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Arrêt de la Cour constitutionnelle : les acteurs politiques en prennent acte

Amadou Sadjo Diallo  Vendredi, 18 Août 2017 11:17

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Cour_constitutionnelle_Guinee_01Dans un arrêt rendu le lundi 14 Août 2017, la Cour constitutionnelle a confirmé l'élection de Me Amadou Salifou Kébé à la tête de la CENI. Des acteurs politiques interrogés à ce propos disent avoir pris acte de la décision, même si certains émettent des réserves sur le fonctionnement de cette Ceni.


Alpha Boubacar Bah de la cellule de communication de l'UFDG : « Nous n'avions pas le choix entre Bakary, Kébé ou un autre »

« Au niveau de l'opposition républicaine, nous avons toujours estimé qu'il faut que l'accord du 12 Octobre soit appliqué dans toute sa rigueur. En ce qui concerne la CENI, nous avions accepté le consensus que la CENI actuelle organise ces élections communales avec le fichier tel qu'il est actuellement sans révision et qu'une nouvelle loi devait être discutée et adoptée au niveau du parlement pour nous doter d'une nouvelle CENI qui doit organiser les élections nationales à venir. En ce qui concerne la crise au sein de la CENI pour nous, il fallait tout simplement que le président de la République qui est le garant du fonctionnement de nos institutions s'implique personnellement pour que cette crise, soit réglée. Nous nous félicitons, nous n'avions pas le choix entre Bakary, Kébé ou un autre. Pour nous la crise à la CENI n'était autre qu'une manière dilatoire, de la part de la mouvance et de la présidence pour retarder les élections communales. Nous nous félicitons, par cet acte de la Cour constitutionnelle qui est sans appel, que cette crise ait trouvé son épilogue. Me Kébé doit désormais se mettre au travail pour nous fournir un chronogramme et une date, se mettre au travail pour que ce chronogramme soit respecté et qu'on ait nos élections communales avant la fin de l'année 2017. Par ailleurs, cette CENI doit travailler pour finaliser le dossier d'appel d'offre qui est déjà sur sa table depuis Novembre 2016. Ce dossier d'appel d'offre doit nous permettre de lancer un appel d'offre pour recruter un cabinet tel que l'a articulé l'accord du 12 Octobre pour enfin auditer ce fichier et pour qu'on puisse avoir un fichier propre et pour partir aux élections législatives prochaines avec un fichier propre. Donc voilà, ce que la CENI doit faire, elle doit le faire le plus vite possible. La dernière élection qui doit être organisée par cette CENI reste les élections communales. Nous espérons que la prochaine session budgétaire, l'Assemblée nationale doit nous permettre d'avoir une nouvelle loi et puis la mise en place d'une nouvelle CENI, moins politique et plus technique ».


Sidiki Touré, de la cellule la communication du RPG/AEC : « le RPG Arc en ciel ne peut que prendre acte de cette décision »

« Le RPG Arc en ciel ne peut que prendre acte de cette décision de la Cour constitutionnelle d'autant plus que la CENI est une structure indépendante en charge de l'organisation des élections. Donc, pour cela nous prenons acte de la décision de la Cour constitutionnelle. Nous avons toujours espéré qu'il y ait d'abord un climat de paix et de sérénité au sein de cette structure. Donc, nous osons espérer qu'il y ait désormais la facilité à la CENI face à sa mission qui est aussi importante que l'organisation des élections. Donc nous pensons qu'il ne faut pas être pessimiste et non plus être trop optimiste, mais juste apprécier les choses à leur valeur ».


Aliou Bah, Directeur de Communication du BL : « nous prenons acte de la décision...»

« Nous prenons acte de la décision de la Cour constitutionnelle, malgré que je suis convaincu que cela n'aidera aucunement à régler le problème fondamentale auquel la CENI est confrontée. C'est une décision d'une institution de la République qui ne peut faire l'objet d'un quelconque recours ou qui ne doit susciter un quelconque commentaire. Nous prenons acte en tant que citoyen et républicain. Mais le problème de la CENI reste encore entier. Ce n'est pas un remplacement d'un commissaire par un autre à sa tête ou à l'intérieur de l'institution qui règlera les problèmes fondamentaux de la CENI. Cette question de la CENI, elle a commencé depuis belle lurette, jusqu'à présent elle n'a pas été réglée. Il y a toujours un vernis qu'on y met pour donner l'impression qu'on avance parce que tout est personnalisé. Le problème de la CENI est d'abord un problème de modèle. Donc, il faut conceptualiser un autre modèle par le fait d'un débat contradictoire qui doit s'ouvrir à l'Assemblée nationale et en dehors pour que les propositions soient mises en contradiction afin de nous sortir le modèle le plus adéquat. Une fois que le modèle est conceptualisé et paramétré, je pense qu'on peut définir les profils des personnes qui peuvent composer le modèle pour qu'on aille de l'avant. Malheureusement, c'est cette approche qui n'existe pas encore parce que du côté du pouvoir, il y a une manipulation évidente pour faire de la CENI un instrument au service du parti au pouvoir. Et malheureusement, c'est ce qui ne nous permet pas non seulement d'avoir des élections à date, mais aussi à chaque fois qu'on a des élections, à l'issue nous avons des contestations, étant donné que chacun de nous sait que toutes les crises en Afrique aujourd'hui presque sont de nature électorale. Alors, si la Guinée ne prend pas garde, on ira que de contestations en contestations à travers une CENI qui ne répond pas aux normes et aux attentes démocratiques de nos compatriotes. Ce qui veut dire que c'est un potentiel de problème important ».


Propos recueillis par Amadou Sadjo Diallo

L'Indépendant, partenaire de GuineeActu 

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