Aissatou Bah Samedi, 23 Septembre 2017 21:49
Le députe uninominal de l'UFDG, membre de l'association des victimes du Camp Boiro, Dr Fodé Marega a accordé un entretien à la presse le dimanche 10 Septembre 2017 sur les questions liées à l'actualité.
Le Démocrate : il y a eu un hélicoptère qui a survolé le samedi 9 Septembre 2017, durant 10 min d'après les premières informations. Voyant les réactions sur les réseaux sociaux disant que cet hélicoptère était là pour faire la cartographie de la capitale, qu'avez-vous dit à ce sujet ?
Dr Fodé Marega : le degré de méfiance qu'il y a dans ce pays, c'est un degré de méfiance qui fait qu'un hélicoptère qui stationne quelques temps au niveau du domicile du chef de fil de l'opposition et continue sa route, tout est inquiétant mais tout cela est parti de ce que j'appelle l'Alpha gouvernance. Il est interdit normalement les hélicoptères sur la ville de Conakry. Pourquoi ne pas prévenir les populations de l'arrivée de cet hélicoptère ? ça permettait d'avoir la conscience tranquille mais vu le degré de méfiance qu'il y a entre les uns et les autres, nous ne pouvions pas comprendre que cet hélicoptère stationne un peu de temps au niveau du domicile du chef de fil de l'opposition ou à ce que je sache il n'a pas de dépôt d'ordure dans les parages. Ils nous disent que c'est la RTG qui filmait, on aimerait bien voir ce film-là.
Est-ce pour vous, c'est une affaire close aujourd'hui ?
Je pense que c'est une affaire close mais ce qui serait bien qu'on nous montre les films à la télévision et qu'on sache réellement qu'ils étaient en train de filmer les dépôts d'ordures de la ville de Conakry.
Parlant de l'assemblée nationale ou le chronogramme a été décliné mais votre groupe parlementaire a voté contre, non pas vous seulement il y a eu d'autre groupe parlementaire comme celui de l'UFR. Pourquoi avez-vous voté contre, pourquoi vous n'êtes pas d'accord avec ce chronogramme ?
L'assemblée nationale a des procédures. On a l'habitude au niveau du groupe parlementaire de la majorité de bafouer les procédures et de faire comme bon leur semble. D'abord, une session extraordinaire qui a été convoqué par le chef de l'Etat de manière cavalière parce qu'ils n'étaient pas prêts. Le premier communiqué, c'était le 23, il n'y a pas eu un deuxième communiqué, c'est resté comme ça jusqu'au 28 pour l'ouverture. Donc un décret du président de la république qui ait pris de manière farfelu pour le 23, c'est le 28 qu'on ouvre l'assemblée. On ouvre l'assemblée, ils se retrouvent en membre du bureau. Ces messieurs se disent encore que la démocratie c'est pour les animaux ce qui nous intéresse c'est ce que nous voulons. C'est un chronogramme qui est fait à la va-vite sans les règles, c'est un chronogramme qui est déjà discrédité dès le départ qui ne représente rien du tout parce qu'il est mal fait. Il est mal ficelé. On commence les travaux, on se rend compte réellement que c'est impossible. Ils convoquent encore une nouvelle plénière et là il y a un fait nouveau. C'est que nous avons trois conventions qui arrivent dont deux qui sont des avenants à des conventions minières déjà établies. Ils veulent qu'en 24 heures, nous puissions statuer sur les conventions minières importantes et qui accordent des exonérations, des prérogatives à ces sociétés-là de manière abusive sans qu'on sache pourquoi.
Vous êtes aussi membre d'un bureau politique. Comment vous percevez cette histoire de réconciliation des leaders de l'opposition. Est-ce que vous pensez que c'est faisable ?
Le but d'un parti politique, c'est de concourir à la magistrature suprême et avoir les reines du pouvoir. Généralement, ce sont des personnalités affirmées. Il y a un seul poste. Donc tout le monde ne peut pas s'entendre et s'aligner sur une seule doctrine, une seule manière de voir, une seule manière de faire. Il y en a plusieurs mais ça doit concourir à ce que l'expression démocratique puisse départagée les gens.
Il ne s'agit pas simplement de Sidya, Kouyaté ou Cellou de s'assoir sur une table pour discuter. Il y a plusieurs candidats, plusieurs partis. La lecture politique fait qu'on peut les classer mais 2020 il peut y avoir des changements. Il ne faudrait pas penser qu'on peut donner un signal fort, qu'on peut faire des arrangements. (…)
Parlant des 20 milliards, comment avez-vous accueilli la nouvelle ?
Nous avons un nouveau paquet global avec Kassori, le président Alpha et les chinois. On nous dit d'abord que les occidentaux ne veulent pas entendre parler de ça. Nous, nous allons nous relever pour se développer avec les Chinois. Ce que les gens ne comprennent pas chinois et occidentaux, c'est la même chose. Les Etats n'ont pas d'amis, ils ont des intérêts. L'intérêt que la Chine a sur ces 20 milliards, sur ces bauxites, sur ce fer guinéen, c'est exactement la même chose que les autres. Nous avons un rapport de force qui fait que c'est eux qui donnent. Nous nous retrouvons encore dans une situation. Pourquoi nous accélérons avec les Chinois, c'est parce qu'eux ne sont pas regardant quant aux droits de l'homme, quand à la situation politique du pays. Eux, ils se disent vous pouvez exécuter toute votre population ça ne nous regarde pas. L'essentiel est que nous fassions des affaires. La Chine n'a jamais été le meilleur partenaire. Les Chinois ne nous apprennent rien, ils ne nous donnent pas de transfert de technologie.
La FIDH (Fédération internationale des ligues des droits de l'homme) envisage de construire un monument commun pour les victimes des différents évènements. Quel est votre point de vue en tant que membre de l'association des victimes du camp Boiro ?
La mise en place d'un monument, c'est quelque chose de bien, c'est quelque chose qui montre que l'on fait l'historique du pays et nous pensons que c'est très bien d'avoir un monument pour symboliser les martyrs et l'ignominie qui s'est déroulée dans ce pays pendant un certain temps. Mais le désavantage d'un monument commun, c'est que ça noie le poisson, c'est à dire, on ne sait pas au fait qu'est-ce qu'on commémore. C'est là la difficulté.
Au niveau de l'association des victimes du camp Boiro, nous avons accepté la justice traditionnelle en disant qu'il y avait le droit de savoir qu'est-ce qui s'est passé pendant cette période de l'indépendance jusqu'à maintenant dans ce pays? Qu'est-ce qui s'est passé? Comment s'est déroulé l'indépendance de manière historique non pas par vocifération du PDG parce que vous savez que l'histoire est écrite par les vainqueurs et ce qu'ils ont voulu véhiculer pendant tout ce temps est cousu de mensonges. Et ça, il faut qu'on revienne à ce qui s'est réellement passé pendant cette période-là de 1957 à l'indépendance et jusqu'à maintenant. On doit savoir sur tout ce qui s'est passé. On nous parle de complot et consort, nous nous disons, il se peut qu'il y en ait de complots. Mais maintenant, nous voulons savoir quels sont les tenants et les aboutissants de tout ça, qui était dedans, comment ça s'est passé jusque-là, puisque, c'est faisable.
Cette année, l'Etat décide de ne pas orienter les bacheliers dans les universités privées. Que pensez-vous de cette actualité ?
Le niveau des résultats de cette année n'est pas une fierté pour le responsable. Nous avons un système pourri dont les responsables sont ceux qui sont au pouvoir; ceux qui sont au ministère actuellement les k2 sont les principaux fossoyeurs de cette éducation nationale. Ce sont eux qui sont à la base de tout ça ils connaissent très bien comment marche le système. C'est une pourriture qu'il y a là-bas. Et c'est cette pourriture qu'il faut expulser de l'éducation nationale. Le secteur privé a joué son rôle pendant longtemps dans ce pays. On ne peut pas du jour au lendemain bannir ce secteur privé. Au contraire, c'est le moment de dire à tous ces secteurs privés, vous avez eu votre rôle à jouer dans cette formation des cadres guinéens mais vous avez aussi failli du faite que vous avez utilisé l'ambiance régnante, la gabegie, la fraude pour gagner, peut-être plus d'argent. Il y avait des reformes à faire, notamment, diminuer le nombre, essayer de contrôler un peu plus avec tout ce qu'on a comme biométrie. Est-ce que ceux qui sont actuellement dans le secteur privé-là vont continuer à être dans le secteur privé ? Est-ce qu'ils ne seront plus pris en charge, est-ce que c'est simplement les nouveaux bacheliers qui ne seront plus orientés si c'est ceux-là qui ne seront plus orientés comment faire fonctionner le système là puisque nous savons bien que si ils ne sont pas pris en charge correctement c'est encore l'échec de l'école.
Quelles sont les conséquences de cette décision, selon vous ?
Je suppose que le secteur privé aura un manque à gagner cette année peut être que les parents feront l'effort de combler ça. Je sais que les enseignants de ces structure-là ayant moins de cours, il va y avoir une baisse de niveau de vie, il y aura une baisse d'emploi.
Vous êtes député uninominal de Dinguiraye. Vous êtes à l'assemblée nationale cela fait des années, dites-nous qu'est-ce Dinguiraye a bénéficié aujourd'hui ?
Le problème de Dinguiraye, c'est une des préfectures les plus pauvres de la Guinée mais Dieu nous a donné la chance d'avoir des mines. Donc nous avons la SMD qui a des ristournes pour les collectivités locales. La mise en place d'un CPD est extrêmement importante. Avant, il y avait mais qu'est-ce qui se passait? Nous avions une collusion. C'est le préfet qui était le responsable or qui dit préfet dit administration, qui dit administration dit la gouvernance. Il n'y a pas suffisamment d'enseignants là-bas. Il y a un seul professeur de mathématiques pour tout le lycée. Cette année au bac, Dinguiraye, a fait admis en série mathématique. Moi personnellement, j'ai envoyé des conteneurs de 40 pieds de matériels médicaux au niveau de l'hôpital avec distribution dans les sous-préfectures aussi. Au niveau de la mosquée, c'est le problème d'eau, de sonorisation; au niveau de la jeunesse des haut-parleurs, des ballons etc. J'ai la télévision qui ne marchait pas, à la radio rurale de même. Les initiatives sont en cours et nous espérons les mettre en place.
Propos recueillis par Aissatou BAH
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu
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