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« Un ministre n'a absolument rien à voir avec ces élections... à la Chambre de Commerce »

Amadou Sadjo Diallo  Dimanche, 20 Août 2017 08:54

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altDans cet entretien accordé à notre reporter, le président du GOHA Abdallah Chérif, n'est pas allé de main morte pour réfuter les accusations du ministre du Commerce contre sa personne. Candidat à l'élection de la Chambre nationale de Commerce, Abdallah Chérif, n'est pas satisfait dit-il, de l'organisation de ces élections au niveau de certaines localités, tout en exigeant leur reprise. Le président du GOHA menace d'ailleurs de demander le départ de certains cadres qui torpillent le processus.


L'Indépendant : où en est-on dans la mise en place de la Chambre nationale de commerce ?

Abdallah Chérif : j'avoue que je ne sais pas si on joue à cache-cache ou quoi. Nous ne sommes pas informés réellement de l'évolution des choses sur le terrain. La préparation des élections à la base aussi, nous n'étions pas informés à temps. Donc, pour nous, il y a beaucoup de magouilles. Mais nous allons empêcher cela. Nous n'allons pas accepter à ce que n'importe qui se prononce sur ces élections. Tout le monde sait que l'ensemble des commerçants du pays, je peux dire 95%, sont derrière moi. Donc, j'ai ma voix dans cette affaire. Celui qui cherche à contredire me verra en face de lui, qui qu'il soit.


Que répondez-vous au ministre du Commerce, Marc Yombouno, qui estime que ceux qui dénoncent les élections à la base, veulent vouloir troubler le processus ?

C'est une élection des commerçants, pour des commerçants, par des commerçants et les opérateurs économiques en général. Un ministre n'a absolument rien à voir avec ces élections. Il est ministre, il doit s'occuper de son poste. Si l'élection n'est pas transparente, vous pensez qu'on va avoir peur de dénoncer. La personne qui nous influence, n'existe pas en Guinée et n'existera jamais. Ce qui s'est passé à Faranah, ce n'est pas une élection, ça été dénoncé et démontré par A+B. À Matoto, à Ratoma c'est la même chose. Vous pensez qu'on va bâcler ça comme ça et dire qu'on va aller à une élection nationale. Si on ne met pas des hommes et des femmes crédibles dans cette affaire, où irons-nous ? Vous pensez qu'on peut politiser ou ethniciser cette affaire et qu'on laisse tomber, on ne le fera pas. Nous sommes des citoyens guinéens et nous sommes aux aguets. On les attend. De toute façon, s'il y a du forcing, on va identifier ceux qui font du forcing, on va demander leur départ, et ils bougeront.


Il y a eu les élections à la base. Et si on forçait pour tenir l'élection nationale, qu'allez-vous faire ?

Dans certains endroits, il y a eu des élections, dans d'autres, il y a eu des consensus, tout ça, c'est normal. Mais des endroits, où il n'y a eu ni élection, ni consensus, il n'y a eu que de magouilles, on doit reprendre. Nous ne sommes pas contre quelqu'un, mais si on pense qu'on peut nous intimider, nous sommes loin de là. Personne ne peut nous intimider sur cette affaire. Les endroits où il n'y a pas eu d'élection, on doit reprendre, on reprend dans la transparence pour que tout le monde soit vraiment dedans comme il faut et si on veut aller dans le consensus, qu'on aille dans le consensus. Mais on ne peut pas faire du forcing, nous dire qu'il y a eu ça ou ça. On ne peut pas nous imposer quoi que ce soit.


Pourquoi, vous ne vous êtes pas présenté aux élections à la base ?

Je suis candidat pour les élections au niveau national, pour la présidence de la Chambre nationale de Commerce.


Selon le ministre Marc Yombouno, c'est à l'approche de ces élections que vous vous êtes procuré d'une carte de commerçant ?

C'est mal connaître Cherif Abdallah. Ce n'est pas parce que des élections sont annoncées que moi je suis allé prendre une carte. Celui qui le dit, je lui dis que c'est une contre-vérité. Peut-être que les gens sont aigris contre nous. Sinon, personne ne peut tenir ce genre de propos. Ma première carte de la Chambre de commerce, c'est l'ancien Premier ministre Mohamed Saïd Fofana qui me l'a remise en 1996 et signée par Elhadj Ousmane Baldé « Sans loi » qui était le président de la Chambre de commerce. Ça fait 21 ans aujourd'hui. Mohamed Saïd Fofana était secrétaire général de la Chambre de commerce. En ce moment, la Chambre de commerce n'avait même pas de bureau, la salle où il était n'avait même pas de porte. On s'est connu sous le manguier au palais du peuple. Nous, nous avons des expériences sur le terrain, qu'on ne parachute pas des personnes sur nous. Nous ne sommes pas des étrangers, nous connaissons exactement comment les choses évoluent. Si on dit que c'est en 2015, puisqu'on parle d'élection que je suis venu récupérer ma carte, je dis ce n'est pas vrai. Je détiens ma carte, il y a les références au niveau de la Chambre. Et puis Mohamed Saïd Fofana est là pour vérifier ce que je dis. Si on cherche peut être à « gâter » le nom de Chérif Abdallah par ces petites futilités, je leur dis que je suis loin de là.


Où en est-on avec le dédommagement des victimes ?

C'est un autre problème sérieux parce que si on cherche à écarter le GOHA dans cette affaire, ça ne marchera pas. C'est le GOHA qui a défendu les commerçants et qui continue à défendre les commerçants. Je pense que cela est clair dans tous les esprits. Et par conséquent, c'est le GOHA qui a demandé à ce que les commerçants soient dédommagés. Aujourd'hui, les gens pensent que bientôt l'argent va sortir, chacun commence à remuer un peu ses oreilles pour dire qu'il n'y a pas ça ou ça. Je ne dis pas qu'il faut absolument que l'argent passe par le GOHA, ce n'est pas mon problème. Mais, nous pousserons jusqu'à ce que les commerçants soient dédommagés. Soyez sûrs et certains, on ne va pas reculer d'un iota pour ça. Nous sommes engagés et nous irons jusqu'au bout.


Mais quand même il y a une petite avancée, n'est-ce pas ?

Avancée, on peut dire oui. Le dossier des victimes de pillage figure dans l'accord politique. L'essentiel, c'est ça. Parce que les commerçants ont été victimes des évènements politiques et nous avons demandé à l'ensemble de la classe politique sans exception de se lever sérieusement pour que les commerçants soient dédommagés et les politiciens ont compris cela, ils se sont levés et moi je trouve que c'est bien. Pour une première fois, on les félicite.


Seules les victimes de 2013 ont été prises en compte. N'est-ce pas là une exclusion pour les autres victimes ?

Ce n’est pas nous qui avons choisi les victimes de 2013. C'est peut-être parce que pour les victimes de 2013, nous avons mis la pression de façon extraordinaire. C'est pourquoi les victimes de 2013 ont marqué tous les esprits. Toutes les victimes de pillages qui se sont succédé dans ce pays sont égales devant nous. Nous les défendrons tous, jusqu'au bout. On ne cherche pas à être aimés par qui que ce soit pour ça. C'est un droit. Nous allons revendiquer nos droits jusqu'au bout.


Quel message avez-vous à lancer à l'endroit des autorités ?

Ce que je peux conseiller à ceux qui veulent organiser une élection pour la chambre nationale de commerce, c'est de reprendre dans les endroits où les élections n'ont pas été crédibles. Si on cherche à faire des forcings, nous aussi, on va forcer à ce qu'il y ait des départs des cadres qui vont organiser ces magouilles. Ils bougeront parce que nous allons faire en sorte que tous les commerçants soient en mouvement pour demander leur départ, et tant qu'ils ne bougeront pas, nous resterons. Nous sommes fermes là-dessus que ça soit clair dans tous les esprits. Nous ne reculerons pas d'un iota. Je rappelle que c'est une élection des commerçants pour les commerçants et par les commerçants. Aucun cadre ne doit se mêler dans ça et semer de la zizanie, dire tel est bon ou mauvais. Si les élections ne sont pas claires, nous allons dénoncer et nous allons revendiquer, et nous allons agir. On va bientôt passer à la phase de dénonciation.


Entretien réalisé par Amadou Sadjo Diallo

L'Indépendant, partenaire de GuineeActu


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