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Massacres du 28 Septembre 2009 : l’AVIPA menace de saisir la Cedeao
Amadou Tidjane Diallo Vendredi, 06 Octobre 2017 08:04
8 ans après les massacres du 28 Septembre 2009 au stade du même nom, les victimes attendent toujours justice. Nonobstant quelques avancées enregistrées dans ce dossier, l’AVIPA menace de saisir la Cour de la justice de la Cedeao, si toutefois le procès ne s’ouvrait pas avant la fin de l’année 2017.
Le jeudi 28 Septembre dernier, l’association des victimes, parents et amis du 28 Septembre 2009 (AVIPA) a commémoré les 8 ans des massacres du stade de Conakry. Après une minute de silence à la mémoire des victimes tombées sur le champ de la démocratie, la présidente de l’AVIPA a entamé son allocution.
Malgré l’inculpation de plusieurs officiers de l’armée, ces derniers continuent toujours à occuper de haute fonction de responsabilité. Aujourd’hui, les victimes souhaitent que cette affaire soit bouclée. « Il vous souviendra que les événements douloureux du 28 Septembre 2009, traduisent une page sombre de l’histoire de notre pays, où les pauvres innocents, en quête de liberté et de démocratie ont été injustement assassinés et brimés dans leur chair. Le drame enregistré avait atteint des proportions qualifiées de crimes contre l’humanité. Nous n’allons jamais oublier ce jour là . En commémorant aujourd’hui le huitième anniversaire de ce massacre, l’AVIPA aurait pensé que ce moment solennel allait connaitre l’annonce officielle de la fin de l’instruction et la fixation de la date d’ouverture du procès, de la part des autorités judiciaire du pays. Puisque depuis huit (8) ans, les promesses tenues n’ont jamais été honorées », a déploré Asmaou Diallo, présidente de l’AVIPA.
Avant d’ajouter que son association « dans son ensemble, ne cache pas son indignation par rapport à l’évolution de ce dossier, qui n’a pratiquement pas connu d’avancées significatives depuis l’arrestation de M. Toumba Diakité. Tous les éléments sont aujourd’hui réunis pour que le dossier soit clôturé et qu’un procès soit organisé. Face à cette situation, si jamais l’Etat ne dispose aucun acte positif avant la fin de l’année 2017, l’ONG AVIPA serait dans l’obligation de transmettre le dossier à la Cour de justice de la Cedeao, afin que celle-ci interpelle l’Etat guinéen à faire réparation vis-à -vis des victimes du 28 Septembre2009 », prévient Mme Asmaou Diallo.
Poursuivant son allocution, la présidente de l’AVIPA a lancé un appel au ministre de la Justice pour qu’il clôture : « l’instruction judiciaire avant la fin du mois d’octobre 2017, à défaut, les victimes engageront une forte mobilisation ; de fixer une date de l’ouverture du procès et choisir le site devant l’abriter, avant la fin du mois d’octobre 2017. De procéder à l’ouverture du procès avant la fin de l’année 2017 ou au premier trimestre 2018», a-t-elle souhaité, avant d’inviter le chef de l’Etat, garant de la constitution, à « défendre les victimes du 28 septembre qui ont sacrifié leur vie, qui se sont battues aux côtés des forces vives de la nation, pour qu’il y ait des élections libres et démocratiques, qui ont permis sa consécration à la magistrature suprême. A notre entendement, cette démocratie n’aura son vrai sens que si les véritables artisans, que sont les victimes du 28 septembre 2009, sont rétablies dans leurs droits ».
Du coté de l’OGDH, des actions sont menées pour assister les victimes de cette tragédie. Désormais, il y a eu un espoir quant à l’ouverture très prochaine d’un procès. « On a des difficultés pour mobiliser les victimes pour que leurs droits soient reconnus en tant que victimes. Mais il y a eu beaucoup d’avancées, parce qu’il y sa eu des inculpés plus de 400 et quelques victimes ont été auditionné par le juge. On s’achemine vers la clôture de l’enquête et la programmation d’un procès», indique Amadou Barry, chargé de communication de l’OGDH.
Bah Oury, faisait partie de la commission d’organisation de la manifestation du 28 Septembre 2009. Présent à cette cérémonie de commémoration, il indique que « jusqu’à présent, ceci c’est pour montrer aux victimes toute ma solidarité et toute ma compassion par rapport à la solitude que beaucoup d’entre elles sont en train de vivre aujourd’hui. Je rappelle que l’année dernière, j’avais déposé une gerbe de fleurs au stade du 28 Septembre pour commémorer cette tragédie et tout à l’heure, c’est ce que je vais refaire. Je me suis juré tant que je vivrais et que je serais en possession de mes moyens, chaque anniversaire, je déposerais une gerbe de fleurs au stade du 28 Septembre ».
Ce massacre qui avait fait plus de 150 morts reste encore dans la mémoire des victimes. Saran Cissé se souvient des atrocités qu’elle a subies ce jour. 8 ans après, elle ne comprend pas pourquoi la justice traine encore les pas.
« Il y a eu beaucoup de violences ce jour, étant une musulmane, une mère, je ne peux pas expliquer en public tout ce que j’ai subi le 28 Septembre. Mais seulement ce que je peux dire, j’ai reçu toute sorte de violence ce jour. Pendant huit ans, il y a eu beaucoup de chose qui se sont passées en Guinée après le 28 Septembre 2009 qui ont été jugées et condamnées. Malheureusement le cas du 28 septembre jusqu’à présent n’a pas été jugé et condamné. C’est quelque chose que je regrette amèrement », a-t-elle déploré.
Aissatou et Tidiane Diallo
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu
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Commentaires
ouf ça va faire mal...
Ou premier trimestre 2019 ou ...
Pauvre Guinée dont les enfants n'osent pas exiger leurs droits !








