Thierno Amadou M'Bonet Camara Samedi, 21 Octobre 2017 12:34
Lors de la dernière audience du procès au Tribunal de Première Instance de Dixinn, Bah Oury a cité des noms dont celui du porte-parole du parti, Sékou Chérif Fadiga. Depuis l'étranger, l'intéressé a accordé une interview à notre rédaction.
Mosaiqueguinee.com : votre nom a été cité dans l'affaire Koula, avez-vous reçu une quelconque plainte du tribunal ?
Cherif Fadiga : non, je suis absent de notre pays depuis plus d'un an pour régler des problèmes d'ordre strictement privé. C'est un ami qui m'a alerté pour me dire qu'il a vu mon nom cité par M. Bah Oury dans l'affaire de l'assassinat du journaliste Koula Diallo.
Que votre nom soit cité par Bah Oury dans cette affaire, comment l'appréciez-vous, étiez-vous présent ce jour au siège de l'UFDG ?
Cela m'a fait sourire un moment, sauf qu'il s'agit d'une question de meurtre. Dans mon esprit, je me suis résolu à admettre que Bah Oury est un affabulateur et un ridicule mégalomane.
Une fois de retour au pays, je déclinerai ma vérité, puisque je suis arrivé à la réunion du Bureau Exécutif ce jour-là vers 16h20 et j'ai trouvé que le président du parti avait démarré sa communication. J'avais pris place sur la deuxième rangée où étaient installés la plupart des membres du BE, juste derrière le président et les vice-présidents qui l'entouraient.
J'accuse Bah Oury d'avoir prémédité le désordre qu'il y a eu à la permanence du parti ce jour du 5 Février 2016.
Êtes-vous prêt à répondre à une convocation du tribunal ?
Un homme comme moi n'a aucun intérêt à se soustraire à la justice de notre pays.
Comment appréciez-vous la conduite du procès ?
Vous savez, en matière de politique criminelle, lorsqu'un meurtre est commis, la question essentielle qu' on se pose est de savoir : à qui profite le crime ? En tout cas, la direction nationale de l'UFDG ne peut tirer aucun avantage de cet assassinat.
Dans le monde où nous vivons, avec la photo instantanée sur les téléphones portables, je suis étonné qu'on n'ait pas réussi à nous fournir la moindre preuve matérielle sur le point de départ du coup de feu ayant entraîné la mort de Koula. Mais à chacun son travail.
Un dernier mot pour la fin de cette interview.
Je suis un homme serein face à cette accusation insensée de quelqu'un qui, dans le champ politique, avait suscité de l'espoir et qui, au final perd la raison et le sens des valeurs pour lesquelles de nombreux Guinéens se sont retrouvés à l'UFDG pour les faire triompher.
Ces valeurs triompheront inéluctablement, mais ça sera sans Bah Oury.
Interview réalisée par Thierno Amadou M'Bonet Camara
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu
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