Ceni : le lourd héritage de Bakary Fofana

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FOFANA_Bakary_2_01Deux fois programmée et deux fois reportée, la passation de service entre les présidents sortant et entrant de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a enfin eu lieu le 17 Août 2017 à 14h. Au menu de cette cérémonie il y a eu le souhait de bienvenue aux officiels. Puis le mot des travailleurs de la CENI. On a ensuite assisté à l'intervention du président sortant et celle  du président entrant. Le discours du ministre de l'Administration du territoire et de la décentralisation, Bouréma Condé était aussi au menu de cette cérémonie.


Comme à l'accoutumée, les échanges de discours ont été émaillés de mots et de sentiments plus ou moins pompeux dans lesquels la langue de bois est de mise. On se jette des fleurs, on se congratule, et les propos qui fâchent sont soigneusement évités. Le discours le plus long, qui a frisé l'ennui, a été celui de Monsieur Bakary Fofana le président sortant qui s'est évertué à énumérer les actes posés par lui et ses collègues commissaires durant les cinq dernières années : de la retraite à Bel Air qui a accouché d'un plan stratégique et opérationnel 2013-2019 à la signature d'accords de partenariat avec diverses institutions électorales internationales en passant par les séminaires de  renforcement des capacités du personnel et de plusieurs partenaires politiques ou sociaux, l'organisation des législatives de 2013 et la présidentielle de 2015.


Si cette évocation des actes posés a quelque chose de louable, il y a que la gouvernance de Bakary Fofana a péché par bien des aspects. Il n'y à qu'à se reporter à la lettre-pétition à lui adressée le 25 Avril 2017 par ses collèges commissaires, lettre-pétition dont les maîtres mots sont entre autres : le dysfonctionnement des structures de la CENI, la mauvaise relation avec les partenaires techniques et financiers, la concentration entre les mains du seul président de la CENI de toutes les prérogatives de l'assemblée plénière, la gestion opaque des ressources de la CENI.


Le clou de la mauvaise foi du président sortant aura été de ne pas reconnaître l'application par ses collègues de l'article 17 de la loi 016 portant organisation, attributions et fonctionnement de la CENI. Son entêtement à nier ses fautes et son refus de s'amender ne pouvaient que l'amener à une déconfiture totale.


Cette passation de service a donc mis fin à un feuilleton qui aura duré des semaines et agité inutilement la cité. Faut-il regretter pour terminer que l'Africain en général, le Guinéen en particulier, reste dominé dans sa vie par l'irrationnel ? Ainsi n'arrête-t-on pas d'aller de sacrifices en sacrifices, de prières en prières pour conjurer le mauvais sort. Et pourtant les dizaines de bœufs sacrifiés en son temps par Bakary Fofana n'auront pas suffi à le prémunir contre une sortie peu honorable de son institution.


O.Tiéro

Le Démocrate, partenaire de GuineeActu

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Commentaires  

 
+1 #1 AOT Diallo 24-08-2017 20:36

C'est vrai qu'il a eu un lourd héritage en partant de la CENI : les milliards empochés après la programmation de son décès...
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