Affaire « Gangan FM » : Djénabou Diallo du groupe de presse revient sur les faits

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altDjénabou Diallo, est journaliste-reporter au groupe de média Gangan. C'est elle qui a fait passer l'élément à la radio Gangan. Elle revient sur les faits ayant entraîné leur interpellation, au micro de notre reporter.


L'indépendant : c'est vous qui avez diffusé le communiqué qui a créé la polémique. Pouvez-vous revenir là-dessus s'il vous plaît ?

Djénabou Diallo : c'est moi qui aie fait passer le communiqué sur le décès de notre confrère Alseny Duplez Sylla, décédé dans la nuit de samedi à dimanche dernier. Donc c'est dimanche matin que j'ai appris le décès vers 8h. Du coup, mon rédacteur en chef m'a demandé de faire passer un communiqué qu'il m'a envoyé par écrit, de l'enregistrer et de le faire passer à la radio. C'est ce qui fut fait, le communiqué était joint à un extrait de la voix de notre collègue décédé. C'était une façon pour nous d'illustrer la personne décédée. Sur un extrait d'une de ses émissions qu'il a eue à réaliser. Et donc, c'est ce qui fut fait, le communiqué a passé à partir de 12h. Toute la journée de dimanche, le communiqué est passé jusqu'à la nuit, tard. Le lendemain, nous avons appris des rumeurs qui faisaient état de la mort du président de la République, et qu'on faisait porter le chapeau à Gangan radio, d'avoir distillé cette information. J'étais dans les locaux de Gangan, entre temps plus d'une dizaine de gendarmes sont venus nous interpeller. J'étais avec un collègue du nom de Tanou Bah. Les gendarmes nous ont pris, pour la gendarmerie de Yimbaya. Là, on a été longuement entendu et plus tard dans la journée vers 12h, après l'interrogatoire de mon rédacteur en chef qui est venu entre temps. Au fait, ils nous ont arrêtés parce que nos responsables étaient absents. Et quand notre coordinateur général Aboubacar Camara est venu, ils nous ont libérés vers les 16h. Le seul reproche qu'on dit est qu'on a donné une mauvaise information sur la mort du président de la République. Mais par finir, quand ils ont écouté l'extrait, il n'y avait pas matière à polémiquer.


Les gendarmes ont écouté l'extrait et la HAC ?

La HAC s'était saisie de l'élément sonore. Ils ont compris qu'il n'y a pas de dérapage. A la gendarmerie aussi, ils l'ont dit, ces derniers, ils avaient exigé à ce qu'on envoie le son, ça a été fait. Ils ont écouté, ils ont vu qu'il n'y avait rien à nous reprocher, non plus, pouvant nous inculper. Mais qu'ils restent suspendus à l'autorité du procureur général. Ce qui retarde la libération d'Aboubacar Camara jusqu'à ce matin. On attendait l'ordre de celui qui a ordonné qu'il soit interpellé. Celui qui a fait le mandat d'arrêt contre lui, c'est-à-dire le procureur général près du Tribunal de première instance de Mafanco.


Il y a une forte mobilisation des journalistes. Les choses ont mal tourné, certains confrères ont été pris à partie par des gendarmes. Quel est votre réaction ?

Je suis à plus d'un titre déçue. Je sais que ce n'est pas une première, mais aujourd'hui, je suis encore davantage déçue du comportement des gendarmes de notre pays. Ils se sont délibérément attaqués à nous physiquement, endommagé les matériels de communication : caméras, téléphones, dictaphones. Certains confrères sont dans un état très critique. D'ailleurs certains ont été transportés à l'hôpital. Je déplore le fait que jusqu'à présent l'état de droit n'est pas encore respecté dans ce pays.


Quel message avez-vous à passer à l'endroit des autorités ?

Le premier : c'est de libérer notre collègue Aboubacar Camara. Parce que c'est ça notre préoccupation, pour le moment. Ils ont failli à leur droit, ils n'ont pas cherché à comprendre, ils ont tout de suite agi. Donc je demande que notre confrère recouvre la liberté. Et à mes collègues journalistes, je les encourage à être soudés, qu'on se donne les mains pour faire avancer la démocratie dans ce pays. Restons soudés à jamais. Tous ceux qui ont écouté l'élément, ils ont compris qu'il n'y avait pas d'amateurisme dans ce qu'on a fait.


Propos recueillis par Richard Tamone

L'Indépendant, partenaire de GuineeActu


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Commentaires  

 
+3 #1 Gandhi 05-11-2017 11:42

Guinée 7 n'est pas très zélée sur cette affaire.
Explications ?
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