normalement du remplacement au niveau de l'Assemblée nationale. Malheureusement, l'UFR adopte une position qui est basée sur une argumentation politique qui n'est pas du tout juridique » nous confie d'entrée de jeu Karamo Mady Camara. Il faut rappeler que l'UFR argue que le suppléant de Baidy Aribot à l'occurrence Cheik Touré n'est plus membre de l'UFR. Mais objectivement selon le juriste « il y a que dans les archives de la CENI, il y a qu'au niveau de la Cour constitutionnelle, le suppléant de Baidy qui est désigné parce que les élections se sont passés et le peuple s'est prononcé en fonction de la liste qui lui a été soumise. Et sur cette liste évidemment c'est lui qui a été désigné ».
Plus loin, à en croire le juriste, l'UFR pouvait bien remplacer le suppléant de Baidy Aribot. « S'il devait y avoir normalement une sorte de refus de l'UFR, il fallait anticiper déjà sur cela pendant même que le titulaire était en fonction, qu'ils fissent constater déjà l'exclusion en ce moment de son suppléant du parti. Si cela avait été fait formellement, en ce moment on pouvait bien évidemment procéder à cela, faire savoir cela à la cour constitutionnelle et tiré les conséquences juridiques qui s'impose. Mais en l'état actuel, c'est une fuite en avant. Je crois que si les juridictions sont saisies sur la question, elles vont souverainement trancher», déclare Karamo Mady Camara.
Amadou Sadjo Diallo
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu
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