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Nouvelle crise à la Ceni : 2 commissaires dénoncent la gestion de Salif Kébé

Richard Tamone  Jeudi, 02 Novembre 2017 12:37

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charles andr soumah 1L'un a déjà adressé une lettre au commissaire Kader Aziz Camara, qui assure la présidence du comité des sages de la plénière. Et l'autre a animé un point de presse, dans laquelle, la commissaire Ramatoulaye Bah est sortie sans ménagement. Revenant sur le premier, Charles André Soumah, dans son courrier, il a pointé du doigt des choses, qu'il estime non orthodoxes.

« Pour mémoire, cette révolution dans le temple pour un changement ne veut pas dire promotion de l'ethno-stratégie, de l'impunité, de l'injustice, de la médiocrité, de la frustration et de la mauvaise gouvernance que nous avons tous combattus à cor et à cri à la CENI, notre organe de gestion des élections », lit-on à travers les lignes de sa lettre.


Charles André Soumah a ensuite dit qu'il a constaté comme bien d'autres commissaires ces derniers temps, une accélération de plus de 100 km à l'heure la vitesse du véhicule de la mauvaise gouvernance.

« Le passage de la tornade, Bakary Fofana, cède le passage à l'ouragan du nouveau président maître Amadou Salif Kébé. L'ethnocentrisme, le clanisme, le favoritisme, l'exclusion, l'impunité, ont encore élu domicile dans cette institution qui est victime de tous les noms d'oiseaux venant de nos partenaires sociaux et politiques », poursuit-il.


A l'en croire, le climat se passe de commentaire. « Le comportement de certains cadres de la CENI est véritablement une désolation pour notre OGE (Organe de gestion des élections) », déplore-t-il. Sur la même lancée, il poursuit en interpellant le président du Comité de sage de la plénière.

« Votre rôle en tant que président du Comité de sages est d'interpeller les uns et les autres, les Commissaires, le président de la CENI et principalement le secrétaire général qui est la cheville ouvrière de l'immobilisme dans l'exécution des décisions prises à la CENI », dira-il.


Avant de relever ceci dans sa lettre : « que chacun de nous renoncions aux mauvaises pratiques qui ternissent l'image de notre Institution. Pour tout ce qui précède, évitons d'être corvéables à merci. Apprenons à cœur que la CENI est une Institution indépendante qui a une noble mission à accomplir, celle d'organiser des élections crédibles, transparentes dans un climat apaisé ».


Par ailleurs, la commissaire Ramatoulaye Bah, a, de son côté, dénoncé l'attitude du président de la Ceni, sur demande de l'UFDG de lui retirer la gestion des démembrements de Dalaba et de Pita. Selon la commissaire Bah, c'est elle qui aurait supervisé « l'installation des nouveaux démembrements de la CENI à Pita. Par contre à Dalaba », elle a suivi, dit-elle, « presque toutes les activités dans cette partie de la Guinée. Les autorités administratives de Dalaba m'ont félicitée personnellement pour avoir pu maîtriser la situation et installer enfin les démembrements », se rappelle-t-elle.


Mais cette fois-ci avec la gouvernance de Me Kébé, elle s'est vue remplacer par une autre équipe sur l'axe qu'elle avait de par le passé supervisé.

« Je me suis préparée donc à aller à Dalaba pour superviser les opérations de remobilisation et à Pita pour installer les démembrements toujours sur une base consensuelle. Une semaine avant notre mission sur le terrain, le président de la CENI nous lit une lettre signée par le président de la délégation spéciale de Pita, demandant que les démembrements soient installés mais que Hadja Ramatoulaye ne fasse pas partie de la mission de Pita », accuse-t-elle.

« Je n'accepte pas la raison donnée par le président, car cette raison me prive de mon indépendance, en tant que Commissaire d'exercer mes responsabilités de commissaire et aussi, elle m'empêche de respecter le principe à valeur d'égalité entre les partis. Dois-je recevoir des instructions d'un parti et obéir à ses désirs ? Je dis tout haut et fort, non », a-t-elle martelé.


Richard Tamone

Le Démocrate, partenaire de GuineeActu


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