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Manifestations à Sangaredi : Alhousseiny Makanera Kaké charge les autorités

Moussa Thiam  Lundi, 20 Novembre 2017 14:23

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KAKE_Makanera_Alhousseny_2_01A l'image de Boké, Kolabounyi, Kamsar, Mandiana, Kouroussa, la sous-préfecture de Sangaredi, réputée pour son calme, a basculé dans la violence. Elle a enregistré d'importants dégâts matériels suite aux revendications populaires demandant le rétablissement de l'électricité pour la ville. Cette manifestation vient en rajouter à la longue liste des convulsions enregistrées récemment en Guinée.


Interpellé sur la situation qui prévaut à Sangaredi, Makanera Kaké dit déçu et dénonce la lâcheté de l'État fasse au non-respect des promesses tenues. «J'ai un sentiment de déception et d'incompréhension sur ce qui se passe aujourd'hui à Sangaredi. Je suis déçu en ce sens que, depuis que les mouvements sociaux ont commencé dans la zone de Boké, l'État s'agite mais n'agit pas», déplore le leader politique.


L'ancien ministre de la Communication se dit encore révolté de la non-prise en compte des impacts environnemental et social par les sociétés minières évoluant dans la zone. «Je suis encore révolté de la manière dont ils sont en train d'exploiter cette bauxite dans les conditions sauvages et dramatiques et les populations riveraines qui ne bénéficient rien. Elles ne sont pas prises en compte. L'impact social et environnemental n'est pas pris en compte. On les abandonne», accuse M. Makanera.


S'il y a manifestation aujourd'hui à Boké, il n'exclut pas une politisation: «ma crainte aujourd'hui, c'est le faite que, des mouvements de revendication à caractère économique et social ne basculent dans le conflit ethnique. Parce qu'avant Alpha Condé, la CBG était à l'écart des politiques. Mais aujourd'hui, il a politisé tout. Même les postes de directeur reviennent seulement à son clan. Malheureusement dans ce clan, il se trouve les représentants d'une seule ethnie. Finalement, dès qu'on s'attaque aux représentants de ces sociétés, on dit conflit ethnique. Donc c'est ce qu'il faut craindre aujourd'hui».


Parlant de la responsabilité de l'État dans la création des meilleures conditions de vie pour les populations, il souligne la défaillance de l'État et juge légitime cette manifestation. «C'est une revendication légitime. Personne ne peut dire le contraire. Les sociétés ne respectent aucune norme. La population est abandonnée à elle-même. L'État qui doit la protéger est défaillant. Malheureusement, si les représentants ont plus d'intérêt que les sociétés dans l'exploitation minière, on ne verra rien de clair dans ce qui se passe et je crois que c'est le cas», justifie Makanera Kaké.


Enfin, l'opposant invite la population à poursuivre ces manifestations de façon structurée, tout en appelant le président Alpha Condé à faire en sorte que les populations bénéficient les avantages de ces exploitations. «Je ne suis pas partisan de la violence mais je les demande de faire les revendications jusqu'au bout de façon structurée et de faire en sorte que ceux qu'ils exigent la loi soit respecté. Il faudrait pas qu'ils abandonnent les manifestations sinon après l'exploitation minière sera l'enfer, s'ils ne font rien maintenant. Je demande à Alpha Condé de faire en sorte que les populations riveraines bénéficient des retombées de l'exploitation minière sinon demain ça sera dramatique pour les populations concernées et pour toute la Guinée», prévient-il.


Moussa Thiam

L'Indépendant, partenaire de Guineeactu


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