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Procès du massacre du 28 Septembre 2017
O. Tiéro Samedi, 21 Octobre 2017 12:27
Huit ans jour pour jour après la sanglante répression des manifestants réunis au stade de Conakry, l'instruction judiciaire n'est toujours pas clôturée, alors que le dossier est prêt à être jugé. Nos organisations ont rencontré hier les autorités judiciaires guinéennes qui se sont engagées à une clôture avant la fin du mois d'Octobre. Nos organisations, qui déposeront dans les prochains jours les observations finales des parties civiles devant la justice guinéenne, prennent acte de ce nouvel engagement et donnent donc rendez-vous à la fin Octobre pour cette dernière étape avant le procès à venir.
Au cours d'une mission internationale en Guinée, nos organisations ont pu rencontrer le ministre de la justice, M. Cheik Sako, et les autorités judiciaires, qui ont pris l'engagement que l'instruction serait clôturée avant la fin du mois d'Octobre. Ce nouveau report doit être le dernier, pour permettre dans les mois à venir la tenue d'un procès longtemps attendu.
« Pour les victimes et les avocats de nos organisations, le long travail d'enquête mené par les magistrats en charge de ce dossier est maintenant terminé. Le dossier est prêt et nos avocats ont produit leurs observations finales, pour contribuer au renvoi de la procédure devant la juridiction de jugement. Il est désormais grand temps d'organiser concrètement la tenue de ce procès », a déclaré Paul Nsapu, secrétaire général de la FIDH, en mission à Conakry.
L'année 2017 a permis aux juges d'instruction de poser des actes importants. Le 12 Mars 2017, Aboubacar Diakité dit « Toumba », l'ancien aide de camp de Moussa Dadis Camara, était transféré à Conakry depuis le Sénégal où il avait été arrêté le 16 Décembre 2016, après 7 ans de cavale. Sa présence sur le territoire national a permis son inculpation, marquant ainsi le dernier acte d'instruction attendu par les victimes et ouvrant la voie à la clôture de l'instruction.
« Le ministre de la justice a assuré à nos organisations que l'instruction judiciaire serait clôturée avant la fin du mois d'Octobre. Les victimes ne peuvent plus attendre et demandent à la justice guinéenne qu'elle tienne cet engagement, après plusieurs promesses non tenues», a déclaré Asmaou Diallo, président de l'Avipa.
Le gouvernement guinéen avait déjà annoncé que le procès du 28 Septembre s'ouvrirait en 2017. Il est maintenant indispensable qu'il fournisse à la justice tous les moyens nécessaires pour qu'un procès puisse se tenir dans les prochains mois et dans les meilleures conditions.
« Il en va maintenant de la crédibilité de nos institutions et de la sincérité de nos dirigeants vis-à -vis de leurs citoyens. Après des décennies de violences politiques, l'État guinéen doit pouvoir juger les auteurs des crimes les plus graves, fussent-ils d'anciens hauts dirigeants, pour rompre enfin avec l'impunité », a déclaré Abdoul Gadiry Diallo, président de l'OGDH.
Contexte :
Le 28 Septembre 2009, des milliers de personnes s'étaient retrouvées au stade de Conakry pour manifester contre la volonté du capitaine Moussa Dadis Camara, alors chef de la junte du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD), de se présenter à l'élection présidentielle. Les autorités avaient envoyé les forces de sécurité pour réprimer les opposants. Le massacre avait fait plus de 156 morts et plus d'une centaine de femmes avaient été violées. Des dizaines de personnes sont toujours portées disparues. En Février 2010, une procédure judiciaire est ouverte en Guinée. Mais huit ans après les faits, cette procédure est toujours au stade de l'enquête.
L'instruction a néanmoins permis d'inculper 14 personnes, dont de hauts responsables politiques et militaires du CNDD. Parmi les inculpés figurent notamment l'ancien président de la junte : Moussa Dadis Camara, et son ex aide de camp Aboubacar Sidiki Diakité, dit « Toumba ».
Témoignage : Un « Rpgiste » m'a dit…
J'arrive tôt ce matin à la banque pour le retrait de ma pension. Du groupe des clients qui attendent à la porte, un homme se détache et me tend la main, on se salue. Il se présente à moi : je suppose que tu ne me reconnais pas, je t'ai connu à Mali au Fouta quand tu y es venu dans la délégation de la CENI pour assurer la formation des démembrements.
Ok je vois, lui réponds-je, ça va à Mali ? Et le maire de la commune, un homme chaud chaud, il y est toujours ?
Oui c'est un type actif mais bavard, c'est un peu le genre m'as-tu vu, quand on lui reproche ses débordements il se fâche. Il a été évincé de son poste suite à la mise en place de la délégation spéciale dont la majorité des membres sont de l'UFDG.
J'enchaîne en disant que je ne connais pas bien la ville de Mali pour y avoir séjourné que quelques jours. J'ai été frappé par la grande fraîcheur de Septembre. Mon interlocuteur me dit que la période du froid couvre les mois de Décembre, Janvier, Février.
Tu es donc de Mali ?
Non je suis de la savane. Je suis l'un des nombreux cadres que le RPG déploie à chaque échéance électorale pour la campagne et le suivi des élections dans chaque préfecture. C'est dans le cadre de la mission électorale que tu m'as trouvé là , j'ai effectué auparavant la même mission à Télimélé, à Kindia et ailleurs.
Tout le monde s'accorde à dire que le RPG est solidement implanté dans tout le pays même dans les fiefs de ses adversaires. C'est un grand atout.
C'est vrai, le professeur a fait campagne en 2015 dans tout le Fouta, particulièrement dans la préfecture de Mali dont il a visité trois sous-préfectures.
On voit que malgré son âge avancé le professeur est encore solide, il a bon pied. Oui il a bon pied, mais son atout majeur réside dans son carnet d'adresses largement fourni, il a en effet des amis partout en Afrique et dans le monde. Il voyage beaucoup et fait pratiquement le travail de son premier-ministre et de son ministre des affaires étrangères. Il conclut tous les accords ou conventions et leur demande seulement d'en assurer de suivi. Le professeur a compris qu'on ne peut gérer un État pauvre si l'on n'est pas adossé aux grandes puissances. Ses adversaires politiques peuvent s'agiter, ils n'iront nulle part.
J'incite par ailleurs mon interlocuteur à parler du troisième mandat.
Le problème du jour, c'est le débat autour du troisième mandat, ça fait couler beaucoup d'encre et de salive. C'est vrai le débat enfle au fil des mois, mais personnellement je trouve que c'est trop tôt d'en parler. Le problème va sûrement se poser le moment venu, et le bilan élogieux du professeur est largement en faveur d'un tel projet. Ça ne sert à rien de s'agiter maintenant.
Cette conversation me rappelle une autre que j'ai eu avec un autre militant du RPG à Beyla quand je suis allé là pour la mission de formation des membres des commissions administratives de révision des listes électorales (CARLE). C'est un homme d'une quarantaine d'années qui me présente son fils de six ans environ. Dans l'entretien que je lui accorde, je comprends parfaitement qu'il est convaincu que c'est le professeur qui m'envoie en mission pour préparer les élections.
Monsieur le chef de mission, j'ai le plaisir de te présenter mon fils Alpha, l'homonyme du président, tu vois leur photo. Je te prie de lui transmettre à ton retour mes sincères salutations ainsi que celles du petit Alpha. Dis lui de ne pas nous oublier, que son homonyme va bientôt être scolarisé.
J'évite de dire à mon vis-à -vis que je ne suis pas un envoyé du professeur, je ne suis pas un de ses proches collaborateurs et je ne mange à sa table. Déjà en route pour Beyla mon binôme de la mission m'a longuement parlé de sa vie en mettant en exergue la phase de sa lutte au service du RPG. Il a dit à la fois avec fierté et regret : dans l'entre deux tours de la présidentielle de 2010 j'ai fait partie de l'équipe des gens qui ont fait disparaître les ordinateurs qui ont servi à la totalisation des voix des électeurs. Maintenant que le parti est au pouvoir, je suis relégué aux oubliettes, je n'ai pas obtenu la moindre promotion.
La morale que je tire des 3 entretiens ci-dessus relatés est ceci : un ingénu politique parle toujours en toute confiance, sans savoir avec qui il parle. Pour lui tout le monde est de son bord politique, alors que son interlocuteur peut être un farouche adversaire.
O. Tiero
Le Démocrate, partenaire de GuineeActuÂ
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Commentaires
cher ami, Détaille un peu ton idée ci-dessus stp...
Je ne répèterai pas ici les propos scandaleux de membres de la FIDH, car je ne pourrai pas les prouver (parole de l'un contre l'autre), mais ce ne sont pas des propos rapportés, car entendus directement.
La FIDH a choisi de "gérer" ce dossier (tout le monde est à sa remorque), pas forcément dans le sens de l'intérêt des victimes, car que va t-il en sortir ?
La montagne accouchera d'une souris. Mis à part les 14 inculpés (dont a priori aucun violeur) dont certains seront accusés définitivement, on mettra tout sur le dos de Toumba, bis repetita après 8 ans d'attente.
A quoi joue la FIDH ?
cher ami, Détaille un peu ton idée ci-dessus stp...








