Baidy Aribot : le tartufe d'un parti qui se cherche

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ARIBOT_Baidy_3_01La nomination du secrétaire exécutif de l'Union des forces républicaines (UFR), Baidy Aribot, au poste de 2ème vice-gouverneur de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG), la veille de la célébration du 17ème anniversaire de l'avènement de Sidya Touré à la tête de cette formation politique, considérée comme la troisième force politique du pays, ne serait pas le fruit du hasard. C'est du moins l'avis de maints observateurs qui voient dans ce geste du président de la République une arrière-pensée politique.


Interrogé sur sa nomination par nos confrères, Baidy Aribot feint la surprise totale. Ce fut la même réaction du côté du parti, où on s'est dit aussi étonné, étant donné que le président Sidya Touré n'aurait pas été consulté pour cette nomination de Baidy Aribot, qui est synonyme d'un débauchage.

L'homme promet certes de rester à jamais fidèle à l'UFR, tout en remerciant, son bienfaiteur, le président Alpha Condé pour le choix porté sur sa personne, pour accéder au rang de vice-gouverneur de la BCRG.


L'UFR a promis toutefois de réagir à cette nomination. Mais au moment où nous mettions sous presse, rien n'avait encore filtré du conclave qui devait statuer sur le sort de son secrétaire exécutif. Selon des indiscrétions, Baidy Aribot aurait bien démarché pour se faire porter à la tête de cette institution bancaire, dont il vise le poste de gouverneur depuis des lustres.


Il faut rappeler que M. Aribot est un homme du sérail, pour avoir travaillé au sein de la BCRG, durant des années, sous la deuxième république. D'ailleurs, dans une de ses dernières révélations, le général Sékouba Konaté, ami d'enfance de Baidy, dit avoir été dissuadé par Tibou Kamara, ancien ministre secrétaire général de la présidence de la République, de porter Baidy Aribot à la tête de la BCRG, alors que celui-ci le pressait de vives sollicitations. C'était sous la transition en 2010. C'est dire que le secrétaire exécutif de l'UFR caressait bien le rêve de devenir gouverneur, pour enrichir un CV, certes étoffé. Car Baidy a été ministre de la république, directeur général de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), directeur général du fonds minier.

Et voilà que ses fréquentations du palais sekhoutouréa ont fini par payer. Certes, le député uninominal de Kaloum portait certes la casquette d'opposant, mais il s'est toujours gardé de s'aliéner le président Alpha Condé. Aux côtés duquel il adore d'ailleurs s'afficher, tant dans des promenades dans Kaloum, que lors de voyages à l'étranger.


Les militants de l'UFR ont le blues

Sur l'échiquier politique, l'UFR a perdu de sa superbe. Les accointances des dirigeants du parti avec le pouvoir auront mis le moral des militants en berne. Avec les élections locales qui pointent à l'horizon, le parti a des soucis à se faire, face aux velléités du RPG qui est en train d'étendre ses tentacules dans ses fiefs, notamment à Kaloum, Matam, Boké et Boffa. Du coup, Sidya Touré tente de reprendre la main. Mais, la tâche s'avère ardue voire titanesque.


La commémoration des festivités du 17ème anniversaire de son investiture à la tête de cette formation politique créée par Bakary Goyo Zoumanigui, dans les années 90, s'inscrivait dans le cadre de cette offensive de charme en direction des militants.

Il faut noter que dans le discours prononcé à l'occasion de cette commémoration, M. Sidya a reconnu les limites de la gouvernance actuelle, marquée par une crise de confiance entre les politiques et les populations. « Aujourd'hui nul ne peut nier que le pays doute de lui-même et surtout doute de son intelligentsia et de ses leaders politiques. Cette crise de confiance entre le peuple et ceux qui sont censés lui créer les meilleures conditions de vie notamment celle des franges les plus vulnérables, est de nature à affaiblir, voire entraver les initiatives de développement. Le doute s'est installé, car il arrive que les populations aient été amenées à croire que des élections qu'elles ont souhaitées démocratiques et transparentes résoudraient tous leurs problèmes. Malheureusement, les dividendes de la démocratie se font souvent attendre ».


Il a saisi l'occasion pour lancer un appel aux acteurs politiques et acteurs de la société civile, pour la mise en place d'un cadre de gouvernance novateur et fonctionnel. « Notre devoir de citoyens, au-delà de notre qualité d'acteurs proactifs de la vie politique, nous interpelle. Je voudrais adresser un message, un cri de cœur aux acteurs politiques, aux acteurs de la société civile. Tout en restant fidèles les uns à nos convictions politiques et les autres aux idéaux de la société civile, travaillons en synergie pour sortir notre pays de l'ornière de la pauvreté. Nous le pouvons si nous en avons la volonté, la détermination. Conjuguons nos efforts pour conjurer le sort qui semble s'acharner contre nous ».


Un appel qui va certainement tomber dans des oreilles de sourds, du côté de l'opposition républicaine, qui n'est plus en odeur de sainteté avec l'UFR. L'On considère en effet que le parti de Sidya Touré a viré dans le camp de la majorité présidentielle. Lui-même étant un missi dominici du palais, en tant que haut représentant du chef de l'État. Sans oublier la présence de Mohamed Tall, au sein du gouvernement, en tant que ministre de l'Élevage.


Enfin cerise sur le gâteau, cette nomination de Baidy Aribot au poste de 2ème vice-gouverneur de la BCRG. Dire que cette nomination de Baidy obéit à un calcul politique relève d'un truisme. Quand on sait que les faits et gestes du président Condé sont toujours teintés d'arrière-pensées politiques.

Ainsi, en débauchant Baidy, l'un des maillons forts de l'UFR, Alpha semble porter le coup de grâce à cette formation politique, en prélude aux élections locales en vue. Même si un sympathisant du parti, nous a soufflé sous le sceau de l'anonymat que : « l'UFR est un grand parti, qui est touché mais pas coulé ».


Mamady Kéita

Le Démocrate, partenaire de GuineeActu


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Commentaires  

 
+7 #3 Gandhi 12-11-2017 12:18

Baidy, ni meilleur, ni pore que les politiciens guinéens sans valeurs et sans convictions. Simplement il faut mettre les gens à leur place et Baidy n'a pas prouvé qu'il savait compter, quand bien même il a fait "carrière" à la BCRG.
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+1 #2 AOT Diallo 11-11-2017 19:54

Quelqu'un de l'UFR pourrait-il nous expliquer: - Pourquoi le débauchage de Baidy pour un poste de 2e vice-gouverneur est pire pour le parti que le débauchage de Sydia pour un poste de HR du PPAC?
- Lequel des 2 débauchages est plus décourageant pour les militants et sympathisants sincères et non griotiques du parti ?
- Franchement je tourne cela de tous les cotes mais je ne vois toujours pas a ces 2 questions.
- J'ai toujours été un sympathisant de cœur (sans etre de raison) de l'UFR par rapport a tous les autres partis en Guinée mais franchement le cas de Sydia est bien plus décourageant pour moi que celui de Baidy : il n'a fait que la pratique habituelle des politiciens du monde entier "puisque le chef l'a fait, pourquoi pas moi ?"
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+6 #1 I. MB. SOW 11-11-2017 19:38

Comme le disait Lénine, "Les faits sont têtus".
Tous ces derniers faits marquants de l'activité du pouvoir RPGiste et de ses alliés s'inscrivent dans le cadre de la même implacable logique politique du "Tout sauf un Peul" au pouvoir (...)
AC et son allié stratégique, SIDYA, peuvent s'agiter dans tous les sens qu'ils voudront, mais ils ne tromperont plus grand-monde sur leurs velléités politiques en perspective de la présidentielle de 2020. C'est en effet pour cimenter leur pacte jusqu'au-boutiste, que les BO et Sadakadji entre autres, avaient été instrumentalisés pour déstabiliser l'UFDG et ternir l'image de popularité de CDD aux yeux de ses propres partisans.
Cette nomination de Baïdy Aribot à la BCRG, tout comme l'annonce de reconstruction des bidonvilles de Kaloum et la récente sortie médiatique insolite du directeur de la CNSS convergent ainsi vers le même objectif: user de tous les moyens d’Etat pour préparer l'opinion à l'idée d'un troisième mandat pour AC. Et si le gouvernement des USA notamment venait à s'y opposer catégoriquement, ou si l’état de santé précaire de AC en décidait autrement, écarter alors tout "risque CDD" pour que ce soit SIDYA qui accède à la PRG.
Aussi fou que cela puisse paraître, les effets d'annonce du pervers accord sino-guinéen des 20 milliards USD, tout comme la réfection de la route Coyah-Kindia notamment, dont le lancement a vraisemblablement été retardé pour des fins de récupération politique, sont autant de signes tangibles pour s'en convaincre.
Et en définitive, les seuls qu'un Tibou Kamara a pour principale mission de réussir à noyer dans leurs propres illusions politiques, ce sont bien CDD, la direction de l'UFDG, et voire certains incurables adeptes de l’imaginaire socio-démocratique guinéen.
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